Le journal d'Eye-Ollie

Le journal d'Eye-Ollie

Tome II


Le coup de grisou : Jeudi 14 Sectaambre 2017

     Aujourd'hui j'ai la Shkoo-Moon[1] ! On ne m'a pas donné à déjeuner. Pas de lait, pas bol breton décoré à la main par Nolwenn en personne, rien, nibe ! Nathalie me place dans une grosse boîte avec une grille, c'est quoi ce délire ? Comme si j'allais me barrer... LOL. A propos, savez-vous quelle est la phrase la plus pertinente qu'on m'assène régulièrement ? Et bien c'est : -Ne bouges pas ! J'adore. Bref, elle m'amène je ne sais pas où. Je n'y vois rien depuis la boîte. J'y crains une surprise du genre : -Wéeee ! Avec tous les potes en rond... Ou serait-ce pour une prise de sang ? Cela justifierait l'absence du p'tit-dèj', mais pas de la boîte... J'y comprends rien. Ma boussole interne et les soubressauts de la route m'indiquent qu'on va plutôt vers Barjols. Bingo. On ne m'a pas fait pisser non plus ce matin, je n'arrive pas à me retenir : de la pisse partout ! Chié ! Là ce n'est plus drôle du tout... On me sort de la boîte chez un médecin que ne j'ai jamais vu, plutôt une belle femme d'ailleurs, c'est toujours agréable et ça de pris. Elle me fait installer sur sa table à vérins hydrauliques (ça je kiffe, mais vous le saviez déjà) et me met à sa hauteur. Elle me regarde avec ses yeux bleus et me lance : -Alors mon beau, ça va toi ? Je regarde Nathalie restée en retrait, en fait je me chie döss[2] ! Je ne vois pas l'assistante venir, qui me pique avec une seringue dans le cou, djirect, cash moumoute ! -Ensuite, vous vous souvenez de rien ? -Non, vraiment pas... Ah si, y'avait toujours l'même air à la radio[3].

Je me réveille dans cette satanée boîte, avec un putain de mal aux couilles !!! Affreux ! Comme si on m'avait filé un coup de pied bien fort là où ça fait mal. Mon oreille aussi me fait super mal. Je cherche un lien, je ne vois pas, je me laisse repartir dans les vapes malgré les douleurs. Au point où j'en suis, autant capituler. J'ai trop mal (comme disent les djeun's[4]).

Une voix familière me réveille à nouveau, c'est Claire ! Combien de temps suis-je resté là tel une loque ? Quelle heure est-il ? J'y comprends plus rien ! Claire discute cinq minutes avec la doctoresse et m'embarque, toujours dans la bo-boîte en plastoc. J'observe comment est fabriquée la boîte, je note qu'il manque des attaches par endroit. Ce truc a manifestement déjà servi. Ils l'ont eu où bordel ? Je ne l'ai jamais vue ! J'ai été lavé et la boîte aussi, ouf ! Mais toujours ce mal aux burnes et à l'oreille. Je sens comme une espèce de vide, sous ma bite. -Putain ! Tu vas voir qu'ils m'ont tailladé les couilles ! Tu m'étonnes que j'ai mal ! Bon, après, ça serait une bonne chose, au moins je ne me les coincerais plus. -Niko ferait-il partie du plan alors ? Lui qui voulait mes couilles... Non, sans blagues, c'est quoi ce cauchemar ? Je rêve ou quoi ?

Claire me dit des mots doux pendant qu'elle conduit. Et moi de raouer[5] en retour. Claire, comme Victor comprend très bien mes sons et mes gémissements. Elle tend la main vers la grille, et là : deuxième effet Kisscool. Ma boîte fait un bond en avant, puis au moins deux saltos : je me fracasse sur les parois ! En finale je me retrouve dehors, la boîte explosée. Il me semble qu'on vient de faire un tonneau, voire plusieurs... Je me relève tant bien que mal et regarde autour de moi. A quinze mètres je vois la 205 plantée sur son derrière, le moteur vers le ciel. Yapafoto[6], on s'est fracassés. Claire est debout derrière la voiture dont une roue tourne encore. -Si elle est debout, c'est que ça va, me dis-je. Des voitures s'arrêtent aux abords pour venir en aide. Là, moi, ma coupe est pleine ! Pas envie de voir ces gens s'apitoyer sur mon sort : -Et vous allez bieng ? -Et vous avez mal ? -Et vous voulez que j'appelle de l'èèèdeuh ? J'ai juste envie de répondre : -Oui, j'ai ipermal aux couilles, et viens juste de me faire broyer tous les os ! Sinon je pète le feu, ça vous va ?  Madame, y'a Padre Zo[7] ici, inutjile de sortir votre GSM. Oh, et puis merde, je me casse ! Je me dirige vers les vignes, là au moins je serai pénard. Un bout de rétroviseur est arrivé jusqu'ici. Je vérifie : ah les salauds ! Ils m'ont vraiment supprimé les bolox ! Et... Ooaaarkong ! Ils m'ont tatoué l'oreille façon biker ! La teinte harasse™ ![8]

Il me faudra quatre jours et quatre nuits de marche pour retrouver la maison. C'est que, depuis le château Duvivier à Saint Martin ça fait un paquet de bornes ! Sa mère ! Je marche à petits pas, mes petits norteils sont usés, j'ai trop mal partout ! A 3H15 je rentre enfin au bercail. Home Sweet Home, yes ! Nuit noire et puis dégun... Je raoue un bon coup, Ollie m'entend puisqu'il s'y met aussi. Lui, c'est vraiment abominable le boucan qu'il fait ! Mais tant mieux puisque Nath descend de l'étage, puis Victor : un véritable comité d'accueil ! Lumière et pâté avec eau fraîche ! Ça, je l'ai jamais eu ! Je m'en mets plein la panse, tank à fer. Suite à ce cassage de ventre, je monte dormir, enfin ! Je suis mort ! Mais heureux, tellement heureux. Avant de m'endormir une pensée me vient : quid des zanimo de compagnie et leurs "maîtres" ? Les chats n'ont pas de maîtres, ce sont nous les maîtres ! Heureusement, dans cette maison ils l'ont compris. Allez, je vais dormir une journée entière sur le lit de Vico,  j'ai mérité grave !

 

     Cela n'aura échappé à personne : c'est la rentrée. Juste une précision avant de poursuivre : tous les faits ci-dessus sont absolument réels. Notre chat est un Schwarzenegger incassable doté de facultés mentales de cyborg[9] (il kiffe les vérins hydrauliques, a une aversion pour les accents méridionaux et il jure beaucoup). Le tonneau est authentchique également. La voiture est pliée façon accordéon et Claire s'en est miraculeusement sortie avec une égratignure de rien du tout. Ouf ! Y'a plus qu'à acheter une 205 dont le moteur est mort, et vas-y, remonte tout ! Beaucoup de peurs, peu de maux, et le chat est rentré à pinces.

Donc je disais que c'est la rentrée, PUISQUE les grèves réattaquent ! C'est quand même hallucinant, non ? Pays de merde ! Il m'aura fallu être très patient avant de pouvoir me remettre à l'écriture. La semaine dernière était une sorte d'ersatz de vacances, entre pré-rentrées et derniers anniversaires festifs ou encore retours de congés saturant les autoroutes. Là c'est bon : les touristes sont partis (ils ont emportés la canicule et la sècheresse : tant mieux !), les minots sont au bahut, les parents au boulot, donc qu'est-ce qu'on fait ? -Grève, pardi ! Putain, ils me faaatchiguent !

Ce week-end, dernière baignade en mer à La Ciotat pour les enfants, à l'occasion des 48 berges de Ma Baker. -A la Ciotaaaa, on est comme des roi-aaah[10]. Le retour se fait par la route des crêtes pour notre plus grand plaisir : c'est absolument à faire, c'est beau ! Dire qu'à une heure de chez moi, je découvre encore des paysages... J'ai honte ! Tom est au volant du combi, cumulant des kilomètres pour sa "Conduite Accompagnée". Vu la proximité du circuit Paul Ricard, des motos déboulent à toutes berzingues[11] dans les virages. De quoi bien lui montrer les dangers en deux-roues... Tom assure, à 17 ans il est pleinement mûr pour manier n'importe quel véhicule.

Il est grand temps que je mettes à jour le MERSOB[12]. Oui, quand on est aandjicapé, on devient un expert en acronymes et autres sigles. La saison change, la maladie évolue et le personnel aussi. Jujube a posé ses dates et se casse bientôt pour d'autres horizons. Draguignan, la grande ville pour qui n'est jamais sorti de Sillans-la-Pacoule[13]. Ce garçon est fascinant. Il a eu la chance de partir à Hawaï et nous sort : -J'espère que l'ouragan Irma ne fera pas trop de dégâts à Hawaï... Et il y est allé !!! -T'inquiètes pas biloute... Il m'apostrophe de bon matin avec les manifs contre la Loi Travail, comme si ça m'intéressait... je m'en cague ! Mais échanger nos points de vue politiques reste bon, et j'aime l'écouter. Jujube est de la génération écran+canapé (ne me dites pas qu'ils regardent la télé  debout...). Il connait absolument TOUTES les séries télévisées et tous les Youtubbeurs en vogue. Tout ce temps passé assis, quel dommage ! Putain : "Youtubbeur"... (SIC ! ou plutôt sick !) Un nouveau moyen de gagner du fric il paraît... les bras m'en tombent ! Qu'on ne vienne pas me parler de métier, saloperie de parasites qui se nourrissent sur le dos d'abrutis ! Bref, en connaissances cinématographiques internationales il m'enterre. Par contre en musique... Quand il reconnait une mélodie elle lui évoque soit un générique, soit une publicité... -Et non mecton, The Who c'est pas David Caruso des experts de Miami, c'est Roger Daltrey ! Et Massive Attack ce n'est pas Docteur Maison... Du coup je lui ai fait un compte Deezer Premium...en vain. Il me dit : -Tu sais, j'ai une playlist de bonnes musiques, après... Qui chante ? Je m'en fous un peu... J'aimerais lui répondre : -Tu sais, moi au cinéma j'aime bouffer et boire, après... le film tu sais, je m'en bats les couilles. Voilà mon Jujube, tel quel. Il me manquera bientôt. Il faudra tout reconstruire avec un(e) inconnu(e), le MERSOB sera utile. Je vois déjà le plan : -Ah, bé, moi il me faut un lève-personnes, sinon je risque de me faire mal au dos... Je prends les paris.

 

     Et je termine comdab avec une proposition musicale. Cette fois-ci faisons honneur aux quotas imposés par l'état : j'ai nommé la francophonie. Et allons au sud, là où je vis. J'en ai parlé plus haut et donc ça tombe à pic, je vous propose une incursion dans la culture musicale sudiste (nous aussi on a des rednecks), aux accents qui nous sont si familiers. François Ridel, alias Tatou, alias Moussu T, a fondé en 1984 le groupe Massilia Sound System. Connu pour avoir su développer dès sa création une version provençale du reggae jamaïcain à travers des thèmes typiquement marseillais, des paroles chantées en occitan et d'un son empreint de sonorités folkloriques, ce groupe s'est ouvert par la suite à de nouvelles sonorités, dont des sonorités indiennes, électroniques, drum'n'bass, et plus récemment rock. À ses débuts dans la scène underground marseillais, le groupe a fondé sa propre structure de production, Ròker Promocion. Cette structure a contribué à lancer quelques groupes désormais connus tels que Fabulous Trobadors ou encore IAM (et voui !). En parallèle de l’aventure Massilia, c’est dans un autre groupe que le chanteur  est impliqué depuis plus de 10 ans. « Moussu T e lei Jovents » de son nom, dont les sons penchent vers le blues quand Massilia tend vers le reggae. Deux styles de musiques à la fois proches et différents qui permettent à l’artiste de ne jamais s’ennuyer et qui sont représentatifs, autant l’un que l’autre, de sa personnalité. Je vous propose donc le tjitre phare de cette nouvelle mouture méditerranéenne dépouillée : A la Ciotat. Nathalie appelle ça Radio Roure :)

A tantôt.

 

 

 



[1] La scoumoune, prononcée Ch'koumoune pour faire style genre. Étymologie : Du latin excommunicare, excommunier, par l’intermédiaire de l’italien ou du corse. Argot des truands. Nom commun féminin sku.mun (Familier) : Malchance, mauvais œil.

 

[2] Döss / Deuss : Dessus. Abréviation familière.

 

[3] Pour Selz & Sö qui n'auraient pas encore trouvé, cette réplique mythique vient de la chanson "Chacun fait c'qu'il lui plaît" par le groupe Chagrin d'Amour. -Culte ! Comme dirait Jujube. Pour l'anecdote j'ai pendant des années entendu "Y'avait toujours ma mère à la radio...", chose que Pit m'a fait vérifier un jour. On a tous des formes d'hallucinations auditives. Maintenant que vous savez, vous n'entendrez plus que ça. Etonnant, nespa ?

 

[4] Djeun's : expression débile signifiant Jeune pour celle ou celui qui ne l'est plus. Etymologie : Déformation de jeune avec volonté d'une prononciation à l'anglaise. Les français aiment faire illusion, au lieu d'apprendre des langues...

 

[5] Raouer : Verbe intransitif direct du premier groupe inventé par Nathalie, exprimant le râle rauque d'un animal. Plutôt idoine pour décrire les sons que j'arrive encore à produire.

 

[6] Yapafoto : Il n'y a pas besoin de réaliser une photographie pour déterminer le vainqueur de la course. Vient du milieu équestre. Encore une expression débile fourre-tout que l'on place à tort et à travers. Mon père s'amuse à les inventorier en faisant répéter les interlocuteurs(trices). Trop bon !

 

[7] Padre Zo est un personnage imaginaire créé en 1995 lors d'un picnic avec les Tiouch. C'est un curé espagnol, chef de paroisse. Sa présence indique qu'aucun réseau de téléphonie mobile n'est disponible, tout simplement.

 

[8] La teinte harasse™ : locution familière servant d'interjection pour exprimer l'étonnement. Etymologie : L'origine est une insulte suprême devenue désuette : La putain de ta race ! Le U a disparu, puis le P, puis au fil des années on a observé la disparition de la préposition de. Invention personelle, ladite locution est aujourd'hui une marque déposée (et voui !) de mon entreprise de sites ouèbe.

 

[9] Vous pensiez trouver l'explication de cyborg ? Ebè non ! Le chat (Grisou, donc), la première chose qu'il a dit en arrivant c'est : -Sarah Connor, c'est ici ? Après il s'est marré et a ajouté : -Non, je déconne ! Ca fait du bien de retrouver mes pénates... saaalope, j'en ai chié !

 

[10] Chanson de Moussu T & lei Jovents : A la Ciotat. Un bijou ! Moussu T e lei Jovents est un groupe basé entre Marseille, La Ciotat et Recife au Brésil, composé de Tatou (chanteur du groupe Massilia Sound System), Blù (guitariste du groupe Massilia Sound System et Oai Star), Jamilson (percussionniste brésilien), Stef K (percussions) et Denis (batterie).

 

[11] Locution adverbiale signifiant à toute allure. Provenant de la forme picarde du mot brindezingue (« ivre, un peu fou »).

 

[12] MERSOB : Manuel d'Emploi et Réglages Système de l'Olivier Brenkman. Un document qui, comme son nom l'indique, regroupe toutes les choses à savoir sur moi, pour les personnes non-initiées. Je dois le mettre à jour régulièrement de par l'évolution de ma pathologie (mot savant pour dire maladie. Le kiné dit même Pato, c'est abominable !). Mais pas que : aussi pour mes habitudes qui changent (On reste des humains bordel ! Légume, oui mais humain !), ou le matériel, ou les horaires... etc. Au début, il y avait une page A4. Là, j'en suis à cinq... Bientôt il me faudra un classeur. Mais ce qui est bien, c'est que je peux l'envoyer à Kid Droa et dire "Je l'ai écrit." (sous-entendu : -Viens pas me raconter des salades...). Cela sert à ça.

 

[13] Pacoule : un terme Marseillais péjoratif pour désigner un petit village dont on a rien à faire, un trou quoi. La pacoule est en en général la montagne ou un village très reculé, loin de toutes civilisations ! Les pacoulins viennent de là. Aujourd’hui ce terme est plus usité pour quelqu’un qui est niais ou bête, qui débarque sans rien comprendre de ce qui se passe là où il se trouve : ce qui serait, je le crains,  le cas de Jujube.

 

 

Vous en avez assez de notes ?


14/09/2017
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Temps X : Lundi 4 Septembre 2017

     Deux semaines déjà avec ma tronche de Bogdanoff[1]. Tout le monde me sort la même blague : -Tu me fais penser à... Bogdanoff ! C'est ça, Bogdanoff ! Wouah haha ! Je ne suis pas mort de rire moi : une fois ça va, après c'est un peu lourd. Bientôt on dira que la SLA s'est transformé en acromégalie[2], LOL. Du coup je me suis fait un portrait mi-fugue, mi-raison avec la tronche du Bogdanov et la mienne et je l'ai postée sur Fatchebok. Cliquez, cliquez braves gens.

L'aventure de la chute du lit aura servi à démontrer qu'il me faut désormais des barrières anti-chute, comme les bébés... soupir. J'imagine d'emblée un système repliable en paraléllépipède assorti au bois de notre lit. Celui-ci avait déjà été modifié, rehaussé pour faciliter les transferts. Autant dire que l'esthétique initiale ne voulait plus rien dire, ce lit que j'avais dessiné et réalisé en collaboration avec les Marions. Un lamellé-collé de hêtre et acajou, assemblé en queues d'arondes, sans piètement visible avec des tiroirs aux angles... une de mes plus belles réalisations. Je me résigne à regarder les choses en face : il est temps de rapatrier un lit médicalisé que la mère de Pauline m'avait gentiment mis de côté, suite à un renouvellement dans un hôpital. Adieu les nuits en couple. Mais bonjour les réglages motorisés. Et tu me vois venir, là où il y a un moteur, ça me plait.

Ma première pensée est de trouver le même modèle et les jumeler pour retrouver la possibilité de dormir à deux. J'y travaille. Ma deuxième pensée, puis une longue observation en regardant les potes installer le fameux lit "médicalisé", est l'automatisation, évidemment. Là où il y a un asservissement électrique (ici une télécommande) il y a possibilité d'automatiser. On peut aisément relever le buste tous les matins à telle heure, pendant que France Culture[3] diffuse sa revue de presse... Ou bien faire relever le lit à telle hauteur si la télé est allumée. Cela me plaît. J'y travaille aussi.

Mais le plus gros problème est le suivant : pour me retourner il faut désormais me faire tourner le corps sur place. C'est une galère, principalement pour Nathalie qui est ma night-nurse. Essayez de retourner un corps inerte de 80Kg, vous m'en direz des nouvelles. Mon invention à rouleaux[4] revient d'actualité. Troisième projet pour ce lit, je ne suis pas arrivé ! Voilà, c'est triste à dire, mais l'évolution de ma condition reste bien réelle, et d'actualité. Je l'ai voulu, j'ai le lit laid. L'échange aura nécessité un mini déménagement et le retour du lit en bois d'arbres à l'étage. Sachant que l'étage est littéralement saturé de meubles, je m'étonne toujours de voir des objets rentrer (et là c'est un maxi lit double), et ne rien sortir. Je me marre : ma tribu a toutes les qualités du monde sauf une, elle ne sait pas débarrasser un truc pour faire de la place, et surtout ne jette rien. Rien ! Lorsque j'étais valide, j'effectuais cette tâche régulièrement (non sans délectation) vu que j'avais de toutes manières des monstres à évacuer provenant du boulot. La remorque et les boules de traction ont disparu. Le seul truc qui sort de la maison est désormais ensaché et se limite à un volume de trente litres. Moi en mode Balek. Je n'ai plus d'incidence sur cela, donc Balek.

L'autre actualité est bien sûr le projet de Macron pour démonter le RSI. Non, je déconne. L'autre actualité est l'édition du bouquin qui avance. J'ai reçu le premier jet de corrections, prouvant par A+B à quel point je suis un piètre amateur. Toutefois l'éditeur aime mon style et trouve beaucoup d'intérêt à mes notes de bad'page. Donc, vas-y, relis pour la nième fois la même histoire, en intégrant toutes les modifs. L'exercice est plutôt agréable et me permet d'une part, de comparer l'évolution de la maladie ; d'autre part de comprendre mes erreurs et améliorer mon espressiong écrite. J'ai principalement tendance à répéter les mêmes principes, répétitivement. Voilà voilà.[5]

     Vous savez pourquoi les tétras sont poilus de la guibole ? C'est parce qu'ils ne bougent plus leurs jambes, tout simplement. Zéro abrasion du poil. Putain, j'ai une de ces toisons, mon dirait un Goisque ! Même les mouches ont du mal à se poser.

Et je terminerai par une chanson, komdab. Lorsque je me suis cassé la gueule par terre, j'ai immédiatement pensé "Wild horses couldn't drag me away". Ce n'était pas suite à une overdose mais j'avais bien l'impression d'être incrusté dans le carrelage (bruni, Carla-ge Bruni[6]). Je vous propose donc un éstré de cet album mythique des Pierres qui Roulent, dont la pochette imaginée par Andy Warhol avait une véritable fermeture éclair. Vous l'avez deviné, je l'ai écouté toute mon enfance (et ouvert la braguette de la pochette mille fois) et il s'agit du célébrissime album studio, sorti en 1971 : Sticky Fingers (référence à un film de cul). L'extrait est une des plus belles ballades écrites par Mick Jagger sur une musique de Keith Richards : Wild Horses[7]. Je vous la mets sur la platchine.

A tantôt.

 


 

[1] Igor et Grichka Bogdanoff sont des frères jumeaux français, animateurs et producteurs de télévision et essayistes, s'étant illustrés, depuis les années 1970, dans les domaines de la vulgarisation scientifique, de la cosmologie et de la science-fiction. Ils suscitent la curiosité du grand public du fait de leur personnalité, de leurs origines familiales et de leur aspect physique. En effet, depuis les années 2000, les frères Bogdanoff suscitent la curiosité du fait du changement de la physionomie de leurs visages, devenus nettement plus anguleux au fil du temps (mentons, pommettes). Eux-mêmes revendiquent le fait d'avoir une « gueule d'extraterrestre ». La cause de cette évolution physique n'est pas connue, ce qui a donné lieu à diverses rumeurs et hypothèses (le recours à la chirurgie esthétique ou la prise d'hormone de croissance pour lutter contre le vieillissement provoquant de l'acromégalie, etc.).

 

[2] L'acromégalie (du grec ?κρος (akros) « haut » ou « extrême » et de μεγ?λος megalos « grand » - agrandissement des extrémités) est un trouble hormonal qui provoque une augmentation anormale de la taille des pieds et des mains et une déformation du visage au fil des années. Il apparaît lorsque la glande hypophyse produit un excès d'hormone de croissance (growth hormone soit GH en anglais). Son évolution est très lente et le diagnostic est souvent retardé. Le visage est très atteint par le syndrome dysmorphique.

 

[3] C'est pas parce qu'on est COTOREP qu'on écoute des radios de merde genre Fun-Radio : moi c'est Culture le matin, formidable qualité !

 

[4] J'avais imaginé un jeu de rouleaux motorisés en bordure du lit, autour desquels serait enroulé le drap du bas. En actionnant les rouleaux le corps se déplace, facilitant le travail de l'aidant. -Oui, c'est également automatisable ! Tu crois pas si bien dire : toutes les deux heures un retournement, plus de crampes !

Malheureusement (évidemment) je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée, et une société danoise Vendlet l'a commercialisé, à prix fort. Voyez là, c'est assez génial : //www.vendlet.com/products/vendlet

 

[5] Y'a pas transition de merde là ?

 

[6] Celle-là elle est de Josef Marion (toujours citer les sources, nespa Monsieur Negrin ?).

 

[7] Cette chanson était à l'origine une chanson écrite par Keith Richards en 1969. Mick Jagger a réécrit les paroles pour parler de sa relation avec Marianne Faithfull qui était en train de s'effondrer. Selon Marianne, le refrain « Wild horses couldn't drag me away » (« Des chevaux sauvages n'auraient pu m'arracher d'ici ») est la première phrase qu'elle aurait prononcée après être sortie d'un coma à la suite d'une surdose en 1969 en Australie en ayant avalé cinquante cachets dans du chocolat fondu.

C'est Dave Napp qui m'a appris ça, merci mon ami.

 


06/09/2017
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Itchycoo Park : Dimanche 27 Août 2017

       Allez, je me lance. La surprise est éventée, mais vous lirez bien quelques lignes sur ma décision d'arrêter la boxe, nespa ? Et oui, je m'étais inscrit dans un club de boxe au printemps 2017. Mais à force de revenir à la maison avec la gueule en vrac, j'ai décidé d'arrêter. C'est plus de mon âge ces conneries !  En fait, en manque d'inspiration,  je cherchais un sujet pour mon prochain narticle. Et si je me faisais tomber du lit ? Toute l'attention serait sur moi pendant quelques jours...[1] Me voilà donc allongé en attente d'un transfert au petit matin (little morning). Une crampe me saisit comme d'accoutumée à cette heure de la journée.  Au passage, je félicite Julio et Minnie-Marion d'arriver à verticaliser un corps mort avec autant de spasmes et de crampes : là y'a du métier. Je replie mes genoux dans un spasme (impossible autrement), puis la crampe ne partant pas, je tends mes jambes à nouveau. Celles-ci se retrouvent en dehors du lit, glissant doucement vers le sol. Il n'en faut pas plus pour entraîner le reste du corps, et SPLAT ! Je tombe de tout mon poids pile sur le côté face. N'ayant plus aucun réflexe, je tombe litéralement comme une merde, sur la joue droite. En une seconde : grosse flaque de sang, et un mal !!! L'arcade sourcilière saigne plein tube, mais ça ne fait pas mal. Par contre, l'épaule, le bras, le cou, et le bassin : là je douille grave ! Six mains me remettent au lit, finalement j'aurai réussi à zapper la douche et me faire recoucher, ow y'a pas vie de pacha là ? Le docteur a une haleine de fumeur, il fume donc en scooter : rock'n roll le Louis-Jacques ! C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup[2]. Il parle de Meryl Streep, mais qu'est-ce que -bon sang-  cette actrice vient faire là ? Je suis un peu sonné. En fait il disait et répétait "stéri-strip". Une sorte de Scotch prédécoupé aseptisé qui colle pas, évidemment puisqu'il y a du sang partout. Mais c'est moderne, donc préférable aux bonnes vieilles coutures. On me scotche la fiole, jusqu'à un hypothétique arrêt du flot sanguin sur ma joue augmenté par le fluidifiant anti-oeufs d'Aime. ça tient jusqu'au départ du docteur... c'est comme les plombiers. Prescription d'une montagne de produits qui ne serviront qu'une journée, et à 10% de leur volume. J'ai honte ! Il est là le trou de la Sécu, putain ! On me prescrit même une radiographie ! Si j'étais inquiet, je prendrais une ambulance pour passer à la radio[3]. Cela mobilise deux infirmiers et une ambulance presque une journée complète, le carburant, les pneus, l'assurance... puis le personnel à l'hôpital, le scanner en leasing dans sa farandole de révisions obligatoires... Je suis consterné par ce principe de "précautions" qui met à genoux notre système de santé. Et les travailleurs de cotiser outre mesure, sinon on leur prend leurs biens. Y'a rien là ? J'ai honte encore ! Si j'étais tombé sur la tronche en étant Yéménite au Yemen ou Iraquien en Irak, tu crois qu'on me payerait des sacs entiers de produits, qui plus est périssables à très court terme ? Mais comdab, je m'égare. Les pastilles au THC sont merveilleuses pour oublier toute douleur. La plaie continue à saigner jusqu'à ce qu'on laisse le corps s'en occuper tout seul le soir. Le doc repasse en fin daprem à l'heure de l'apéro. Une bande de potes gravite autour de la table, dont la petite Camille, mon amie anglaise, qui aura passé deux heures à essayer de juguler la fuite de sang : adorable attention. Elle harcèle tout le monde de questions, le doc n'en place pas une. Jusqu'à ce que Pit remette Miss Angleterre en place, à coups de testostérones : je me marre ! J'ai les bénéfices du canabix qui me montent au servo, je vois tout le monde halluciner en regardant ma tronche, c'est le monde à l'envers. Quelques jours plus tard Camille me demande : -Dis, ton Pit, il serait pas un peu macho ? -Comment te dire...? C'est Pit quoi ! Donc voilà comment j'ai arrêté la boxe. J'ai posté le pire témoignage visuel sur Fatchebok : avalanche de commentaires. Au plus c'est laid, au plus les gens pianotent. Parmi les solutions proposées il y a : la barrière anti-chute, un matelas par terre (pas con), et -tenez-vous bien-, c'est ma préférée : dormir avec un casque intégral ! J'adore ! Trop bon, je veux essayer ! Je vais aller voir chez Guignabodet à Toulon[4] : -Monsieur, c'est pour quel type d'usage que vous désirez acquérir un casque ? -Abé, caisse je heu dire... c'est pour dormir, mafoi... Voilà tout, franchement pas de quoi flipper mais impressionnant : du Ollie quoi !

 

     Le lendemain avec ma tronche de métèque, je me suis laissé embarquer pour une nouvelle virée en haut du Bessillon[5] Une sorte de picnic tardif qui se finit par une observation du ciel, déchiré à souhait avec Confortably Numb[6] bien fort. Cette fois-ci on a notre Hubert Reeves à nous, l'incollable Uncle Benz revenu de sa case aux antilles : j'ai nommé le grand Thomas Vassal. Une nuit des étoiles réussie grâce au vent totalement absent contrairement à la précédente édition où on s'était pelé un gros noeud. Les comparses habituels sont là : Niko, Pit. Alex manque à l'appel. Et deux nouveaux : Olivoil et Tom. La vigie ne semble pas s'inquiéter de notre installation au sommet, malgré l'interdiction. Vu les longue-vues qu'il doit avoir le mec, il a du voir qu'on avait amené de la crème de Roquefort et une boutanche de vin rouge Chilien, et s'est dit -Ils ont du goût, ces jeunes. Bah,  je leur fous la paix. En fait voilà ce qu'il s'est dit : -Allo, brigade de Toulong  ? Je vous communique l'immat' du véhiculah'... ouais en cohtraventiong... c'est ça, mettez le paquet. Ah, j'oubliais, y'en a un éclopé en fauteuil avec des roues énooormes, et les autres ils fument du hakik ! Bande de petits congs ! A mon avis le type il se souciait de regarder sa télé, et puis il s'en caguait bien de notre étalage de victuailles. Pit avait anticipé pour l'aandjicapé : gaspacho et Pitmix™ [7]. Niko assura les bières, Tom le staga (une fiole type poche intérieure) et la fameuse crème de bleu qui te colle la langue au palais et te sape le goût de TOUS les autres trucs ingérés par la suite (à part ce détail c'est très bon). Olive assura le rhum vieux, avec approbation du Tom : c'est dire qu'il valait le coup. En fait, il y avait à manger pour vingt-cinq. Et à boire pour cinquante, sauf le pastis. Je suis là, avec mon oeil au bérurier noir, à me laisser remplir de bonnes choses avec mes meilleurs potes, dans le meilleur spot du coin, au point culminant du département, avec vue à 360°, ciel dégagé, pas de vent, avec The Great Gig in the Sky (dont Pit nous rappelle à chaque écoute que la chanteuse a été payée 20$, et qu'elle méritait bien plus), déchiré à discrétion[8]. Le top ! Pour ne pas dire Que du Bonheur. Quelle expression de merde  ! Puis vient mon moment préféré : celui où l'on cherche le nom d'un chanteur. On se tourne vers moi, je souris : -Putin, Ollie il sait ! Connard ! En l'occurrence, il s'agissait de trouver Murray Head. Et Pit d'affirmer que c'était le même artiste qui chantait "Say it ain't so", confondant manifestement avec Cat Stevens. J'aurais voulu dire que c'était pas du tout la même période, mais passons. Je nie d'un geste pour signifier que ce n'était PAS le même chanteur. Mais entretemps Tom m'avait demandé : -Le nom il commence par un C ? Sur mon mouvement Tom surenchérit : -Alors un H ? Et les autres de s'y mettre : -Un A ? -Un B ? Comment leur dire ? Méga imbroglio... Moi j'ai l'habitude, eux non. Et une fois bien ravagés du cervelet, on éteint toutes les lumières et on fait partie intégrante du cosmos. Tom reste debout -Sauf si ça vous dérange... ajoute-t-il. En T-shirt et tongues, droit dans son short, le capitaine c'est lui. Notrrre Huberrrrt Rrrreeves à nous. Je recommande cette expérience aux locaux (notamment Julien et Souaze qui ont habité 20 ans à 5KM du Bessillon et n'y sont jamais allés, shame shame shame...shame on you[9]). Voilà, la transition est trouvée.

 

     Une fois n'étant pas coutume, je pioche dans ma playlist "Good old nuggets" et vous présente un titre (de cet article, qui n'a donc rien à voir avec la choucroute) des Small Faces, un groupe que j'ai entendu pendant toute ma petite enfance. Itchycoo Park atteint les sommets des charts en 1968 et est un des tous premiers morceaux où l'on utilise un "flanger" en effets. The Small Faces était un groupe de rock britannique des années 1960. Mené par Steve Marriott et Ronnie Lane, il est l'un des fleurons du courant mod avec les Who et les Kinks. Steve Mariott formera plus tard Humble Pie avec Peter Frampton, The Small Faces deviennent The Faces avec l'arrivée de Rod Stewart et Ronnie Wood, deux anciens du Jeff Beck Group (le monde est petit nespa ?), et Ron Wood rejoindra les Rolling Stones... mais Cointreau n'info. Evidemment, tous ces protagonistes feront également des carrières solo et je vous recommande vivement l'écoute de leurs musiques, pour peu qu'on aime le rock des seventies (je défie quiconque de trouver mieux). Pour l'anecdote : Itchycoo Park n'existe pas, c'est le nom que donnaient Steve et Ronnie à leur aire de jeux étant adolescents, dans l'East End de Londres. L'endroit était peuplé d'orties, d'où le nom : to itch = démanger, urtiquer. Voilà pour votre dimanche. Je me fade un boulot de dingue à traduire mes écrits (intraduisibles), donc m'en veuillez pas de ne pas être au rencart avec du nouveau juteux tous les trois jours. Demain, nouvelle grille sur France Inter, tout les internautes à leurs postes ! Exécution !

Love. A tantôt.

 

[1] Je l'ai entendu à travers la grappe de raisins (Marvin Gaye). Par contre la boxe c'est de moi.

[2] Ca veut dire qu'il était libre, heureux d'être là malgré tout.

[3] à Draguignan c'est Metropol Radio, la radio des artisans où Pit avait réussi à vendre un puits fonctionnel. Trop fort ce Pit !

[4] Un revendeur spécialisé en motos qui avait pignon sur rue pendant notre adolescence. On n'avait les moyens que de lécher leur vitrine énorme sur l'avenue principale de Toulon.

[5] Le Bessillon est la montagne jouxtant Cotignac, le sommet du Var (830 M), à trois minutes de chez nous.

[6] Pink Floyd, paroles idoines.

[7] Une spécialité de Pit à base de thon, mayonnaise et ketchup finement mixé. Un délice à manger. Modèle déposé.

[8] Une façon de dire "à volonté" par un resto flon-flon du coin. En réalité cela signifie "à volonté dans la mesure d'un verre et demi". C'est le même chef qui propose ses machins dans leur farandole de trucs déglacés au jus de bidule. Il faut être poëte académicien pour lire leurs menus. Et si t'as le malheur de devoir traduire pour des amis étrangers, t'es pas dans la merde. -What does it mean "Dos de loup dans sa farandole de petits légumes..." ? -Euh, it's fish. D'autres questions ?

[9] Ecrit par Shirley & Co. en 1975, mais surtout repris avec talent par feu Henri Salvador "J'aime tes g'noux" et non pas Topaloff & Sim, j'ai vérifié.

 


27/08/2017
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Full metal eyes wide : Mardji 15 Aout 2017

15 Août, on y est. Vous savez déjà de quoi je vais me plaindre. Non ? -AB, je vais te le dire, mon bèu ! La France est à son paroxysme de la non-productivité. En clair : y'a dégun qui bosse. Et ça c'est sacré en France : le "ne rien glander" faut pas y toucher ! Sinon, on fait grève, pardi. -Mais c'est quoi le 15 Août papa ? -Et bien aujourd'hui mon fils, on célèbre l'Assomption de Marie et, ad sumere ça signifie « être transporté  vers ». -Ah, je croyais que ça venait du verbe assumer. -Oui, aussi. Marie va s'assumer, comme une grande. -Donc les arabes y travaillent ? -Mon chéri, on ne dit pas les "arabes", ce n'est pas poli... -Mais enfin, euh, les machins là, y travaillent ? -Bèè, ma foi, j'en sais rien. -Et les niakoués ? -Ow, tu commences à me casser les couilles ! Je sais moi ? Sers moi un jaune fils ! Et oui, la plupart des gens ne comprennent même plus le sens des jours fériés. Et pourtant, y'en a qui bossent. A commencer par mon fidèle serviteur Julien sans qui je ne serais pas sorti du lit ce matin. Et le boulanger hein? Et les conducteurs de bus ? Ebè, y bossent eux. Ils ne font pas le pont, EUX. Les kinés et l'orto se sont laissé tenter par un opusduc (pont/route - travail), comme si les jours fériés les malades sont guéris. Voilà, j'ai fini, tu vois c'était pas long.

En ce jour solennel, je célèbre moi mon premier jour dans le Q6 AVEC l'Eye-Ollie. La dernière fois qu'on a essayé la caméra infrarouge s'est arrêtée net. Peuchère ! Là, y'a dégun pour me casser les coudes, et je pilote absolument TOUT avec la tête. Le Mac avec les yeux, le fauteuil avec le menton, l'assise avec la tempe. Plus de souris, de contacteurs aux pieds, on peut me couper les quatre membres : mambalek ! Ollie, l'homme-tronc. Reste la bite qui marche impeccable, n'est pas bonobo qui veut. J'ai descendu ma vitesse de fixation à 0,26 secondes ce qui est très rapide. Pour vous donner un point de comparaison, un débutant démarre à deux secondes. Là je "tape" plus vite que la plupart des gens sur un clavier, je me régale ! Le clavier "normal" est finalement bien plus rapide que le clavier avec prédictions car le temps que tu regardes les suggestions de l'ordinateur, t'as plus vite fait d'écrire le mot. En plus, l'ordi se nourrit de mes inventions lexicales, ce qui donne des prédictions à la mormoilnö. Ejemplo : tu tapes "Mor" pour écrire "Mortifère" et le PC Tablet (sous Windaube, rappelles-toi) te propose en premier le mot  "Mormoilnö". Logique, mais débile et non grata. Mais écrire est un plaisir, par contre j'ai eu la mauvaise idée de traduire mon bouquin en anglais, et là c'est des mois de travail qui m'attendent, au détriment de l'écriture, justement.  Je ne sais plus qui m'a mis cette idée géééniaaale en tête, mais c'est un taf abominable. J'espérais pouvoir refiler le bébé à des potes bilingues natifs du rosbif. Tu parles ! Elles m'ont vu arriver avec mes sabots gros sakom. Moralité, je vais me le fader, épicez tout. On est jamais aussi bien servi qu'avec  parcimonie. Donc, si vous n'avez plus de textes d'Ollie à vous mettre sous la dent, vous saurez que j'oeuvre à la traduc. Ou bien j'aurais cassé ma pipe, au choix. Si je casse ma pipe, j'irais à Cogolin m'en acheter une autre.  En parlant de ça : Sylvie travaille à Cogolin dans une manufacture de pipes. Sachant que Sylvie met deux heures à tailler une bonne pipe... dire pourquoi c'est drôle[1].

Tom a décidé de faire son propre Easy-Rider trip, avec son plus grand pote Matieu. Sauf qu'au dernier moment la moto de Matieu ne marche plus... Donc : à deux sur le V-twin surbaissé, plus la tente, les duvets, les victuailles, les vêtements, le matos de camping, les outils (un Brenkman ne part jamais sans outils)... Bref, le tout ressemble à une à une famille de commerçants ambulants pakistanais, surréalite ! S'ils reviennent sans encombres je me coupe les couilles. Mais ça leur fera des souvenirs inoubl-iables, et ça c'est bon ! -Papa, on part staprem, on a tout préparé... -Vous avez pris quoi à manger ? -Euh (rire débile d'ado débile), on a pris un saucisson et des Marshmallows... -Allez, roulez jeunesse ! Putain, elles sont loin les années où on se contentait d'un saucisson. Et pourtant on l'a fait : partis en bande de mobs au lac. Et arrivés au lac on se dépêchait de tomber le pot pour faire un max de bruit et casser les couilles aux touristes. C'était la liberté !  De mémoire, y'avait Taïnez, Romu, Zguèï, feu Mini-Vosges, Cornak, Le Cha,[2] Riton, Vero, Cathy, Sylvie et j'en oublie. On a fini au poste pour avoir volé une mob. -M'sieu, nous on voulait que la selle... Merci Riton pour nous avoir sorti de ce gai-pied. Et arrivés à la maison, on s'est fait casser la tête, again. Normal. De nos jours les parents portent plainte contre les flics, contre les profs, contre tout. C'était mieux avant. En tous cas, ces souvenirs là, on les a à vie, et s'il fallait tout refaire je n'y changerait rien. Ah si, un truc : je garde mon maillot de bain en léopard mais je mettrai mon Ciao Vespa en pot détente, le célèbre Serpentone. On avait pas une tune, c'était pour les enfants de bourgeois tous ces accessoires... Le bon vieux temps quoi...

Allez, je vous la fée courte, j'ai un max de taf sur la planche depuis cette idée de version en rosbif. Notez que c'est ma première en full-eyes sur Word2017, le moindre faux-pas (de l'oeil) me coûte dix minutes, mais j'y arrive ! Ah devinez quoi : la pile de la Skip-Tablet-oculaire tient deux heures... royal pour l'autonomie ! Bon, faut bien un truc pour se plaindre non?

A tantôt.    



[1] Blague de Pierre Desproges.

[2] Alias Alain Martinez, Romuald Legué, Gilles Giai, David Suriani (mort d'une leucémie peu après), Stéphane Kornacker (mort en 1986 sur sa moto)j, Frédéric Chabert (qui s'appelle toujours "le Chat"et qui a gardé son 103SP bleu, je l'ai vu de mes yeux en travaillant chez sa mère)


15/08/2017
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Pastilles au cannabis : Vendredi 11 Août 2017.

     Tête dans le cul et banastons de bouteilles vides. Quatorze heures de "bois et fume" non-stop : je n'ai pas été ridicule. Bringue réussie, les absents ont eu franchement tort. J'y reviendrai. Une semaine sans rien pouvoir dire, à personne. Communication réduite à des hochements de têtes, et/ou des négations. Pas pratique pour dire qu'un insecte te bouffe la guibole : -Mnghhh ! -T'as soif ? Tu veux plutôt une soupe ? Du Tabasco ? Un nipopotam ? Vas-y, épelle... Le temps qu'on comprenne le mot J-A-M-B-E, le moustique et toute sa famille ont eu le temps de faire le plein... J'ai été tellement frustré le premier jour que j'ai fait la gueule à Toul monde : -OK, ben si je peux rien dire, je ne vous écoute pas non plus. Et puis on s'habitue comme tout prisonnier à sa condition. Oui, prisonnier, de mon corps. Heureusement que le vendeur (l'unique interlocuteur, y'a du taf pour qui sait et veut bosser lad dans) consulte ses courriels en vacances. Il m'a fait livrer la bonne pièce, direct des USA. Merci et bravo à Christophe Imbert de CIMIS ! Moralité : primo, je suis à la merci d'un composant à 20 centimes ; deuzio, le matériel aussi PRO/handicap soit-il est vraiment merdique. Nar-dynamo ! Un "outil" à quinze mille en vrac au bout de douze mois, Ow ! Donc, fort de mon Mac équipé de Windows 10 Pro en disque partagé, je me suis dit : -Allez, c'est l'occasion de se servir du Tobii. Un autre dispositif à poursuite oculaire génial que j'avais acheté, mais dont le fabricant ne développe pas de logiciels pour plateforme OSX (Mac). Tourne, vire, rebranche l'écran 19 pouces, et redémarre sur Win-daube. Trois quarts-d 'heure plus tard, après des remises à jour, cinq redémarrages, un logiciel semble pouvoir faire le 80/20 de mes besoins. A ceci près : il faut renseigner la bête de tous les identifiants et mots de passe, chose hyper-galère avec les yeux : le moindre faux caractère renvoie à vingt minutes plus tard. Je passe donc deux jours à paramétrer et formater mon nouvel environnement à mes besoins : les vitesses de l'œil, le contraste, les applis au démarrage, enfin la base quoi. Mais c'est long, c'est looong... et vas-y, redémarre... -Êtes-vous certain de vouloir faire ça ? -Êtes-vous certain d'être certain ? Me demande sans cesse Windows. Chier ces messages ! Du coup, je me dis : -Faisons un peu le ménage, désinstallons[1] ce qui ne me sert à rien (soit beaucoup). Win-daube propose de désinstaller des programmes, donc c'est sans risques, me dis-je. Erreur. Planté mon PC. Tout marche, sauf le principal : mon programme à œil. Bon, jexa à foot, donc je m'y colle : il manque un fichier ".dll". Télécharge un "réparateur de DLL", laisse ton mail et ta carte bleue au passage... Et le truc à chaque redémarrage il trouve des machins à réparer... Faut pas me prendre pour un con ! Saloperie de Microsoft de merde ! ! ! En désespoir de cause je trouve une option "restaurer le système comme il était à telle date...". Bingo ! Deux heures plus tard mon logiciel remarche... mais PAS le Tobii. Putain, j'en peux plus ! Et là, mon fils met fin à mon cauchemar : -Papa, y'a un colis des USA pour toi ! Retour à mon Mac, home sweet home ! J'aurai donc passé quatre jours à bricoler un logiciel bidon qui se dit Pro... Fenêtres en plastoc !  Une merde ! Un Mac fait ses mises à jours tout seul, sans te demander si t'es sûr d'être certain. Il démarre en douze secondes au lieu de 220, il ne plante pas si t'effaces un programme, il se réveille tout seul, et il MARCHE bordel !

Une autre aventure sympathique m'est arrivée. Je me suis fait enculer. Ouaip. Par une femme intentionnée en plus ! Un majeur bien au fond de mon cul, pour libérer Gbagbo. -Waa la douleur ! Après trois Normacol et deux suppos sataniques, six heures assis aux chiottes, un enfer ! Il n'y avait plus que -Tenez-vous bien "l'extraction mécanique". Il faut une prescription pour ça, et une infirmière confirmée, notez bien : pour un doigt au cul. Le pire aura été que je hurlais : -Arrête, arrête ! ce qui bien entendu avec mon élocution d'enclume n'était pas compris, et avec l'impossibilité de bouger, j'avais vraiment une sensation horrible... d'être violé. -Ouais, marre toi ! Putain, une horreur ! Je comprends ce que c'est que d'être violé : une infamie totale ! Toutefois, j'ai redécouvert les vertus anesthésiantes du THC grâce à ma sœur qui m'a ramené des bonbecs au cannabis. C'est légal chez eux, et les douanes n'y voient qu'une boîte de pastilles. Trop bon, le soir une pastilles et y'a plus dégüng ! Déchiré le Break ! Imaginez un mec qui s'en bat les couilles de tout. C'est bon ? Bon maintenant vous multipliez ce type avec un mec qui s'en bat les couilles de tout également. Voilà ma sensation : en mode Balek2 (au carré). Franchement le panard ! Plus de crampes, sommeil meilleur et une sensation de liberté, libéré des douleurs. Bon, peut-être que trois pastilles amènent au paradis artificiel, on verra. Les premiers usagers se sont fait avoir par le temps de latence (comparé au bédo qui est quasi-immédiat) et se sont retrouvés verts-fluo en train de vomir leur race aux urgences : donc, mèèèfi !

 

Et puis le neuf Août, le fameux. C'était réussi, comdab, non pas que nous ayons un melon ça-comme, mais nos ingrédients sont simplement bons. Une Nathalie, un terrain plat pour les enfants roulants (chez nous TOUT roule), des invités de qualité, une playlist infaillible, notre Tom, et à boire. C'est tout. Alors je te vois venir : -C'est quoi des invités "de qualité" ? Tié qui toi pour juger ? Kesti comprends toi en invitations ? Et bien, simplement tous les invités avaient un point commun : ils lisent tous mon blog. C'est amusant ce point commun. Les invités se connaissent à travers leur pseudonyme, et là ils mettent un visage sur la personne : -Ah, c'est donc toi le Max qui écrit en hollandais ? Putain, mais t'es un vieux, en fait  ! ou bien -Ah, enfin j'ai rencontré Olivoil ! J'adooore ce qu'il écrit ! Bon je me n'attendais pas à cette tronche où il manque une dent, mais j'adooore ce qu'il écrit ! Et du coup, aisé pour engager une conversation. TM : -Vous vivez seule ? -Non, voici mon mari, et là mes enfants. Mouap mouap mouap... Et oui, j'oubliais : dans les ingrédients il faut aussi un TM™, l'ami solitaire et voyageur qui a vu toutes les contrées où tu rêves d'aller et où tu ne peux aller que si t'es seul et sans enfants. Indispensable le Thierry. Monsieur revient de Chine avec ses récits délicieux. Monsieur s'est acheté un logement au comptant après trente ans d'économies, ce mec est sans pareil. 

A midi pile les hostilités démarrent avec les ponctuels : les vieux et celles et ceux qui ne lisent leur courriel qu'une fois par semaine. J'approuve totalement, j'ai moi-même horreur des changements de dernière minute. Ça me rappelle l'architecte Bonnier, à neuf heures sur chantier : -Les mesures du bâtiment ont changé, vous n'avez pas lu le mail que j'ai envoyé à cinq heures du mat' ? -AB, C tadire que... à cinq heures je dors, MOI. Bref, Max et Isa débarquent avec un fabuleux Nasi-goreng[2] fait maison. Les Charlet arrivent en force, avec deux Pierres. Le premier se lance comme d'accoutumée dans une prise de photos frénétique avec son dernier jouet à objectifs interchangeables étanches en Wi-Fi sur le smartphone et je ne sais plus quelles caractéristiques invraisemblables. Trois giga-octets en une heure. J'espérais qu'il m'enverrait cinq clichés réussis mais non, il va falloir trier quatre mille photos... c'est le tarif. L'autre Pierre fut annoncé comme un militaire. Je m'attendais donc à un balèze en treillis genre Schwarzenegger le nègre noir. Que nenni ! Le Pierrot est un adorable petit bonhomme amoureux de sa Maya, barbe-barbe de trois jours à la Georges Michael. Bravo Maya, vous allez très bien ensemble ! Je voulais annoncer à tout le monde qui sont Anne et Gérard, notre complicité, l'éditeur... en vain. Sacrée frustration de ne pas pouvoir présenter des amis entre eux ! J'ai essayé pourtant en montrant du regard Vincent à Alex, impossible ! -Tu veux quoi ? Fumer ? Boire ? -Quedalle ! Je voulais juste vous dire que toi et Alex avez la même passion : la peinture. Tu vois Alex ? Ce tableau c'est Vincent qui l'a fait ! Tu vois Vincent ? Ce tableau c'est Alex qui l'a fait ! Allez-je vous laisse, vous avez des trucs à vous dire... Mais je ne pipe mot, frustré comme une lime sans poignée, et de présentations il ne sera rien du tout, et je ne laisse personne car je ne vais nulle part. Je suis là, immobile et les gens gravitent autour de moi. Ce n'est pas dénué d'avantages, une belle brune à ma gauche qui me sert à boire, une belle blonde à ma droite qui me donne à manger : it's good to be the King ! Mais le vrai roi de la soirée c'est notre fils Tom : il s'est fadé toute la préparation tégnique, assure les cuissons et le feu, n'hésite pas à aller chercher des pneus en moto pour réparer le karting si prisé des enfants, et finit par emballer des minettes sur sa V-twin surbaissée. Et par-dessus le marché les invités sont unanimes sur les compliments à son sujet. Mais pas que, au sujet de Claire et Victor également : fier le papa tétra ! -Tu peux l'être... rajoutent certains. -C'est agréable des enfants bien éduqués... me disait Toma. C'est vrai. Les enfants Ruys viennent spontanément me dire bonjour et au revoir. C'est agréable et surprenant tant ces bonnes manières se sont perdues. Et je peux vous garantchir que nombre d'ados ami(e)s de nos enfants ne me calculent même plus. -Oarbof, il doit être sénile le père Break... laisse tomber les politesses. Putain, si j'étais valide je leur ferai bouffer leurs manières de merde !

Le Toma déboule avec toute sa tribu au complet, enfants et grand parents : génial de les revoir après le mariage en Martinique ! Notre complicité est intacte après vingt ans de vies séparées, on se paye des fous-rires interminables ensemble. Les frères ficelle arrivent pour notre plus grand plaisir, celui de se retrouver ensemble : les Quat'z'amis[3], sont contents cantisson réunis, il suffit, de vouloir devenir un Zamiiiiii...... Bien sûr les vieilles coutumes refont surface : Vin's me roule un bédo six-feuilles, comme au bon vieux temps. Je suis pétrifié dans mon immobilité, démonté par les rosés à répétition, les ti-punchs façon Toma, et le bédo qui me tranche le lard pour de bon. Je suis hilare, en apnée, les bras ballants, le ventre rond, la tête au carré, entouré de mes potes, et heureux. Ma playlist plaît à tout le monde. -C'est ta playlist ? J'adoore ce morceau ! Cinq minutes après : -J'aime beaucoup ce morceau ! C'est toi qui a choisi les musiques ?... Jusqu'à ce que Claire interrupte : -P'pa, je peux arrêter ta liste de vioques ? On veut danser ! Là une bande d'ados-soda se ruent sur le précieux jack 3,5MM pour y brancher chacun son smartphone : Píou, ssssss mbmmmmm !!! L'ampli pleure ses néodymes. On branche et débranche sans se soucier des ravages. Trente secondes de Boumboum, puis... rien ! -Ow, alors ça vient ? -Attends, on cherche ! C'est la génération d'après : la musique n'a aucune importance, pourvu qu'on ait le choix. -T'inquiètes, j'ai les mêmes... me lance Alex. Les belles jeunettes se lancent à danser deux ou trois chansons, et la vague est passée. Michel prend les commandes, je le reconnais sans le voir. Un bon vieux Rolling Stones et on récupère le dancefloor ! A mandoné il nous met l'album New York[4] de Lou Reed, un chef d'œuvre de chez Deuvres. D'ailleurs je vous en mets un estrait sur le lecteur du blog, écoutez tout l'album, c'est un bijou. Il ne manque que Dave, notre peintre abruzzi. Complètement abruzzi. Véro, Chris et la belle Louise seront les derniers arrivants. Alex arrive avec une série de peintures dédicacées à ma fiole, une très belle attention. Je suis son plus grand fan, depuis 1994. Maintenant j'agrandis ma collection, j'ai un Lux2017, moi ! Merci Alex, t'es super. Zoé arrive toute belle maquillée avec son incontournable reflex. Photographe pro, elle oublie sans cesse son flash. -C'est un peu sombre... qu'elle me dit sans cesse. -Non, tu crois ? J'aimerais lui dire. Après quelques bédos partagés ensemble notre flash est en mode permanent. Elle repart quelque peu défraîchie, comme la plupart des convives. Toma m'en sors une unstung by worms[5] : -C'est la première fois que je vais conduire bourré, ça s'arrose ! Il me plait cet ami, c'est bon de se retrouver !

J'avais proposé à Sarah de traduire mon bouquin, ce qui évidemment est quasi-injouable au vu de la quantité d'idiomes, dialectes et mots empruntés, joués ou non. Mais Toma aborde le sujet sérieusement, donc on en parle : -Comment tu veux traduire Lundji ? -Ébè ça donne Mondjay !  Pas garanti que j'obtienne le prix Man Booker d'emblée... Mais l'idée est lancée, d'autant plus qu'Annette veut contribuer à ce travail. Et pourquoi pas ?! Je pourrais être lu dans le mon dentier. A suivre. Je retrouve Sophie avec grand plaisir. Elle me parle de New York, ça fait du bien. On discute (surtout elle) d'écriture, de nos blogs, puis d'écriture encore. J'aime parler avec Sophie, l'écouter plutôt. Sa fille a grandi comme Victor, mêmes âges, mêmes engrais, même croissance fulgurante. Victor lui, avec sa belle chemise impeccable, promène son harem sur la remorque du kart à pédales, c'est l'âge encore tendre. Nath et moi nous amusons de cet état qui ne durera pas très longtemps. On savoure chaque instant. Ce qui nous mène à la Reine : Nathalie. Elle s'est démenée depuis trois jours, continue à chercher une fourchette pour untel, une bougie pour la dix-sept, une bouchée de tapenade pour Ollie, répond au téléphone à un con allemand qui ne trouve pas sa location, se préoccupe des enfants, de TOUS les enfants (donc Toma & moi inclus), se lève avant tout le monde, se couche après tout le monde en ayant vérifié ses quatre enfants, bourré le lave-vaisselle, répondu aux mails des cons qui arriveront et ne trouveront pas leurs locations, et qui chaque jour se fade un grincheux mou tétraplégique particulièrement déchiré ce soir. Là, chapeau bas M'sieudaaame. Respect et gloire à ma chérie !

J'oublie de citer des dizaines de participants bien sûr. Mais je veux remercier tout le monde venu ce 9 Août 2017. Particulièrement les jeunes qui ont été nombreux et supers dans leurs attitudes ouvertes et chaleureuses. Rien de tel qu'un savant mélange de vieux et de neuf. Konzle Diz.

A tantôt.



[1] Du verbe désinstaller copié de to uninstall. On ne se foule pas trop à l'Académie. Connaissez vous un verbe plus laid ? On n'efface plus, on désinstalle Messieursdames…

[2] Le nasi goreng, qui signifie littéralement « riz frit » en indonésien et en malais est, comme son nom l'indique un plat de riz frit dans de l'huile, assaisonné de ketyap manis (sauce soja sucrée), d'échalote, d'ail, de tamarin et de piment, accompagné d'autres ingrédients, comme de l'œuf, du poulet et des crevettes. Le nasi goreng est désigné comme « plat national » de l'Indonésie, mais n'est qu'une des nombreuses composantes de la cuisine indonésienne, il est aussi très populaire en Malaisie, à Singapour et aux Pays-Bas dont les descendants de colons continuent à perpétuer les recettes culinaires. C'est culturel, j'en ai mangé toute ma jeunesse.

[3] Les Quat'z'amis était une émission de télévision française pour la jeunesse diffusée sur Antenne 2 de juillet 1978 à 1984, dans les programmes de Récré A2 et était présentée par Fabrice qui, assisté des trois marionnettes Toucancan (oiseau érudit à plumes rouges), de Belle Belle (une jeune fille élégante et coquette) et de Pousse Moussu (composé de mousses et de plantes, doté d'un zézaiement et de deux dents proéminentes). Les quatre compères discutaient de sujets variés et proposaient aux jeunes téléspectateurs des jeux ludiques et éducatifs portant sur la construction des mots, la musique, ou des expériences amusantes à réaliser à la maison.

[4] À travers cet album dédié à sa ville au son brut et dépouillé, Lou Reed adopte le parlé/chanté, à travers des textes engagés traitant du sida, des ravages de la guerre du Vietnam et de l’exclusion sociale. Il y décrit les bas fonds new-yorkais, image des excès du monde moderne sur une musique incisive. Cet album est considéré comme celui du retour de Lou Reed, bien aidé en cela par son guitariste Mike Rathke. C'est un album de rock n'roll classique, guitare, basse, batterie, parlé/chanté, où Lou utilise au mieux les sons de sa guitare, de sa voix ainsi que sa science des breaks (cf Dirty Blvd).

[5] Pas piquée des vers.


11/08/2017
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