Le journal d'Eye-Ollie

Le journal d'Eye-Ollie

Tome II


Chaque Jour un peu Moins : Lundi 20 Novembre 2017

     Ce matin je schmeckte[1] de la fente. Comme un aandjicapé qui a baigné dans son jus tout le dimanche, dans son pich'to, qu'il conviendrait donc de j'ter[2]. C'est toujours de la faute aux autres, puisque moi je ne peux plus me laver. Je me regarde dans la glace : j’ai la tronche de Muriel Robin. Balek total. J'ai épargné à Julien la "dernière" douche puisqu'il déménage et quitte INES. Du coup je me casse aussi de cette boîte de merde. J'ai envoyé un dernier mél à ce gros petit chef : c'est marre. J’en ai assez des interlocuteurs illettrés incapables d’aligner deux phrases par courriel, et qui continuent inlassablement à m’envoyer des plannings bidons ainsi que des cagoles totalement inutiles. Du coup les intervenants du spectacle se faisant plus rares, il fallut trouver un subterfuge pour permettre à Nathalie de Sab-sans-thé un week-end. Pani-pwoblem, mon père et Tom Vassal se sont proposés pour "garder" le gastéropode. Trop bon : un week-end entre couilles !

Le vendredi fut consacré à la célébration de la sortie officielle de mon livre Chaque Jour un peu Moins, avec banderole "façon CGT[3]", élévation dans les airs, presse, photos, vidéo drone et apéro. Voyez ma page Facebook. Je l'avais déjà fait une fois (m'assoir sur une palette élevée au maximum par un engin de chantier), sans vertiges particuliers : il suffit de regarder à l'horizon. Cette fois-ci je me suis chié dessus !!! Putain la peur ! Il faut dire, j'avais froid et le vent me secoua le fauteuil et les tripes. J'avais voulu faire toute une mise en scène à la Mathieu Chedid, avec un canapé, une table basse, télé années 70, plantes vertes, tapis... tout ça sur un plateau élevé dans le ciel au-dessus de Cotignac. Je proposais l'idée à la O-Team : -Ouais, génial. Carrément ! fut globalement la réponse. Mais de là à réussir ce pari osé il y eût un fossé. Les réactions allaient comme suit : -Tu ne peux pas faire ça sans autorisation ! Il faut informer les autorités ! Tu te rends compte du danger ? Et pas Tatie... et pas Tata-Yoyo (non plus) ...

C'est certain, le maire et le préfet seraient ravis d'autoriser un aandjicapé à tomber (avec sa plante, sa télé seventies, et son canapé Poltrooonéssofà) de 80 mètres de haut sur le toit d'un.e citoyen.ne du village. Ils n'ont que ça à faire !  -Evidemment, bande de bites molles ! Je voulais justement faire semblant d’aller au casse-pipe pour créer le buzz, le truc dont tout le monde parle, et réaliser une vidéo spectaculaire avec le drone par-dessus les toits de Cotignac. Le temps que les flics arrivent on aurait emmagasiné assez d'images pour faire LA vidéo qui pète les compteurs sur You-teub et les sites dédiés à la SLA...

Mais non, finalement j'étais tout seul sur ce coup-là. Je suis en mode Balek, mais je comprends très bien que mes amis n'ont pas forcément envie de payer d'amende, ou se retrouver au poste avec des gendarmes pas marrants. C'est assez consternant d'ailleurs : les gendarmes sont dépourvus de toute notion d'humour. Et puis, comme dit l’autre, on a tous a une merde au cul et mieux vaut ne pas jouer aux cons. M'enfin, avec le principe de précaution on vit certes vieux, mais une vie plate comme Jane Birkin, et fade comme Jane Birkin aussi. On a donc renouvelé l’espériaaance sur terrain privé, là où se trouve l'ascenseur vers le ciel. Cette fois-ci la carte mémoire avait été vidée au pré à l'able, mais it's never as good as the first time. Malgré les efforts de la bande, le buzz ne fut point. Ni le tour de l'hexagone, comme imaginé.

 

     Mon père passa la soirée avec moi et constata avec stupéfaction mon côté pipole[4] lorsque je lui demandais de m'installer devant Plus Belle La Vie. Il quitta carrément la pièce. C'est la triste vérité, j'avoue. J'ai beau écouter France Culture de longue, préférer de loin Arte et le cinéma d'auteur, avoir une aversion pour les matchs de foot & rugby... je regarde PBLV ! Profitez-en ! Foutez-vous de ma gueule ! -Allez... wééééehh ! Mon papa de 70 piges fut levé ozoror, et attaqua le boulot à huit heures. J'adore cette ponctualité et cette constance, je mettais moi-même en œuvre ces principes et me foutais bien du Candy-ra-thon. La mission du jour était de réaliser un tunnel pour le chat, et pas une vulgaire chatière. A onze heures les outils étaient rangés et Grisou avait sa propre porte d'entrée principale, nickel chrome, maçonnée avec amour. Papa en a réalisé des dizaines, toutes originales. La plus chiadée nous prit une journée entière : un tunnel à angle droit (comme à Barjols où tout le monde klaxonne[5] malgré l'interdiction) dans de la pierre ! Mais quand on aime (les chats) on ne compte pas. Je passais donc mon dimanche sur Sketch up à concevoir un escalier en polystyrène haute-densité avec tapis rouge pour notre félin Roi.

Puis vint le samedi soir à deux avec mon poteau Tom, ça j'en redemande ! Il y avait longtemps qu'on n'avait pas ri comme ça ensemble ! La télé aida avec une vieille compil' des Inconnus, mais pas seulement. Evidemment on s'est mis la race[6] devant un bon feu de cheminée, à rire comme des baleines jusqu'à plus de souffle, et croyez-moi entre lui et moi on est vraiment des vieilles merdes ! Plutôt un couple de poitrinaires, au sens premier du terme. J'aurai payé cher pour une photo de nos fatches à deux heures du mat'. Ainsi qu'une vidéo du transfert de mon corps sédaté à souhait. Malgré tout, Tom assura sur tous les fronts : 19,5/20 ! Un bémol pour la gêne sonore occasionnée lors de son sommeil : Tom ronfle si fort, qu'à dix mètres dans une autre pièce on se réveille. Même lui se réveille ! MDR. Il n'y plus un loir à Saint Martin depuis. Mêmes les sangliers se sont tirés. L'haleine de Tom est si puissante que la laque de Chine de son briquet Dupont a fini par se détacher. Lui dit que c'est le climat humide des Antilles, mais il a inventé cette histoire. D'ailleurs, le dimanche matin la peinture des murs cloquait et les plantes en pots étaient mortes. Putain, pour attaquer le glycérophtalique il faut une sacrée haleine ! Même les couverts inox DANS UN TIROIR étaient piqués ! Là je ne puis pas me battre, c'est lui le plus fort.

Le restant de la semaine fut quasiment consacré à la promo de mon bouquin. 600 courriels, 35 dédicasses (et voui) et les réponses par mél. Je m’écris les cartes postales du front, va me falloir du collyre à œils taille restauration. Le Var-Matin devrait relayer la nouvelle incessament sous peu.[7] Un collectif métissé de personnes néerlandophones se propose de traduire l’ouvrage en hollandais. –Y’a rien là ? Je me suis empressé de leur dédicasser un exemplaire, ça ne se refuse pas une telle proposition. Bon, manifestement ils n’ont pas encore mesuré l’ampleur du problème. Mais la perspective m’honore. Chapeau bas !

 

     Par contre, faisons un topo sur ma condition : là c'est déjà moins drôle. Il faut bien que je vous en parle, sinon vous allez croire que je guéris. Non non non, paaaadutou ! La spasticité de mon grand corps malade augmente de manière inquiétante, malgré la codéine que j'avale tous les soirs. Tous les "ressentis" se mélangent dans ma tête, c'est n'importe quoi ! Lorsque je baille j'ai froid, lorsqu'il fait froid j’ai les jambes qui partent en couille : c’est comme une voiture française où quand tu mets les essuie-glaces il y a la vitre arrière gauche qui descend. Pareil. La fin du bâillement se termine systématiquement par une morsure de ma lèvre inférieure. Déjà que j'ai des aphtes, je te raconte pas ma fiole : de plus en plus débile ! Ma mâchoire joue des claquettes à l'occasion (sans raisons, juste pour faire chier) "façon" Jean Louis Boyer. Mes interlocut.eurs.rices pensent que j'ai froid, mais ce n'est pas le cas. Sous la douche mes bâillements se finissent par un corps bandé et impliable, seule la patience en vient tabou. Mes cordes vocales servent désormais à réguler le flot d'air expiré, si bien que je baille de manière sonore pendant une bonne minute, et ça sans vouloir faire du bruit. Passons aux membres. Il ne m'en reste qu’un seul fonctionnel : un piège tabou, un joujou extra, les auxiliaires en tombent à mes j’nou

Les mains sont devenues totalement mortes. Mon népol droite arrive encore à faire bouger la souris en tirant sur le bras. Quant aux jambes, elles sont totalement incontrôlables mais ne « perdent » pas d'un point de vue masse musculaire, ce qui est fort pratique et évite, pour l'instant, l'achat d'un transpalette. Oui, ça y ressemble ces appareils abominables pour transférer les mollusques de ma sorte. Mais je sais qu’un jour ce type d'engin finira par entrer dans ma piaule. Alors, bien sûr, on le modifiera pour extraire les moteurs des voitures, drôlement pratique. Tom squattera mon lève-malades et je resterai au lit, peinard. A présent les yep[8] : je suis maintenant capable d'applaudir des pieds. C'est n'importe quoi, je te le dis. Mais very dick. J'applaudis des pieds ! Pour de bon, putain ! Les fausses routes augmentent, les substances liquides deviennent un véritable problème. Avaler ma propre salive (je précise dès fois qu'il y en aient qui croivent que j'avale la salive des autres) peut créer une fausse route soudaine et déclencher une quarte voir une quinte de toux. Et là : corps raide comme la justice, toutes mes positions au Cap Canaveral fichues, bref : impossible de communiquer au-delà. Très chiant lorsque je suis (laissé) seul. -C'est là que tu cliques deux fois sur "enchérir" et que tu remportes l'achat de Miraval[9]. Vas lui expliquer à Brad Pitt ! -Euh, me not done exprès. Me sick, malade... SLA, toi comprendre ? Bref, avaler un expresso me prend dix minutes et un demi-rouleau de Sopalin. Pareil pour le ballon de rouge Kitasch. Je pourrai tourner dans les pubs pour Vanish : -Alors, voici un aandjicapé tâché d'œuf, de vin rouge, de merde et de chocolat... Je mets une dosette de Vanish... et hop ! Il est prêt pour son match de tennis ! Seules les textures homogènes et semi-épaisses passent sans problèmes. Exemple : yaourts, compotes, purée, gaz pas chaud, jus de tomates, Yop, etc. Nath me force à continuer les petits morceaux, mais j'y crains de m'étouffer pour de bon à chaque cuillerée. Oui, j'ai peur de canner, surtout étouffé. Plutôt que de l'étouffe des héros, je préfère mourir de rire, ou de jouir (le fantasme de Gainsbourg). Un autre symptôme récent est la mâchoire qui serre sans cesse, "à la" Renard. Putain, je finis par ressembler à toutes ces figures que brocardais jadis. -Je suis enculé par le destin, ou quoi ? Je repense souvent à Georges qui, pendant une crise de spasmophilie avait sectionné un bâtonnet de bois censé protéger ses dents. C'est assez similaire chez moi, je vais finir par m'autodétruire, malgré mon logiciel interne qui me l'interdit. Je suis devenu un cyborg, oui mais avec la puissaaance dé la Founk[10]!

Vous savez ce qui est bon quand on a une pathologie comme ma SLA ? Et bien je vais vous le dire. C'est de méfu[11] un tarpé[12] avec une amie qui a apporté un pochon de beuh[13] délicieuse. Ça c'est bon !!! Tu n’as rien à faire (puisque tu peux rien faire). Tu n’as pas à chercher du bout[14] en bas de ta cage d'escalier d'HLM. Tu n’as pas à juger de la qualité : pas de pneu coupé en barrettes (vécu !). Pas de feuilles qui ne collent plus, pas de miettes perdues dans la pliure de la table (vécu aussi, et retrouvées un jour heureux où on n'avait plus de teush[15]), pas de tabac plein la moquette que ta femme s'évertue à aspirer tous les jours avec ce putain d'aspirateur à cent-finze décibels !  On te tient le medge[16], y'a qu'à fumer ! Quand t'es bien lapidé (stoned), tu ne sens plus aucun problème, aucune douleur, rien. T'es juste bien. Tu regardes ton ami.e qui a soudainement les yeux bridés, et tout va bien. Un sourire suffit au bonheur. Ne rien faire, mais ensemble. Tu laisses tes bras pendre comme les boulistes (papa me disait : -Tu vois, tu n’es pas le seul à avoir des bras de chimpanzé, au boulodrome y'en a plein des mecs comme toi...) et tu te ventile les aisselles au soleil. Royal au bar. Plus AUCUN problème. C'est ça qui est bon quand t'as une maladie qui te prive de tes membres. Et oui les représentant.e.s de La Grande Santé[17], il serait temps de reconnaître les bienfaits de l'herbe. De Provence ou d'ailleurs. Essayez avant de dire : -Non ! Sucez une pastille, fumez un stick, faites-vous des galettes... mais de grâce, sachez avant de bannir.

 

     Bon, trêve de confiseur, on passe aux Astuces de Mac iOllie : le magazine A Vos Macs a malheureusement publié son dernier opus. Le tout dernier. Après vingt ans de lecture de cette bible je reprends le flambeau, mon groupe média La Teinte Harasse™ a récupéré les droits et la Presse Mac francophone vivra encore. Je profite de mon blog pour vous glisser un estré du mois de Décembre à venir. Ce "tuto" vaut sans doute aussi pour les PCistes sur Win-daube, mais je ne parlerai que de ce que je connais, donc du Mac.

     Aujourd'hui l'application Contacts (Address Book) :

Si vous avez comme moi des milliers de contacts et que vous ne les avez jamais triés, et bien allez-vous jeter aux Goudes ! Si par contre vous avez déjà tenté de créer un rangement par le truchement de dossiers (groupes), là je vais vous trouver une astuce pour optimiser vos contacts et pouvoir envoyer des courriels à caractère de publi-diffusion. Je ne vais pas vous expliquer comment éditer les fiches, mais à mieux les trier. Il va de soi que vous avez déjà recherché et fusionné les doublons.

Commencez par séparer les bonnes graines de l'ivraie. Par exemple, créez des groupes comme suit : famille, amis, copains (-Tous vos copains ne sont pas des amis, ééééénon !), boulot, utile, santé, golf, putes de luxe, dealers, etc. Puis créez un dernier dossier fourre-tout, genre "autres". Si vous en êtes déjà là, bravo ! Maintenant on va laisser travailler le Mac pour nous. Notez que les "utilitaires" de l'Appstore dédiés au "nettoyage" et rangement de votre carnet d'adresses ne valent pas un clou. Fuyez ces "outils", j'ai essayé et c'est nul, le Mac est pourvu de touskifo.

Commencez par créer un groupe intelligent dont la condition de tri est : -la fiche > n'est pas membre de > groupe quelconque. Là vous devriez avoir une liste conséquente malgré vos efforts préalables. Vous trouverez bien une ou plusieurs fiches qui n'iront pas dans "autres". Glissez-les vers les groupes idoines et elles disparaîtront de la liste, puisque ce groupe obéit à une condition. Notez que si vous voulez supprimer une ou plusieurs fiches de ce groupe intelligent, elle.s sera.seront définitivement supprimée.s du carnet.-Mèèèfi !

Maintenant que tout le monde est rangé, admettons que vous désirez informer vos contacts de la parution de votre dernier livre (de cul), ou réaliser une liste des numéros de téléphones seulement des fournisseurs à coller sur le frigo... iPad sushis, un simple groupe intelligent fera le boulot. Je prendrai au hasard le premier cas (tiens donc...) : créez un groupe intelligent qui obéit à TOUTES les règles suivantes (cochez bien la case "toutes") :

-la fiche > est membre de > le groupe qui vous intéresse (les fiches du groupe Messe n'ont pas besoin de savoir que vous publiez un livre de cul). Ajoutez (ou pas) des conditions identiques avec d'autres groupes. ET ...

-l'adresse e-mail > est renseignée. Cela évitera les surprises lors des envois de courriel en masse. Validez.

Là vous avez une belle liste, mais vous voyez un ou plusieurs destinataires qui ne méritent pas d'être informé.e.s (genre un fournisseur qui a été malencontreusement placé dans "amis", ou le curé qui fait  aussi partie des "copains" etc.). Notez qu'à l'instar des fiches d'une base de données, vos contacts peuvent faire partie de plusieurs groupes. L'électricien peut être un ami, et le curé un excellent musicien -c'est le cas chéoam. En fait, tous les logiciels fournis avec votre Mac fonctionnent sur le principe d'une base de données relationnelle. Exploiter ces possibilités permet une gestion puissante de vos données, c'est fascinant. Créez des dossiers avec des conditions de tri complexes, l'ordi liera les fiches entre-elles : ainsi le Mac saura vous retrouver la vidéo où apparaît votre petit dernier à Ajaccio et l'enverra à ses parents le jour de son naniv'... -Si c'est possible ! Je vous apprendrai l'utilité d'Automator dans un autre tutoriel. Maintenant...

Créez un groupe vide et glissez-déposez-y la totalité des fiches obtenues avec votre dernier groupe intelligent. Effacez ce groupe intelligent devenu inutile.

A présent vous pouvez sélectionner la.les fiche.s inopportune.s. Vous aurez le choix entre : retirer du groupe ou supprimer pour de bon. La nuance est de taille : vous risquez d'avoir encore besoin de cet ami dealer, ou de cette pute chaudasse mais qui ne sont pas vraiment souhaitables pour faire la promotion de votre dernier ouvrage sur la reproduction des mollusques tétraplégiques. Lorsque vous   aurez nettoyé votre liste, profitez-en pour exporter une archive de tous vos contacts. Vous vous remercierez le jour d'un plantage. Notez que l'export au format CSV (Comma Separated Values, soit valeurs séparées par des virgules : très utile pour récupérer/éditer des listes sur Excel) n'est pas proposé par l'application Contacts. Il vous faudra une application tierce. Mais dans une autre astuce Mac Ollie je vous expliquerai comment faire sans bourse délier, sans Appstore, sans internet : juste avec votre Mac qui sait tout faire et dont vous ignorez 90% des capacités (rassurez-vous, c'est le cas de tout le monde).

Bon, pour finir : il ne vous reste plus qu'à glisser-déposer votre liste de contacts élus sur le cartouche des récipiendaires de votre courriel. Je vous suggère d'activer CCI (copie carbone invisible)  dans Mail et de coller là votre liste. Inutile pour Svetlana de voir que Clitorine l'a reçue aussi, elles seront jalouses et votre alibi « d'aller aux grives » (promener le fusil) de 17H à 19H sera foutu.

-Comment ? Votre serveur à deux francs refuse d'envoyer à plus de 90 destinataires ? Ah, ben c'est con pour vous ! Z'aviez qu'à choisir un serveur qui sert, au lieu de vendre des timbres ou de distribuer des "box" et des smartphones... Je vous expliquerai comment contourner ce détail, dans une autre astuce de Mac iOllie. Cointreau Nympho.

 

     Bien sûr, vous vous attendez à un exposé sur un tube musical, ébè nong. Cette fois ci, c'est vous qui allez trouver qui c'est. Shazam interdit. -Hèpèpèp ! Comme seuls deux membres sauront, vous finirez par utiliser Shazam quand même, et puis merde. Bande de cancres ! Mais Shazam ne vous dira pas quel groupes ont échantillonné Zapp & Troutman, hein les enfants ? ... -Mais non, j'l'ai pas dit... -Je l'ai dit ?

A tantôt.

 

     Allez, je vous offre une occasion de vous ratrapper : de quel sketch vient cette dernière réplique ?

 



[1] Schmeckter : Argot, venant de schmecken (goûter/déguster en allemand). Signifie sentir au sens de puer.

 

[2] Allitécope : Nouvelle figure de style inventée par ma belle-mère, et que je soumettrai à l’approbation de l’Académie Française dès que j’aurai cinq minutes. Allitécope vient d’Allitération (la répétition d'une ou plusieurs consonnes, souvent à l'attaque des syllabes accentuées, à l'intérieur d'une même phrase) et d’Apocope (une modification phonétique qui se caractérise par l'abréviation du mot complet, en gardant uniquement quelques phonèmes ou syllabes).

 

[3] CGT : Concours Général de Théologie. Signifie également Confédération Générale du Travail : un syndicat français. Il figure comme l'une des principales organisations syndicales de salariés dans les élections aux comités d'entreprise comme parmi les délégués du personnel, et fait chier régulièrement les honnêtes citoyens en brûlant des pneus sur le chemin du boulot, et en brandissant des draps marqués à la hâte avec des slogans revendicatifs. Mon drap ressemblait donc tristement à ça.

 

[4] Pipole : Néologisme français tristement validé par les académiciens, et dérivé de l’anglicisme people au sens de « gens célèbres » et réécrit « à la française ». Apparu dans les années 2000 avec le développement de la presse du même nom (souvent encore écrit people). La fréquence de son emploi est un bon indicateur de la « starisation » constatée depuis les années 1980. Le terme anglais people étant issu du français peuple, on assiste à un amusant retour aux sources… latines : populus (« habitants, peuple »). Et ça va jusqu’à pipoliser/pipolisation… Alain Decaux doit se retourner dans son mausolée !

 

[5] Klaxon : marque commerciale déposée par la société Klaxon Signals Ltd. Le mot « klaxon » a été inventé par son premier fabricant, F. W. Lovell, d'après le mot grec « klazō », qui signifie « hurler ». Désormais, le mot Klaxon désigne communément un avertisseur sonore. Il a même formé un verbe dérivé : klaxonner, CQFD.

 

[6] Se mettre la race : expression argotique signifiant consommer à outrance, particulièrement des boissons alcoolisées et autres substances stupéfiantes. On peut se mettre le compte, une mine, minable, une cartouche… à peu près tout. Mais pas un doigt, ça c’est au rayon « cul ».

 

[7] Pléonasme magnifique !

 

[8] Verlan :  forme d'argot français qui consiste en l'inversion des syllabes d'un mot, parfois accompagnée d'« élision », un type d'apocope, afin d'éviter certaines impossibilités phonologiques. C'est en inversant les syllabes de la locution adverbiale (à) l'envers que le terme de verlan a été créé. Initialement utilisé comme langage cryptique dans les milieux ouvriers et immigrés de la banlieue parisienne, il s'est rapidement répandu à toutes les classes de population, notamment grâce à son usage au cinéma et en musique. Donc : yep > pié > pied > pieds.

 

[9] Le château de Miraval est un château-bastide de style provençal du XVIIe siècle, un domaine de 600 hectares avec pinède, oliveraie et domaine viticole de 30 hectares du vignoble de Provence situé dans la commune de Le Val, à un quart d'heure de chez nous. En 1841, l'inventeur Joseph-Louis Lambot, précurseur du béton armé, s’établit au domaine jadis propriété de sa famille. Nous, les cotignacéen.ne.s connaissons bien ce dernier, puisque notre bus scolaire passait tous les matins devant sa stèle. En 1970, l’excellent pianiste de jazz français Jacques Loussier (particulièrement connu pour ses adaptations jazzy de l'œuvre de Jean-Sébastien Bach avec le Trio Play Bach) achète les lieux et y fonde en 1977 le Studio Miraval, un studio d'enregistrement de classe internationale de 300 m2 où de nombreux groupes enregistrent dont entre autres : Muse, Pink Floyd (The Wall, juste ça), Sting, Sade, The Cure, Courtney Love, The Cranberries, Téléphone, UB40, Level 42, AC/DC, Wham!, Indochine, Téléphone, Chris Rea, Judas Priest, etc.. Le château de Miraval est, depuis 2008, la propriété du couple Pit Brade & Lara Croft qui achètent le château et son domaine pour la modique somme de 35 millions d'euros. Et voui, c'est pipole chez nous.

 

[10] De la funk : provient d'une excellente (je pèse l'adjectif) parodie d'une scène de Terminator, par le génial Mozinor. Voyez ici.

 

[11] Verlan.

 

[12] Verlan aussi. Un tarpé est une cigarette roulée à la main avec du papier à cigarette et un bout de carton roulé sur lui-même en guise de filtre, contenant le plus souvent du cannabis (herbe ou résine) mais qui peut aussi contenir d'autres substances psychotropes possiblement diluées. S’appelle également « oinj », « bédo », « stick », « buzz », « spliff », « cône », « pilon », « tarjon » etc.

 

[13] Beuh : apocope du mot herbe.

 

[14] Bout : Synonyme de résine de cannabis (en bon français à papa). Egalement un cas lexical intéressant puisque le nom commun est devenu nom substantif générique. On achète DU bout.

 

[15] Verlan toujours.

 

[16] Medge : autre appellation de tarpé. Probablement un anglicisme. Je dois ce terme à Dorian Maloine qui me l’inculqua dans les années 80.

 

[17] La Grande Santé : Ouvrage de Frédéric Badré, mort à l’âge de 50 ans, en avril 2016 de la SLA. Ce livre me fut offert au tout début de ma pathologie par un ami visionnaire : Christian Bar. Je me vois encore le lire pendant mon premier diagnostic à La Timone. Ce livre m’a incité à écrire Chaque Jour un peu Moins. C’est un ouvrage « inclassable », et bien sûr je vous recommande sa lecture. Editions Seuil. ISBN-13 : 978-2021241990. Achat online : cliquez-là.

 

 

 

 

 

 

 

That's all folks !


19/11/2017
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Village de Carac’ : 9 Novembre 2017

     L'automne est enfin arrivé et on se pèle le jonc[1]. On a profité de la présence de tous nos enfants pour repartir à l'aventure. En camargue, avec Tom, Sarah, Sharron et tous les ados. La solution camping et mobil-home met tout les payeurs dacodac, surtout les enfants. Cap aux Saintes Maries.

 

     La camargue :

Il y a des rempailleurs de chaise et des rémouleurs partout. Ces caracous[2] ont la peau tannée avec des rides de deux centimètres de profond. Le soir ils s'entassent dans des caravannes et jouent les tubes des Gipsy Kings avec les manches de guitare à la verticale. Ça vous va ou j'en mets encore un peu ? Passé ce cliché, les grandes étendues parsemées de chevaux blancs en liberté, et de taureaux tous noirs invitent à la découverte de cet espace protégé magnifique. Les filles partent pour une ballade à cheval, tandis que les garçons profitent du plat pays pour s'entraîner au longboard. La platitude sert aussi à inaugurer le premier prototype du Pull-EZ-Ollie™, une invention de Nath réalisée par Eric di Fruccia dit la Froutche. Il s'agit d'un attelage permettant d'accrocher le fauteuil roulant derrière un vélo, en ayant les roulettes avant relevées. Génial ! On s'est régalés à parcourir les pistes cyclables à donf-la-seuk[3], pour aller se boire un café en ville. Regards des passants interloqués. Le premier modèle nécessite une boîte à outils et un max de temps pour atteler/dételer mais le concept est validé. J'ai donc dessiné le prototype #2 dès mon retour, et là : attention les vélos ! Il va y avoir du sport. Le café au bistrot est salé, tout comme le thé Tchaï[4] à 3€80 de Nath. Le niveau du petit Rhône est si bas que l'eau de mer parvient au point de puisage de l'alimentation communale. Voilà l'explication, mais le serveur épaté par l'attelage encaisse quand même la note. Le tourisme ne s'arrête jamais aux Saintes Maries de la Mer, jamais. Même au coeur de l'hiver il y a des Schleus et des Rosbifs qui déboulent en camping-cars géants tractant des trikes[5], pour faire du kite-surf ou assister à des concentrations de bécanes. Autant dire que c'est fortement déconseillé d'y venir en période estivale. 2700 habitants, 122 restaurants... t'as compris ? Putain, j'aimerai bien avoir ce choix à Cotignac ! Bon, après, si c'est pour avoir la gardianne (daube) de taureau dans 99% des restos en placoplâtre cérusé, je préfère encore prendre le SUV 4X4 pour aller becter à 20 bornes. Mais on s'est fait un apéro huîtres fameux chez Ô Pica Pica, qui s'est transformé en repas interminable. Tenus par des jeunes qui envoient paître les clients pressés, ils ont tout bon ! Allez-y. 19/20. Leur site ici.

On a aussi visité Aigues-Mortes (Sharron pensait que cela s'écrit Egg-Mort, PTDR[6]) pour y trouver un resto. Magnifique cité fortifiée entourée par des canaux à péniches et les marais salins : là on s'est fait ouvrir en deux[7]. Sur nos fronts était apparemment écrit en gros "Moi touriste, encules moi !". Jusqu'au parking à 9€ les deux heures. Venez-y en vélo et apportez votre sandwich : vous garderez un bon souvenir de ce village exceptionnel.

 

     Les ados soda :

Concours de smart-phones est le premier truc qui me vient à l'esprit. Privés de Wi-Fi, ils se branchent en relais sur la 3G illimitée d'Ary. Leur bungalow est un four à micro-ondes géants. Victor a dépassé son forfait de 2300% comme par hasard.  On leur a attribué une maisonnette suffisamment distante pour être peinards. Sauf aux heures des repas où, comme par hasard, il.elle.s s'intéressent à nous. Les "en mode" fusent partout, insupportable tics de langage djeun's. Les filles sont en mode cocooning, les garçons en mode "brrré", autre nouveauté linguistique. Brrré équivaut au nouveau "J’t'ai cassé" de l'époque Brice de Nice. Les Brrré fusent également à tout boutchan. L'adolescent.e cherche à tout prix à paraitre mieux, avoir le dernier cri (au deux sens du terme), ce qui se traduit par une joute verbale incessante et le Brrrré est l'actuel ultime syntagme invincible.

 

     Le mobil-home PMR :

Revenant d'hôtels en allemagne et suisse, il y a comme un distingo[8] avec la camargue à gitans. Notre bicoque est aux antipodes du bio avec 100% de formaldéhyde rémanent et pertubateurs endocriniens à gogo (open bar H24). Les murs sont en plastoc, le sol est en plastoc, les huisseries sont en plastoc... Le seul truc en bois d'arbre est notre moulin à poivre Peugeot. Êvidemment j'observe la plombaille : les robinets sont à cartouche 34mm (autant dire jetable), avec 1% de laiton. Leur classe acoustique est : sous zéro. Quant t'ouvres un robinet, tout le quartier est au courant ! L'eau chaude est fournie par chauffe-bains gaz instantané à ventouse[9]. C'est bien. Mais avec ces mitigeurs Adöbal il démarre à chaque ouverture, puisque personne ne prend la peine de positionner la poignée sur "froid" AVANT d'ouvrir...  Le fournisseur de chauffe-eaux doit se gaver ! Voilà un cas où les mélangeurs sont préférables aux mitigeurs. -Charabia ? OK, mitigeur = une poignée, mélangeur = deux poignées. Là je sens que la majorité d’entre vous à ENFIN compris la différence. Quand à l'eau chaude, rigolons un peu : le mitigeur thermostatique de douche est équipé d'une cartouche que j'estime à quat'centimes puisqu'elle ne s'ouvre qu'au bout de 10minutes (ou 200 litres, choisissez). Au début j'ai cru que le chauffe-eau était placé à 500 mètres, ou que le plombard avait oublié son coupe-tubes (et laissé la couronne entière de PER[10] nu sous la caravanne). Bref, t'as le temps de te peler le noeud à poil, assis sur ton fauteuil PMR en plastoc, et après de bien te brûler le scalp... pire qu'un mitigeur normal ! La coque uniforme de la salle d'eaux est très fonctionelle toutefois et spatieuse. Ainsi que les portes coulissantes, deux points positifs.

Allons à la chambre. Impossible de tirer un coup : classe acoustique identique à la robinetterie. La télé doit faire un royal 13 pouces de diagonale... J'imagine la réponse du gardien : -Oui mais c'est au format 16/9... J'ai l'impression de regarder un aperçu de video en vignette. Le haut-parleur est identique à celui d'un Nokia 3310, quand quelqu'un chuchotte dans la pièce d'à côté tu ne comprends plus rien au film.

Sortons fumer : le deck en bois est réalisé par les employés du camping, ça revient bien moins cher au gestionnaire du camping (qui lui.elle, est assis.e sur une montagne d’or !). Rampe d'accès impeccable : 4 points. Vico s'en sert bien sûr de lancement pour son skateboard. Le bois choisi est du bois de noeud à pins (et pas le contraire). Y'a tellement de noeuds que la construction ne pourra tenir qu'une saison. Un poteau est placé devant la porte : LOL. Les plaques en plastoc à formes de tuiles ont été récupérées et sont percées en partie basse, donc quand il pleut, il pleut aussi sous l'abri. Les groupes extérieurs de clim sont posés sur des briques, tous en biais, trop laid. -C'est pour éviter les vibrations, dira l'installateur. -Oui, mais pourquoi vous ne les posez pas de niveau ? (là le mec cherche une parade…) -Abé c'est pour favoriser l'écoulement des condensats.... -Mouaip...

Tom avait une idée géniale : on enlève toutes les roues des mobil-homes, soit deux cent roues, pas évident mais à plusieurs c'est jouable. Le lendemain on fait venir l'adjoint au maire délégué à l'urbanisation (le Lazare du bled). -Dites, vos bungalows ils sont pas mobiles ! Allez, je vous donne 24H pour m'enlever tout ça ! Exécution ! Et il ajoute : -Qu'est-ce tu casses toi ? Con de carac !

Voilà un aperçu du bugalow PMR construit par O'hara (groupe Beneteau) qui se gave littéralement et encombre nos routes départementales dès le printemps venu. Note : passable.

 

     Le Tom :

Enfin réunis avec mon meilleur ami ! On n'a rien fait, mais on l'a fait ensemble et ça, ça vaut de l'or ! Tom a débarqué avec sa petite famille et il est drôle de le voir en tant que père responsable -rôle qu'il assume avec brio. Sarah, petit bout de femme mignonne et si british, fait un parfait lien entre Sharron et Nathalie, tantôt en anglais, tantôt en français. On ne s'était pas retrouvés tels quels depuis la Martinique en 2011. Tom donc, du haut de son quintal, porte toujours ses tongs[11] et un short, et a horreur qu'on en parle. Donc j’en parle. Novembre, Monsieur porte des tongues. -Non mais allo quoi ! Lors de la soirée apéro-huîtres en terrasse il m'aura quand même glissé à l'oreille : -En fait, je me pèle les couilles ! Mais chuuut, motus Ollie... Il aura fallu une tempête force tronze pour que le vois chaussé de baskets, mais sans chaussettes et toujours avec son bermuda estra-large. La dernière fois que l'ai vu chaussé remonte à Londres, 1990...  Je suis heureux d'être avec lui, et de voir tous nos enfants réunis. Les notres s'occupent des leurs, et le font volontiers. On passe notre temps à déconner et se démâter la tronche comme au bon vieux temps. Je le répète, rien n'est meilleur qu'être avec celles et ceux qu'on aime. Qu'importe l'endroit, qu'importe la sclérose : qu'elle soit en plaques, en tubes, en copeaux, en granulés agglomérés, latérale ou en pleine fatche ; on est bien tous les deux. J'écoute Tom parler, sa culture générale est immense et il est capable de rebondir sur n'importe quel sujet de conversation, qui plus est en deux langues. Rares sont ces gens là. Tom connait tous mes besoins et mes envies (boire et fumer, c'est pas très sorcier), ainsi que mes goûts -notion plus approfondie- comme seuls des amis de 45 ans savent.

 

     Les pipelettes :

Me voilà installé avec Nathalie et la belle Sharron que j’associerai toujours à Grace Jones, on se réfère à ce qu’on connait. Celle-ci a eu la bonne idée de se casser une jambe juste avant de partir. Je lui ai prêté un fauteuil roulant, donc Nath se fade deux aandjicapés ! J'aurais préféré que Sharron se fasse opérer de la langue, parce que entre les deux gonzesses j'ai l'impression d'être dans une manif’ du MLF[12] ! Je n'ai pas dit poulailler, encore une fois. Putain la tchatche ! Déjà que Nath est loquace... Mais alors là c'est Nath au carré ! En mode : j'entends plus ma radio. Je feins une fausse-route à l'occasion question de remettre mon sonotone (Zidane) à zéro. Le pire est que ces gentes dames sont un peu dures de la feuille donc on obtient une quantité (proche de 50%) de phrases répétées. Ubuesque : -Nath, laisses moi faire la vaisselle. -Attends, j'entends rien ici (elle s'approche). Quoi ? -Je dis laisses moi la vaisselle, je m'en occuppe. -Mais non, avec ta guibole en l'air tu vas galérer ! (Sharron envoit un message à sa fille, et relève sa tête, distraite). -Quoi ? -T'inquiètes pas je le fais. -Tu fais quoi ? -Et bien la vaisselle, toi t'as la guibole en l'air. -Qu'est-ce que ça veut dire guibole ? S'ensuit une explication d'argot qui nous amène cinq minutes plus loin. Sharron : -Alors qui fait la vaisselle? -Moi, toi tu te reposes. -Ah c'est bien. Bon, reposes toi, et moi je fais la vaisselle… etc.

Pendant ce temps la chronique matinale de Bernard Guetta m'est passée sous le nez, ainsi que la Revue de Presse, la météo... En fait Augustin Trappenard a pris l'antenne, carrément.

Nathalie a une patate d'enfer et son énergie ne cesse de m'épater. Elle s'ocuppe de moi, de Sharron, prépare à manger pour les ados affamés, pour nous, conduit le bus de croulants, me tire en vélo, prépare les réservations de tout le monde, gère les humeurs du groupe de djeun's, envoit 50 SMS à l'heure, répond aux appels de clients inquiets, et trouve encore le temps d'aller au sauna... Je vous l'ai déjà dit mais j'insiste : cette meuf est en or. Massif.

 

     Au royaume des caracs, il convient de choisir une musique en rapport avec les gitans. Gitan se dit Gipsy en rosbif. Allitération du dialecte médiéval, Gipsy provient de "egypcien" et non pas du plâtre (gypse). Je ne vous mettrai pas Chicot et ses rois gitans, ni ce bon vieux Django Reinhardt, non. Je vous laisse avec un titre des Fleetwood Mac inscrit en haut du palmarès des 1001 chansons qu'il convient de connaître selon moi[13]. Si ce groupe ne vous dit rien, allez vous jeter aux Goudes, pour de bon cette fois.  La voix caractéristique de Stevie Nicks me transperce littéralement et celle de Christine Mc Vie aussi. Toutes deux ont fait des albums en solo à écouter absolument. Gypsy fut écrit par Stevie Nicks en 1979, inspirée par l'époque où elle vivait avec très peu de moyens, telle une gitane. Elle dédia ce titre à sa meilleure amie décédée d'une leucémie. Le clip video coûtât une blinde et inaugura la "World Premiere Video" sur MTV en 1982. Je me souviens être resté debout toute la nuit pour changer les cassettes VHS[14] pendant l'émission "La nuit des clips" qui était pompée sur MTV. Gypsy en faisait partie.

 

En conclusion, demain sort mon bouquin « Chaque Jour un peu Moins ». Prosper youplaboum ! Ça y est, le manuel plombier devient écrivain de l’œil. Moi heureux. Je vous aime !

 

A tantôt.

 


 

 

[1] Se peler le jonc : Cette expression argotique nous vient d'une simple constatation physiologique : lorsque notre peau est soumise pendant un moment à un froid intense (et pire encore lorsqu'elle subit des chaud et froid), elle desquame, elle se détache par petits lambeaux. Autrement dit, elle pèle. Le jonc est un terme ancien argotique pour pénis. On peut se peler plein de choses : le cul, les couilles, le nœud etc.

 

[2] Caracou : Prononcez Caraaacou (accent tonique sur la 2e syllabe sinequanone !). Gens du voyage (du provençal caràco, gitane), que le langage populaire désigne aussi par romanichels, bohémiens, nomades, et que l'on utilise aussi à l'adresse de quiconque est un peu ambigu sur ses moyens d'existence, ou sur sa mise fantaisiste.

 

[3] À donf la seuk : Verlan de À fond la caisse, soit : à vive allure.

 

[4] De nos jours les buveu.rs.ses de thé ont la manie d’exiger des thés provenant d’origines exotiques, ils.elles ne savent plus se contenter du thé normal qui a le goût du thé. Pour les infusions c’est pire. Et après ils.elles se plaignent qu’un café coûte deux fois moins cher !

 

[5] Trike : Moto à trois roues ou plutôt moitié arrière de voiture (comprenant le moteur) avec l’avant d’une moto. Trike est un mot très intelligent formé suite à Bike (prononcez « baïk » et non pas « biquet »).

 

[6] PTDR : Pété(s) de rire !

 

[7] Se faire ouvrir (en deux) : Expression argotique bien salace signifiant se faire sodomiser. Inutile de vous faire un crobard.

 

[8] Distingo : Invention de La Poste totalement bidon. –Le suivi s’arrête à la frontière. M’avait-on dit lorsqu’après un mois mon colis n’était toujours pas parvenu à Varsovie. Et il n’est jamais arrivé !

Sinon distingo signifie tout simplement une distinction.

 

[9] Ventouse : Type de conduit d’évacuation des produits de combustion. Ici Type C1, soit concentrique ET horizontal conformément au DTU 61.1, au Cahier des Prescriptions Techniques Communes du CSTB N° 3592 et au DTA Référence Avis Technique Type 14/12 - 1728. Cela vous fait une belle jambe, et moi aussi. La règlementation « gaz » est impinable.  Un cauchemar pour les installateurs ! Retenez que la ventouse prend l’air (neuf) dehors et rejette l’air (vicié) dehors.

 

[10] PER : PolyEthylène Réticulé. Le polyéthylène est un des polymères les plus simples et les moins chers. C'est un important polymère de synthèse, avec le PP, le PVC et le PS. Sa production mondiale était estimée à 80 millions de tonnes en 2008, et il n’est absolument pas bio-dégradable, ni recyclable ! Y’a rien là ? En chimie des polymères, la réticulation correspond à la formation d'un ou de plusieurs réseaux tridimensionnels, par voie chimique ou physique. Cela sert à rendre le polyéthylène résistant à l’eau chaude.

Anecdote : lorsque je mettais « en eau » mes réseaux en PER, l’eau moussait pendant des heures… Mes réseaux en cuivre n’ont jamais sorti une eau moussante, eux ! Chercheur en cancérologie : voilà un métier d’avenir.

 

[11] Tong : Nu-pied, aussi appelée gougoune au Québec, slache en Belgique, ou encore savates deux doigts ou claquette dans la France d'outre-mer. Je suspecte l’appelation française de provenir de l’australien thong (qui en anglais signifie lanière, et mini culotte pour femme, appelée « string » en France…)

 

[12] MLF : Mouvement pour la Libération des Femmes.

 

[13] 1001 Chansons à connaître impérativement (pour briller en société) - Olivier Brenkman - Editions Paul Beuscher - 2009. 380 pages. Distributeur : Hachette Livre. ISBN : 978-2-7547-3872-9

 

[14]   VHS : Vidéo Home System : norme d’enregistrement de signaux vidéos sur bande magnétique de 1/2 pouce mis au point par la marque japonaise JVC à la fin des années 1970. Ce système l’emporta sur le V2000 et le Betamax de Sony.

 


09/11/2017
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Trip Advisor : 1er Novembre 2017

 

     Je célèbre trois ans de SLA. Statistiquement dans douze mois je m'étoufferai à jamais. Dans 10 jours je serai officiellement écrivain. Accrochez vous : l’œil me démange.

 

     Je sors de chez les Bar[1] et me dirige vers la rue principale de Le Val. Je recherche mon fourgon Mercedes MB100 gris que j’ai garé je ne sais où. En désespoir de cause je me dirige vers le stade sur la sortie vers Cotignac. J’aperçois un vieux Transporter VW à travers une porte de garage laissée entrouverte. C’est le fameux T1 tant recherché. Je passe la tête pour mieux regarder ce miracle, car oui, trouver un T1 en état relève du miracle. Ce n’est pas le modèle aux 23 vitres, mais bel et bien un split-windschield,[2] et donc un T1 ! L’immatriculation est suisse, et les propriétaires sont anglais, selon une affichette en rosbif expliquant qu’ils souhaitent s’en débarrasser à des conditions “honnêtes”. Putain, je sens qu’on va faire affaire ! (A fair affair comme chantait Misty Oldland sur un sample de Gainsbourg) Mais moi je cherche un moyen de rentrer à Cotignac à tous prix. Je regarde autour de moi : personne ! Je sors le T1 du garage et donne un coup de kick. Il démarre ! Je décide de “l’emprunter” pour rentrer. Une selle énorme couvre ledit véhicule. Je l’enfourche et me casse à balles[3], je m’étonne que les vitesses passent si bien, sans à-coups. Le célébre boxer ronfle comme une horloge, j’ai mis la main sur une perle ! Il tient l’équilibre lorsque je lâche le guidon, un frein moteur exceptionnel, le couple est au rendez-vous : c’est un moteur entièrement refait, yes ! En arrivant sur Cotignac, je me gare en vrac et monte en courant vers les Maréchaux[4]. Je vois Nath : -Nath, c’est la merde ! Je ne me souviens absolument pas où j’ai garé mon fourgon ! C’est grave ! -Ne t’inquiète pas mon chéri, ça va te revenir. Tu es toujours inquiet. -Oui, mais là j’ai vraiment un black-out ! Je m’étonne de ne pas mentionner que je viens de voler une bagnole (et quelle bagnole !), mais après tout, je suis le seul à le savoir, j’arriverai à porter ce poids psychologique tout seul. Il vaut mieux ne rien dire, il n’est pas exclu que je ramène ledit combi à son proprio. De toute façon sans carte-grise, ce n’est qu’un amas de ferraille.

Je ressors à la recherche de mon fourgon. Je suis sidéré par ce trou de mémoire. Je vérifie les hauteurs de Cotignac : Place de la Mairie, au Théâtre, Place du Marronnier : rien ! Je redescends vers le Cours Gambetta en passant par le Marais, la Poste, puis la Place Neuve dès fois que je me sois garé par là… Et j’aperçois le T1 laissé en plein milieu de la route, créant un bouchon géant ! -Putain, mais qu’est ce que j’ai aujourd’hui ? Je ne me souviens pas d’avoir abandonné le combi là ! Au beau milieu, devant le dentiste belge. Portes ouvertes, les badauds s’extasient. L’immatriculation helvète joue en ma faveur. Je mets mes lunettes de soleil pour ne pas être reconnu, ferme les portes et saute au volant, pour m’esquiver par la rue Saint Joseph. Notez que le deux-roues à selle estra-large est redevenu une camionnette, va comprendre ! Au bout de la rue je m’aperçois que les freins sont totalement morts ! Je réalise qu’en venant ici je n’avais pas utilisé les freins du tout, usuel en deux-roues quand on utilise le le frein moteur abonné sciant. Je me dis, avant même de passer la première pour ralentir mon élan, que je vais avoir des frais considérables, et que, aussi beau soit il, ce véhicule a presque 60 ans et qu’il a bel et bien l’âge de ses artères (enfin, de ses rouages). Je me faufile tant bien que mal dans le traffic, en jonglant avec le frein à main et l’embrayage. Je me laisse glisser jusqu’au pont de la Cassole et profite de mon élan pour monter au stade d’un coup de troisième avec ce pétaradement caractéristique des air-cooled flat four[5]. Je tousse violemment, ce qui crée une saccade au niveau de la pédale d’accelération, et donc un violent à-coup dans l’élan. C’est pour ça qu’on met des manettes “throttle” sur les katkaate[6] : pour libérer les pieds. Ce n’est pas pour faire le kéké en marchant à côté de la bagnole comme on a tous essayé de le faire un jour…

 -Ça va Ollie ?

-Nrrgh ! (Ce qui signifie –Saloperie de  glaire ! J’étais dans un super rêve !). Et comme toujours, je ne réussis pas à retourner dans mon rêve ! Nous sommes en Allemagne dans un Gasthaus[7] typiquement allemand au centre d’un p'tit bled paumé au milieu de la forêt noire. Voilà l'intro et le décor planté.

 

     On a décidé de se casser au Nord pendant les vacances scolaires pour montrer aux garçons l'intérêt que présente l'apprentissage de l'allemand, et re-découvrir ce pays (tous deux y sont déjà allés). La visite d'usines de voitures, notamment Volkswagen est la cerise sur le gâteau pour nos mécaniciens esthètes. Je ne vous raconterai pas le voyage, je préfère décrire des endroits et les protagonistes. -Achtung, da gehen wir.

 

-Notre combi Volkswagen TPMR:

     Le cocon familial, avec chacun sa place et ses rôles. C'est un bordel monstre avec de la bouffe, des vêtements et des "effets personnels" mélangés partout. Normal. On a pris deux fauteuils roulants, le second servant principalement de caddy à bagages, très pratique. Notre moteur (le fameux 5 cylindres à distribution par pignons) tourne comme une montre. Sa compression est telle que lors d'un calage inopiné, il n'a pas bronché d'un yotak[8], détruisant sur le champ un cardan. La guigne légendaire des Brenkman en vacances : changement de programme ! Nous voilà dans notre cocon immobile, un dimanche soir en plein Stuttgart. Bref, trois jours à pied et mille euros plus tard, on reprenait la route, écourtant notre périple. Du fait, on n'aura pas vu le but ultime du voyage : l'usine et musée VW. Mais on s'est très bien rattrapés par ailleurs et, sauf la dépense, cette aventure aura rajouté un piment unique à notre aventure.

 

-Das deutsche Volk :

     En quatre jours de ville intense je n'ai vu qu'un seul cul potable. Les femmes bosch[9] ont TOUTES des gros culs et des visages ordinaires. Excusez-moi, mais en fauteuil on ne voit pas les visages en premier, et quitte à choisir, je préfère regarder la gente féminine (qui manque donc cruellement de féminité en Allemagne). Ma tronche de punk n'a effrayé personne, plutôt le contraire. L’aandjicapé est aux petits oignons et le civisme est une notion inculquée à tous : c'est très agréable. Ce n'est pas à Marseille qu'on ressentira cela ! Quelques (c)roulants m'ont salué et même félicité pour mes roues. Les Schleus adorent le tuning, et surtout les gros moteurs. Une voiture sur trois a un moteur surdimensionné et fait un "beau" bruit de moteur. La transition énergétique n'est pas leur obsession, étrangement. Les boucaques[10] viennent principalement de Turquie et représentent naturellement la main d'oeuvre allemande. Les deuxième et troisième génération sont absolument intégrées quoiqu'en disent les 92 sièges au Bundestag du AfD[11], le parti d'extrême droite en plein essor. Bon, je ne suis qu'un touriste à Stuttgart, ma vision est donc extrêmement réduite et hautement subjective. Mais quand un chauffeur turc de taxi s'exprime dans un parfait allemand et se plie en quatre pour faire découvrir SA ville, moi je dis : -Respeckt !

 

-Le musée Mercedes-Benz à Stuttgart :

     Cris de joie des garçons à qui on avait caché les destinations finales. L'endroit est spectaculaire de par sa conception en spirale façon MOMA de New York. C'est immense. Passé les carosses à roues en bois motorisés par l'oncle Benz lui-même, on accède aux beautés des années cinquante, aux moteurs 12-en ligne d'avion, aux camions dont le fameux Unimog que je kiffe depuis mon enfance... Force est de s'incliner devant un tel savoir faire. PSA[12] et Carlo Zgonn[13] peuvent se rhabiller. Bien sûr on arrive sur les sportives, la Formule 1, les SUV[14] et autres berlines[15] de luxe rallongées pour personnalités. Les séries CLK me rappellent un certain Emmanuel Roure. Avec Tom on kiffe les moteurs sur piédestals, nos mâchoires tombent littéralement par terre. -T'en veux des cylindres en V ? Boutiques, restos, bars, coin fumeur extérieur arboré, accessibilité totale partout : tout y est ! Je note 19/20. Leur site ici.

 

Le Victor :

     Garçon de douze ans en opposition constante avec son grand frère, normal. Selon Tom : -Il ne sert à rien ! Lorsqu'une occasion de rien foutre se présente il saute à pieds-joints dessus. C'est un fainéant distrait, mais terriblement attachant et très drôle (sans chercher à l'être) : un Pierre Richard quoi. Vico est sensible à l'esthétique des choses, il retient les mélodies de nombreuses musiques, il aime l'exotisme et les langues étrangères. Il fabrique le pain et les yaourts pour la famille, et cultive son potager. Il part escalader des parois vertigineuses dès que possible. Comme tous les petits garçons il veut jouer, s'amuser et ne pas forcément suivre son grand frère. Il a décidé que son souvenir de Suttgart serait un longboard[16] magnifique qu'il a acheté avec ses sous. Victor a une pertinence incroyable dans ses remarques, et cloute le bec à qui il veut, ce qui lui dessert également souvent : normal aussi. Il est mon meilleur interprète, et mon fidèle serviteur dans le combi. Il me casse les couilles à chaque cigarette mais me fait marrer sans cesse. Il aime lire des vrais livres en papier, ce qu'il fut pendant le trajet malgré la tentation des tablettes. Enfin, il préfère de loin les filles aux moteurs thermiques et autres mobylettes. Difficile de s’inscrire en faux.

 

-Le Gasthaus en forêt noire :

      Nous avons fui la ville dès récupération de notre cocon TPMR. Direction la Suisse. Nath aura réussi à nous trouver LA perle authentique malgré toutes nos embûches. Il est bon de voyager avec une pro du tourisme, rendez-vous compte de la chance que j'ai eu toutes ces années ! Nath et moi avons fait le tour du monde, et ce n'est pas fini… L'auberge nous accueille à table malgré l'heure d'arrivée tardive. Le serveur nous prépare un appartement entier et nous sert des spécialités astap[17]. Ça c'est se sentir comme à la maison ! Murs en pierre et planchers en bois d'arbre, ascenseur : je pardonne toute inaccessibilité du reste. Le mec mérite des bises. On se sent en Allemagne plus que tout. Pas de douche PMR, mais sinon c'est là qu'il faut aller : 18/20. Leur site ici.

 

 

-Le Thomas :

     Du haut de ses 17 ans, il est l'homme de la famille sur qui reposent désormais des dizaines de responsabilités puisque je suis devenu un léguminé. Tom a hérité de ma dextérité (qui l'ignore encore ?) et le sait : ça c'est l'inconvénient. Il a le melon comme sa soeur, on se demande bien de qui cela provient... Claire est obsédée du Narcisse, Tom arrive juste derrière avec cette manie des selfies, et l'hyperconnectivité permanente. Tom doit absolument partager toute capture numérique immédiatement, à l’instar de ses congénaires. Sa priorité en terra-incognita est de trouver un réseau Wi-Fi, et il excelle en la matière. Tom a un goût de chiottes pour la musique et aime écouter Eminem, c'est dire. Il est mon chauffeur attitré, rue son père à vive allure dans le fauteuil roulant avec une précision et une douceur extrêmes. Il aime faire du bruit avec mes roues estra-larges qu'il a montées rayon après rayon, on ruine les surfaces lisses des musées avec un crissement de pneus. Lorsque les vigiles s'approchent on bénéficie de l'immunité aandjicapé. On profite de tout ! Tom adore déconner avec son reup. Il conduit le combi avec aisance, même un peu trop vite. C'est la "conduis-t'accompagner". Thomas est toujours volontaire, serviable et dévoué (comme sa mère) et sacrément inventif pour trouver toutes sortes de solutions. Il aime tous les sports individuels et se soucie de sa forme physique sans cesse. Adepte de la malbouffe, il mange des quantités astronomiques et ne prend pas une once. Il est littéralement standing in Daddy's shoes puisqu'il va jusqu’à me chouraver[18] mes bottes, mais c'est avec joie que je vois mes jouets et mes effets personnels trouver une deuxième vie.

 

-Le musée Porsche à Stuttgart :

     On s'y rend par défaut, devant attendre la réparation de notre combi. La sculpture extérieure présentant trois modèles de Porsche présentés comme des sucettes géantes donne le ton :  ici on ne fait pas dans la voiture du peuple, ici tout est fait main. Le musée est archi moderne, nouvelle démonstration du savoir-faire architectural allemand. Je m'avance un peu : autant l'archi était portuguais... mais on s'en branle. Aluminium poli et revêtements blancs laqués, rien n'est laissé au hasard. Cette fois-ci j'accepte un audio-guide (made in China par des robots, lui). J'en ai marre d'attendre bêtement que cel.ui.le qui me pousse attende la fin de l'histoire avant de me diriger ailleurs : autant écouter le même truc. A part la Porsche type 356[19], je ne m'attendais à rien de transcendant. Et ce fut le cas. Quand t'as vu une 911 Carrera, t'as à peu près tout vu. Les trophées aux 24H du Mans, la Cayenne à jantes 32 pouces je m'en balance. Ferdinand a beau eu inventer un tracteur diesel, les SUV Macan à moteur gaz-oil sont ridicules. Si tu roule en Porsche tu as un moteur boxer essence, et tu regardes pas à l'économie (épi t'as pas de minots) : -Non mais, Allo quoi ![20] La motorisation boxer Porsche intéresse beaucoup Thomas qui compte bien se retaper une Coccinelle VW dès le permis B en poche. La boutique est fermée, on nous renvoit vers le magasin Porsche en face. Notez que ce n'est pas une concession de concessionnaire, ici on ne concède rien. On y vient de la planète entière pour s'offrir le luxe, et l'usine tourne plein tubes. Respect ! C'est ça une économie prospère, sakon veut montrer aux enfants. Note du musée : à moins d'être passionné par la marque, évitez. Je mets un royal 10/20.

La suite est moins rutilante : venus en taxi turc, Nath décide d'économiser vingt euros et retourner à pinces. Sortis de cet espace de luxure, nous voilà marchant au bord des routes de banlieue comme de véritables clodos paumés. Je me pèle les couilles avec ma veste en coton de provençalou ensolleillé. Le GPS du téléphone annonce 6 KM, une paille ! Ledit guidage ne tient pas compte des escaliers... Au premier arrêt de métro venu je pète un plomb. Je finis par convaincre le groupe et nous voilà debouts dans le U-bahn, avec les commuters[21] teutons. Un peu de chaleur humaine et cette odeur caractéristique (et internationale) du métro. Du coup on a carrément acheté des moufles et une écharpe.

 

-L'hôtel Mercure :

     Une accessibilité exemplaire. La chambre est immense, on peut y faire demi tour en vélo. La salle d'eaux est également un modèle d'accessibilité : absolument tout est réfléchi et parfait. Les hôtels français ne leur arrivent pas à la cheville, et je pèse mes mots. Même le carrellage est parfaitement aligné, du sol au plafond, du jamais vu en France. La cuvette suspendue est du type longue et lorsque on installe un mollusque de ma sorte dessus, il s'allonge comme dans un canapé. Nath dit que c'est pour les Fritz à gros bide : fou rire. Autre cas : la cuvette trop basse (dans une aire d'autoroute) où mes doigts touchaient le sol, une fois les bras pendus. Vision de singe au zoo pour Nath qui ne s'arrête plus de rire, et moi itou.

Les deux nuitées en week-end étaient -on va dire- abordables, mais quand est venu l'imprévu du cardan on est passé à 245€ la nuit par chambre. -C'est le tarif en semaine, nous dit la chinoise en souriant jaune à la réception. Finalement on est moins contents, et le p'tit dèj' à 19€ ils peuvent se le carrer là où Schpanz. Heureusement que les garçons ont littéralement dévalisé le buffet en se re-servant douze fois chacun (c'est vraiment hallucinant ce qu'ils ingurgitent à chaque repas !). Bref, 12/20.

 

-La Nathalie :

     Par où je démarre ? Difficile de résumer ma moitié, il me faudrait deux Tomes ! D'abord Nat ne part jamais sans avoir au préalable établi un carnet de route mûrement réfléchi. Je l'ai dit plus haut : voyager avec Nat c'est vivre une expérience inoubliable à chaque partance. Lorsque j'étais valide je me souciais de mon passeport, de la santé du véhicule, et c'est tout. Nat prépare tout, pense à tous mes besoins : la pillule pour chier, l'essence à briquets, les pailles, le mohammed Ali... tout ! Elle conduit le combi sans broncher, surveille scrupuleusement tous les faits et gestes pour la conduite accompagnée de Tom. Elle nourrit ses oisillons pendant que papa-Aigle sans ailes régurgite la bière sur son plastron en Sopalin[22], elle se nourrit toujours en dernier. Elle fait 99% de mes transferts, patiente pendant que je savoure mes sibiches baveuses. Nat se fade le déshabillage du conjoint tétraplégique, les transferts craignoss dans les salles d'eaux, me retourne la nuit, entend tous mes gémissements pendant son sommeil réparateur. Elle se couche après, se lève avant. Ma moitié fait toutes les formalités à chaque établissement, paye toujours tout le monde et n'ose jamais gruger. La maman des poissons gère les humeurs des adolescents, et les pourrit quand ils poussent le bouchon pour papa-carpe muet. Elle se débrouille d'expliquer à un garagiste teutonique et monoglotte qu'un cardan vient de lâcher, et que la Dacia de prêt ne servira à rien pour déplacer son mari aandjicapé émincé dans son jus de fauteuil et sa farandole d’accessoires. Pendant tout ce micmac[23] elle réussit à répondre à ses clients qui se dorent la pillule en Provence et qui n'arrivent pas à allumer leur barbecue, ou qui ne comprennent rien au contrat qu'ils ont signés... La Nat se soucie en permanence de mon bien-être, anticipe tous mes besoins, pousse mon fauteuil roulant qui sert de dépôtoir familial et pèse une tonne, pour permettre à ses grands garçons d'évoluer en longboard et goûter aux revêtements lisses urbains. Elle s'efface et pense toujours aux autres avant de s'occuper d'elle. Nathalie est visionnaire et prévoyante et je réalise (longtemps après elle) que ce pourrait bien être le dernier voyage à l'étranger avec Tom, puisque comme Claire, il quittera la maison bientôt pour devenir étudiant. Enfin, vous avez compris, Nathalie a des épaules ça comme et représente la colonne vertébrale de toute notre famille. Elle est tout, et sans elle rien ne serait possible. -Y’a pas Meuf en or, là ?

 

-L'hôtel "Bio" en Suisse :

     Sur les hauteurs du lac de Neuchatel, la vue est spectaculaire. Seulement le bruit de cloche des vaches : un havre de paix, avec à nos pieds le lac, et en fond le Mont-Blanc avec sa ligne de crêtes alpines enneigées. L'endroit se veut entièrement "bio", avec des produits locaux seulement, garantis 100% naturels. La clientèle est du type Bo-Bo / "ancien soixante-huitard" à cheveux gris longs attachés qui fait des séances d'énergie spirituelle et ce genre de conneries. L'accessibilité est bonne, sans plus. On retrouve en Suisse la rigueur allemande, mais agrémenté d'âme : c'est un parfait mélange harmonieux. Sanitaire irréprochable et asymétrie (notion inconnue chez les Schleus), couleurs et boiseries ajustées au micron : chapeau bas ! Le receveur de douche est en tôle émaillée, ce qui est une très bonne solution pour arriver à des formats très grands tout en ayant une hauteur minimale. Il n'y a que les pays latins pour encore essayer de fabriquer des receveurs en grès qui sont toujours voilés, intransportables, fragiles et te laissent un tour de reins[24] à chaque pose. Vous l'aurez deviné : c’est du vécu.

Les ondes Wi-Fi n'étant pas "bio", on propose aux clients nécessiteux de se connecter un câble ethernet. J'approuve carrément ! -Oui mais Madame, j'ai une tablette... -Rien à foutre, pas content c'est pareil ! Par contre le silicone de l'écran de douche n'est pas bio, ni le fond du meuble Ikea Adöbal[25] dont le mélaminé expire des formaldéhydes, ni le pot en plastoc qui contient le savon (bio ?) de bienvenue, etc. Je pousse le bouchon, mais ils l'ont cherché. Vient le temps du repas. Pour la seule fois du périple on met les pieds sous la table à une heure normale : on ne peut pas avoir la crémière du beurre et aussi la ponctualité... La crémière me plait plus que la ponctualité. Vue sur le Mont Blanc, messages philosophiques sur les lampes, bibliothèque de bouquins sur le bien-être, boutique bio : ça sent le baba-cool.

On est bien... jusqu'à ce qu'apparaîssent les prix. Au diable les varisses, je mange donc le tartare de boeuf le plus cher du monde : 38€. -Ah, pour ce prix là, il peut l'être, bio... Tcheudecong ! Le verre de blanc (même pas rempli) me coûte 8€, etc. Victor ne cesse de sortir des vannes au deuxième degré, seul moyen de rester zen dans ces conditions. Exemples : -Maman, t'as apprécié ta boule de glace à quatre euros cinquante ? Pour le même prix t'en a un kilo chez Lidl. Ou bien, une fois dehors en lâchant une grosse caisse : -Ça c'est un pet bio à neuf euros nonante ! Du haut de ses douze ans Victor a une répartie remarquable et me fait souvent pleurer de rire. En somme, l'auberge est superbe mais mieux vaut avoir du fric, un lieu commun en Suisse. J’en profite pour signaler que litre de gazole suisse est à 1,87€ !  Le jour où le bio sera réservé aux pauvres, ça ira nettement mieux. Allez, 13/20. Leur site superbe ici.

 

 

-Le Volkswrecks museum de Saint-Sulpice :

     La récompense ultime de notre escapade. Tom voulant une Beetle VW, et n'ayant pas pu monter à Wolsburg -berceau de Volkswagen- Nath a su dénicher cette collection privée qui vaut franchement le déplacement. Un gonze a acheté plusieurs coccinelles à l'âge de vingt ans. Une tempête ayant ruiné son travail de restauration en cours, il a décidé de commencer une collection d'épaves VW (wreck = épave). Aujourd'hui il possède plus de 180 modèles VW ! Tous mis en scène dans un immense hangar, c'est absolument génial ! Bien sûr, de nombreux T1 split-windschield (mon rêve était bel et bien prémonitoire !), des Cox partout, des buggies, des limousines[26], des amphibies... you name it ! Un paradis pour mécanos ! Un bar nocturne accueille des groupes locaux dans un décor et des meubles fabriqués entièrement avec des pièces de VW. Mieux que le vrai musée, ici on peut toucher les pièces, laisser sa main carresser une courbe de carosserie (pour Selz & Sö qui ont des mains, LOL), monter à bord. On peut même y acheter des pièces introuvables ailleurs. Das Museum macht die Kindern froh, und die Erwachsene also[27]. La maman du génie nous accueille avec une gentillesse incroyable, nous explique toute l'histoire, les garçons boivent du petit lait ! Nous dépensons nos derniers francs suisses et euros en souvenirs, cette fois-ci de vrais objets intéressants et abordables. Ici pas de boutons de manchette "PD" (pour Porsche Design) à 780€, mais un piston de Cox usagé et poli reconverti en cendrier à 10€. Sakon'em ! Du vrai, du familial, de l'abordable, de l’authentique. Allez-y. 20/20 ! Leur site ici.

 

-Le légume pas bio :

Je terminerai par moi, le papa qu'on aura trimballé partout et qui pèse un âne mort. J'estime avoir une chance incroyable d'avoir Nat et les enfants, plus une bande de potes attentionnés et capables. A notre retour le Turn-EZ-Ollie™ m'attendait fier comme un bar tabac. Chaque départ est une inquiétude, chaque retour est un soupir : le voyage est le dada des Brekkies[28]. Nos minots ont l'esprit ouvert sur le monde, ce sont des graines qui dissémineront partout après mon départ. Je suis heureux. Malade mais heureux. Voilà tout.

A tantôt.



[1] Bar : nom propre, et voui. Des clients devenus des amis très chers. 

 

[2] Split windschield : comme son nom l’indique pare-brise séparé (donc double). C’est à cela que l’on reconnait un T1 de la première série (soit le plus joli modèle construit par VW).

 

[3] Faire quelque chose à balles : le faire à fond, rapidement, intensément. Etymologie : provient de mon fils Thomas. Origine inconnue à ce jour. Quand je lui demande de m’expliquer d’où provient cette expression, il me répond avec cette délicieuse nonchalence : -On le dit tous !  Nous voilà renseignés.

 

[4] Le 25, rue des Maréchaux était l’adresse de notre maison familiale à Cotignac. Ce fut la première et la dernière.

 

[5] Comme son nom l’indique un moteur 4 cylindres à plat refroidis par air, et non par eau. On dit Boxer parce que les pistons se « boxent » en opposition contrairement au traditionnels 4 cylindres en ligne verticaux. Comme pour le moteur de la 2CV (deuche), la ventilation forcée crée une signature accoustique caractéristique et un son unique reconnaissable entre mille.

 

[6] Katkaate : la plupart des possésseur.e.s de véhicules dits « 4X4 » pratiquent l’élision du X (« fois ») ainsi que le R de Quatre, donc on obtient un infâme Katkaate.

 

[7] Gasthaus : Mot composé de Gast (« hôte ») et de Haus (« maison »). Restaurant ou Auberge. Ne pas prononcer Gastoos comme Renaud dans Laisse béton.

 

[8] Ne pas bouger d’un iota : Via le latin iota, du grec ancien ἰῶτα, iỗta : petite quantité négligeable, presque rien. L’expression ne pas bouger d’un iota vient de l’évangile selon Matthieu : « Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise »

 

[9] Bosch : (familier) Allemand(e), tout comme les appellations Fritz, Shleu, Schlemoute, Teuton, etc.

 

[10] Boucaque : Du japonais ぶっかけ, de 打っ掛け, bukkake (« éclaboussure »). Terme signifiant immigré. L’origine est locale, de Cotignac. Etymologie incompréhensible. Je me renseignerai, promis.

 

[11] AfD : Alternative pour l'Allemagne (en allemand : Alternative für Deutschland, abrégé en AfD) est un parti politique eurosceptique allemand, créé le 6 février 2013 et lancé officiellement le 14 avril suivant à Berlin.

 

[12] PSA : Peugeot Société Anonyme. Groupe PSA est un constructeur automobile français qui exploite les marques automobiles Peugeot, Citroën, DS, Vauxhall et Opel depuis le rachat de la division européenne de General Motors en mars 2017.

 

[13] Carlos Ghosn est le PDG du groupe Renault depuis 2005, il est également président du conseil d'administration et ancien PDG du groupe japonais Nissan depuis avril 2017. Juste pour rigoler, en 2012, il perçoit 11,2 millions d'euros, soit un salaire fixe de 1,23 million d'euros et une rémunération variable de 1,01 million d'euros plus une rétribution de 8,93 millions d'euros…

 

[14] SUV : Sport Utility Vehicle. Type de voiture totalement débile pour mecs à petite bite.

 

[15] La berline, à l'origine, est une voiture hippomobile construite à Berlin pour l'électeur de Brandebourg.

 

[16] Le longboard ou longskate est une planche à roulettes d'une longueur supérieure à celle d'un skateboard classique, qui permet notamment d‘évoluer à des vitesses bien plus élevées que celui-ci.

 

[17] ASTAP : (Adjectif) Apocope de à se taper le cul par terre.

 

[18] Chouraver : Rien à voir avec le chou rave. Chourave vient du romani čorav (« je dérobe, je vole »). Soit en argot Voler, s’approprier le bien d’autrui.

 

[19] Porsche type 356 : La plus belle Porsche jamais construite. Je la découvrais dans un clip vidéo de Huey Lewis & the News en 1984 (I want a new drug). Trop pauvre pour l’offrir à ma femme, je trouvais une Daihatsu Copen dont les formes toutes rondes sont inspirées de la fameuse roadster Porsche.

 

[20] Triste preuve de célébrité formulée par une bimbo dépourvue de cerveau lors d’une émission de téléréalité lobotomisante (double euphémisme !).

 

[21] Commuter : terme anglais pour navetteur. La mobilité pendulaire, ou alternante, est un phénomène caractéristique des métropoles et de leurs zones péri-urbaines dû à l'étalement urbain et de la division spatiale des activités, notamment par le zonage. L’expression désigne les déplacements quotidiens des personnes de leur domicile à leur lieu de travail et inversement. On parle aussi de déplacement pendulaire.

 

[22] SOPALIN : SOciété du PApier-LINge. Nom commercial devenu générique comme Frigidaire.

 

[23] Micmac : (Familier) Confusion inextricable. Du néerlandais muyte maken (« faire une émeute »).

 

[24] Tour de reins : lumbago. 

 

[25] Adöbal : A deux balles !

 

[26] Une limousine est une voiture hippomobile originaire, comme son nom l'indique, de la région du Limousin. Le nom de limousine a été donné par la suite à un type de carrosserie automobile comportant trois glaces latérales (de chaque côté), puis par extension à de grandes voitures de luxe et actuellement à des carrosseries (limo) de longueurs démesurées.

 

[27] Phrase inspirée du slogan de Haribo. Vous n’avez pas de connaissances en Allemand ? C’est con ça.

 

[28] Brekkies : Marque de croquettes pour chats ayant inspiré Christophe Veran (alias Bèèèbou) pour me trouver un sobriquet pendant nos années d’école primaire. Le surnom est resté, les Brekkies signifiant nos trois enfants, et plus généralement nous cinq.

 

Si vous avez lu jusqu'ici : chapeau bas !


01/11/2017
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Mad Max : Samedi 28 Octobre 2017

     "Les siècles des siècles". C’est à cette phrase que je savais qu’il fallait dire “Amen” pendant les messes.  J’aime bien cette locution, je voulais en faire un nom de groupe ou un nom d’entreprise. A chaque messe j'écoutais l’assemblée chanter et me demande pourquoi certains prononcent le [ks] en [ksch], c’est moche et ça s’entend à des kilomètres. Exemple : Gloria in excelcis Deo (Signifiant gloire en l’excellent déodorant en ancien latin). Y’en toujours plusieurs qui chantent Gloria in exchelcis déo ! Pourquoi ? On ne dit pas exchéllent, je m’exchuse ou je suis tout exchité ! J’étais littéralement exchédé … Du coup je faisais ekschprè d’accentuer le [ch], c’était tellement bon !

 

Voilà une intro œuchuménique. Ça change un peu. Au dernier crash de mon Mac (non ce n’est pas un gag[1]) j’ai perdu les rangements de toutes mes photos, pas les photos heureusement. Mais à la réouverture de ladite photothèque c’est un peu comme si un mec traîne un énorme sac poubelle à tes pieds et te dis : -Tiens bonhomme, t’inquiète pas, toutes tes photos sont là ! Allez, salut ! Oui, super : 15000 photos en vrac ! -Ah, oui mais elles ne sont pas perdues ! Certes… merci. Se mélangent donc les souvenirs avec les visuels du boulot, les marriages des potes séparés depuis, les sorties scolaires où y’a des milliers de photos bidon du ciel ou d’un animal de zoo, les clichés partagés de 400 plombiers partis à Cuba… Vous voyez la détresse ? Seul critère : la date du fichier. Avec du recul, seules les photos de personnes connues restent intéressantes à garder, et surtout les portraits. A part quelques photos réussies tout le reste peut être tèj’ à poubelle. Aux funérailles on ne montre pas des photos de paysages ou de moteurs : non, on affiche des gens, des visages du passé. C’est de ça dont on veut se rappeller. Non, je ne suis pas en train de préparer un diaporama pour mes funérailles, mais une boîte rangée où ma descendance trouvera l’essentiel. Voilà, et c’est un bordel monstre ! Mais on est tous pareil : on décharge nos iAppareils sur des disques durs sans cesse grossissants, et on procrastine le tri à des “journées pluvieuses” et il ne pleut jamais (et lorsqu’il pluviote on sort de joie). Qui de vous (à part Pierre Leduc) range toutes ses photos dans des nalbom ? Dégun ! Ebè moi, jexa afoute donc je mia-telle. A raison d’une année de photos par jour, il me faudra bien trois semaines…

 

 

Du Coca Laan, quelques bonnes nouvelles du front (le gros front de Mimosa, rappellez-vous) :

 

-Preums : Mon éditeur m’annonce que le livre sortira le 10 Novembre 2017. Je vous livre l’info en avant-première ici : https://www.editions-pantheon.fr/catalogue/chaque-jour-un-peu-moins/ Cher.e.s ami.e.s lecteurs.trices à vos marques ! Nathalie a déposé un dossier de présentation aux libraires du coin (dont évidemment la Maison de la Presse à Cotignac, et le Bateau Blanc à Brignoles). Vous pourrez également vous le procurer dans toutes les librairies distribuant du Hachette (soit partout), et en version numérique sur les principales plates-formes de téléchargement payants, genre Kindle, Amazon, FNAC…

J’invite mes lecteurs.trices métropolitain.e.s à distribuer des fiches de présentation dans leurs librairies favorites afin de promouvoir ledit bouquin, siouplé… Je vous mets la fiche dans une page du blog (sel bordel, mais en fouillant bien vous trouverez, c’est la foire d’Ampogne[2] ce blog !), sinon je l’envoie avec plaisir par courriel à qui m’en fera la demande.

 

-Deuzz’ : Le fameux Roll-EZ-Ollie™[3] existe ! Je dors dessus ! Ça y est. Grâce à une équipe de pros à qui je me dois de rendre hommage présentement. Patrick Gattini, travaillant pour un fabricant de stores a fourni les moteurs et les rouleaux ainsi que les roulements. Olivier Rous, ferronnier averti, a réalisé les soudures, et fouillé dans son fourbi pour trouver les bonnes pièces. Simon van der Meijden a réalisé tous les ajustements, fraisages et perçages, et reconverti les tubes carrés et autres necéssités. Daniel Momenceau, électricien de renommée, a réalisé tout le câblage électrique ainsi que les télécommandes. Anne Momenceau a réalisé les coutures du “scratch”[4] sur le drap fourni par Claude et Edouard Papazian, tailleurs retraités à Lyon. Enfin, papa Paul Brenkman a fourni les vérins, 100 mètres se scratch, s’est occuppé de la logistique et a pris la tête à toute l’équipe pour qu’ils se bougent le cul comme un Brenkman sait faire !

La réalisation s’est faite en un temps record de 48 heures, pendant que moi je me grattais les couilles[5] à Stuttgart, j’y reviendrai. Bref, mon bon vieux lit médicalisé de malade croulant qui schmecte ressemble maintenant à une création issue des décors de Mad Max ! C’est le style Rat’s[6] comme je l’aime ! C’est pas du tout comme dans ma vidéo (l’esthétique du moins), et c’est tout que j’aime. Y’a des moteurs partout, avec plein de câbles… trop bon !

Nathalie a compris l’intérêt de la chose et s’amuse désormais à me retourner comme une crêpe sans même me toucher : excellent ! Tant pis pour la société Danoise Vendlet qui n’aura pas réussi à me vendre “son” invention : on a pompé son modèle comme des chinois ! Même en rétribuant royalement les participants à ce projet, on n’arrivera jamais au prix exorbitant que le distributeur français demande. Ni au look Mad Max. Moralité, faut pas s’laisser faire et s’adresser à des potes capables. A ce sujet j’oublie de remercier l’incroyable (mais vrai) Vincent Roure qui a prêté sa voix au texte de ma vidéo promotionnelle du Roll-EZ-Ollie™, et dont les répliques sont reproduites sans cesse par mes fils ! Cet homme talentueux est également le créateur de la couverture de mon bouquin, c’est dire.

 

-Derche :

Je me dois de vous préparer à mon escapade chez les teutons[7] précitée. Donc je vous invite à redécouvrir le peu de musique “pop” allemande qui aura réussi à traverser la Roure-Gebiet pour arriver dans les charts de l’hexagone, j’ai nommé le fameux Top-50 avec Marc Toesca. Non, je ne vous parlerai pas de pas Nena (Gaillard) avec ses 99 montgolfières. Pas Nina (Hagen) non plus avec son reggae africain inoxydable. Pas Opus non plus avec leur infâme Life is Life dont tout le monde se rappelle le refrain, qui était un couplet en fait (pas cons ces Bosch). Je veux vous parler de Johann Hölzel, premier rappeur blanc germanophone, alias Falco, et voui. En réalité cet artiste était autrichien mais la plupart de nous s’en caguent, d’ailleurs qui de vous est allé en Autriche ? Hein ? Moi j’ai dû y aller une dizaine de fois, j’ai même acheté mes premières Crocs à Salzburg, en 2007. Bref, Falco aura réussi à vendre plus de 7 millions d’exemplaires de Der Kommissar, dont un million en France. Et ce tube résumera maheureusement cet artiste (défunt en 1998) chez nous les irréductibles gaulois. Il faut reconnaître que la langue germanique ne se prête pas aisément à nos oreilles occidentalisées à outrance par les musiques anglo-saxonnes. Je vous mets donc sur la platchine le bon vieux tube des années 80, pilier de toutes les compilations nostalgiques pour nous les cinquantenaires. -Ladies & gentlemen : -Falco, Der Kommissar !

 

A tantôt.

 

 


 

 

 

[1] Gag : nom commun (Anglicisme) Effet comique, blague. (XXe siècle) De l’anglais gag, initialement destiné au cinéma, avant de prendre un sens plus général. Notez que le verbe to gag signifie déclencher un réflexe vomitif.

 

[2] La foire d’empoigne : (Figuré) Perte de toute retenue, de tout repère moral. J’utilise cette expression à tort (pas vraiment à travers) en synonyme de bordel, désordre. Pour les amoureux du théâtre et autres intellos de gauche La Foire d'empoigne est une pièce de théâtre de Jean Anouilh créée à la Comédie des Champs-Élysées de Paris le 11 janvier 1962, et encore jouée du 9 septembre 1988 au 11 mai 1989 au Théâtre de la Madeleine.

 

[3] Roll-EZ-Ollie : Dispositif à rouleaux permettant de retourner un patient alité sans efforts. J’ai inventé ce truc en m’apercevant très vite qu’une société danoise l’avait commercialisé et breveté deux ans auparavant ! De rage j’ai décidé de copier leur modèle en le fabricant moi-même. Le signe Trade Mark est bien sûr totalement faux, mais je m’en cague. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’illusion.

 

[4] Scratch : Velcro Companies est une entreprise qui fabrique une gamme de systèmes de fixations mécaniques par crochets et boucles textile sous la marque « Velcro ». Appelé « scratch » dans le langage familier (onomatopée du bruit fait par la séparation de la fixation) Velcro est l’apocope des mots velours et crochet. Ce système a été inventé par sérendipité en 1948 par l'ingénieur électricien suisse George de Mestral. Si vous ignorez ce signifie sérendipité j’y peux rien.

 

[5] Se gratter les couilles : expression familière signifiant ne rien faire par rapport à des gens qui eux, travaillent. On entend aussi Se dorer la pillule ou encore Peigner la girafe.

 

[6] Rat’s : (Auto / Moto) Le style Rat’s se définit par la façon suivante : travailler l’esthétique de son véhicule pour lui donner une apparence d’épave. Tout est règlementaire, la mécanique nickel, mais l’apparence est résolument voulue pourrie. Mode issue des USA, (ça vous étonne ?) le Rat’s style est à l’origine une forme de tuning créée par des gonzes qui n’avaient pas les moyens de finir leurs hot-rods. C’est devenu aujourd’hui une véritable mode nouvelle. Un Rat Rod est une variante des Hot rod Tuning vintage de collection de la Kustom Kulture américaine, à base généralement d'épave roulante de voitures américaines issues de casse automobile, restaurées par des passionné.e.s avec des pièces de récupération éventuellement d'origines diverses.

 

[7] Teutons : Peuplade germanique ou celtique. Lors de la modification climatique des années -100, ce peuple a quitté le Nord de la Germanie et participé à la guerre des Cimbres. Au Moyen Âge, les Teutons inspireront leur nom aux chevaliers teutoniques. Plus tard, le nom de Teutons désignera de manière caricaturale les Allemands.

 


28/10/2017
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Handicapé à essayer : Vadredi 13 Octobre 2017

      Vendredi treize. Balek. Pendant ma première cibiche, je compte plus de trente deux coups de feu. Beyrouth, pareil. Les chasseurs couvrent la coile de plomb. A raison de 40 Grammes par cartouche, ça nous fait un bon kilo de plomb pendant une seule clope… -La chasse c’est naturel. (mes couilles !) Je vous invite à entendre le beuglement des chasseurs réunis au refuge de la source les dimanches midi pendant la fameuse “ouverture” de la saison de chasse. Le sketch des Inconnus était plus que réaliste ! -C’est comme ça. Point barre.- Intro écologiste.

 

     Chaque matin, je n’ai qu’une hâte : me faire installer à mon Eye-Ollie pour écrire, répondre, communiquer enfin. Saloperie de SLA, mon corps mort devient une sorte de prison pour mon cerveau qui fourmille de pensées, d’idées à développer. Je hais les nuits et tout ce qui me vole mon temps d’expression. Chaque mise au lit est une torture : il faut que je dorme parce que c’est la convention. J’aimerais tant pouvoir noter ce qui me passe par l’esprit, et il y en a un paquet ! On me couche parce que mon entourage part dormir, ce qui est tout à fait compréhensible au demeurant, mais pas parce que j’ai BESOIN de dormir. Moralité : je passe des heures à gamberger sur une oreille en regardant toujours les mêmes fissures dans la poutre centrale. J’essaye de mémoriser le principal, et au premier réveil tout a disparu. Fuck ! J’aimerais pouvoir avoir le temps d’exprimer la totalité de mes pensées, comme les gens qui parlent tout en faisant autre chose. Sans vouloir paraître misogyne, la gente féminine excelle dans cette pratique. Je n’ai pas dit “poulailler". Moi, je dois attendre 9H00 pour pouvoir commencer à communiquer.  De 21H00 à 9H00 : macache[1], walou[2], nib[3] ! Soit la moitié de ma vie restante, et encore, je ne te compte pas les repas de midji et les sessions CAC40[4] tri-hebdomadaires. Ces dernières nécessitent outre les fournitures, une bonne heure et demie dans le meilleur des cas. Vous, vous caguez en deux minutes et c’est plié, et vous reprenez vos activités. Moi, il me faut un transpalette, deux litres de chlorure de glyphosate dans le cul, une heure de pleure-ton-anus, et si tout va bien une douche du demi-corps, rhabillage par un humain[5] (Nathalie dans 99% des cas), et une clope pour me remettre du trauma. Temps totalement improductif si je puis m’exprimer ainsi.

 

     J’ai tellement envie d’écrire que je procrastine les explications à Julien ou Orelli, ou carrément Nath. Exemple : Julio me prépare un repas copieux. Je vois la quantité phénoménale de mets à ingérer présentée sur la table, là déjà j’appréhende. Tout est mouliné fin-fin-fin. J’ingurgite le bol de tomates à l’ail (fort savoureuses soit dit en passant, et je dois rendre à César que je n’ai jamais aussi bien mangé dans ma vie : merci ma chérie Nathalie !). Mais ce bol plein représenterait un saladier entier avec le foisonnement disparu au moulinage : nota bene. Viennent ensuite la barquette de spationaute, le plat de résistance Mixé Bébé (même ratio de foisonnement), et le dessert. J’en peux déjà plus, l’entrée m’a pété le bide. Je fais un effort et me concentre sur la crème enrichie aux protons, histoire de dire que -Oui, j’ai mangé le complément alimentaire ma chérie… Julio, avec une patience remarquable, alterne entre purée-Soyouz et verre d’eau pour me faire finir ladite barquette achetée en pharmacie. J’en peux plus, je suis plein à vomir et Julio le comprend très bien. Là, Nath débarque : -M’enfin Ollie, t’as rien mangé ! Il faut manger ! Tu déconnes, c’est pas cool ! Moi je ne te prépare plus de plats si c’est pour que tu ne les manges pas ! Je réponds : -Mrrnghh !!! Ce qui là signifie : -Casse-moi pas les couilles, j’en peux plus ! Fallait voir l’entrée ! Et je te rappelle que je n’avais pas faim, donc ÇA VA ! HO ! Oui, ça veut dire tout ça Mrrnghh. Fin de l’exemple.

La logique voudrait donc que lorsque j’accède à nouveau à mon moyen de communication (soit douze heures plus tard), je prenne ma plus belle plume à la première heure pour expliquer le pourquoi du comment à Nath et/ou Julio. Et voyez-vous : ça, ça me fatigue de plus en plus ! J’en ai plein le cul. C’est comme mettre à jour le MERSOB. Pour quoi faire ? Y’a dégun qui le lit à part moi. En fait c’est une branlette intellectuelle, voilà, c’est ça. C’est un peu similaire avec les boîtiers d’alarme sur lesquels je n’arrive plus à appuyer. J’ai imaginé un artifice en contreplaqué simple (comme -Bonjour !) à réaliser… Après le renvoi du courriel explicatif une nième fois, et vu que tout le monde s’en branle, et bien moi aussi je m’en branle ! J’ai donc décidé (un peu à contrecœur) d’arrêter d’expliquer des trucs pour consacrer mon temps utile restant à des causes plus nobles. Arrivera ce qui arrivera, je m’en cague, et sauf gastrostomie on ne me forcera pas à avaler, je recracherai tout jusqu’à ce qu’ils finissent par comprendre. Ce n’est plus mon problème, bon débarras !

 

     Ainsi, j’ai écrit hier le texte précédent en communiant avec un ami défunt et le souvenir de ses enfants. Ça c’est important. De la même manière j’ai écrit mes quatre vérités à un ami ivrogne qui fait chier sa femme. Ça c’est également important à mes yeux. Un autre truc qui me tient à cœur est de suivre et participer à la réalisation du fameux Turn-EZ-Ollie, et particulièrement la commande qui doit pouvoir se tenir d’une seule main et actionnera pas moins de dix mouvements. J’ai donc consacré plusieurs jours à l’élaboration du schéma électrique avec le souvenir des heures passées à l’AFPA[6] pour apprendre cette discipline. Grâce à un petit gratuiciel[7] j’y suis parvenu. La première mouture était tout en 240VAC, composée de contacteurs mécaniques manuels type poussoir Télémécanique usuels (un grand classique pour les connoisseurs). Je me suis vite aperçu que la télécommande serait grosse comme une boîte à chaussures ! Pas très pratique à tenir d’une main en pleine nuit et plutôt risquée pieds-nus vu les 240 Volts… La dernière mouture comprend toutes les commandes façon clavier de téléphone, trois tensions différentes pour alimenter les moteurs et vérins, et une série de relais inverseurs déportée. Sakifo. J’ai épluché les sites pour repérer tous les ingrédients (et croyez-moi, des relais il en existe un moulon[8]de sortes !), envoyé le tout à mon équipe de constructeurs bénévoles et volontaires, et on verra bien. Vu qu’un seul d’eux capte un beignet[9] en automates, je m’attends à quelques modifications, mais j’aurai participé au projet. Pierrot de Coubertin[10] aurait aquiescé.

 

      Quelques nouvelles du front :

     Mon front va très bien, il n’a pas encore la taille de celui de ce con de Mimosa, fort heureusement. Les semaines passées on m’a présenté deux nouvelles auxiliaires de vie. Sans la moindre annonce, comme ça : cash-moumoute, à sept heures du mat’. J’en peux plus de cette boîte INES[11] ! Imagine-toi en pleine phase de réveil, tu écoutes ton journal peinard en regardant l’intérieur de tes paupières, un des meilleurs moments de la journée… Et là déboulent trois personnes, dont une inconnue, qui commencent à parler. Tu sens le courant d’air froid, tu n’entends plus rien de ce reportage passionnant sur France Culture. Et ça parle et ça parle… -Olivier il aime écouter la radio le matin, entonne Julien. Mais vos gueules ! J’entends plus rien, justement ! -Tu vois, on lui met le pyjama pour déjeuner dit il en me laissant poireauter à oilpé pendant qu’il cherche ledit vêtement. Putain, mais attrape mon pyjama avant de me découvrir ! L’inconnue me regarde dans mon plus simple appareil reproducteur. Merci, c’est vraiment agréable comme présentations…Et ça deux fois en trois jours ! Autant vous dire qu’INES a eu droit à un courriel en plat de résistance avec beaucoup d’iOllie. Une fois les présentations terminées on passe à la phase toilette : -Tu vois, il faut bien décalotter le gland, sinon il pisse en biais Olivier. Vas-y, n’aies crainte ! Et voilà, des mains de tous horizons me tripotent la bite. Un fantasme pour François, une horreur pour moi. Passé cette étape imposée, ça va mieux et on s’habitue. Orelli est forte, un atout que j’apprécie pour les transferts (soit 99% de la difficulté). Oui, parce que passer un balai ou donner à manger on sait tous le faire, même Victor. Par contre, transférer mon âne mort c’est pas donné à la première venue, et Melody en a fait les frais.

La deuxième, appellée Laetitia (avec le –Euh ! dans le –Aah ! que mon clavier n’a pas) m’a fait subir le même sort. Et Julien de recommencer ses explications pour soi-disant “former” la nouvelle recrue : -Tu vois, il faut bien lui coincer la bite, sinon tu te fades la serpillère en plus… A la première vue, couché sur le côté, j’aperçois une petite blonde à lunettes trentenaire. Je mate bien sûr son cul... bien ! Très bien ! Mais elle est toute petite et ça va pas le faire[12] du tout pour les transferts. J’y flaire l’embrouille. Elle se présente avec son bagage d’expériences en aide-soignante. M’en branle ! Ce qui m'importe c’est les transferts. Julien lui explique la méthode, et elle se lance… Je la dépasse de deux têtes, le transfert est à moitié réussi (ou râté, rayez la mention inutjile). Je la sens pas. Le soir, Laetitia revient et s’assoit à côté de moi pour fumer avec moi. -Je fais quoi là ? Je suis aide-soignante moi ! Je note l’ajout du ”moi” qui signifiait clairement qu’elle n’avait pas l’intention de cuisiner ou faire le ménage. Il me vient Jean Gabin à l’esprit qui aurait sorti une réplique à la Audiart du style : -Toi ma cocotte tu remballes ton fouchti et tu t’casses illico sinon j’t’en colle une vite fait !!! Je prends les paris qu’elle ne fera pas long feu. Le repas (préparé par Orelli et donc simplement réchauffé par Laetitia) m’est servi sans aucune compréhension, et je me fais une fausse-route monumentale que même mes garçons ont accouru en abandonnant télé, tablettes et console vidéo : c’est dire. J’ai cru que j’allais y passer pour de bon. Fais chier, j’ai pas encore fini mon deuxième Tome, crotte à la fin !

Bref, le lendemain la fameuse Laetitia diplômée, au CV long de quinze pages, ne prend même pas la peine de s’excuser d’être absente au rendez-vous : elle a carrément démissionné ! Pari gagné, elle aura tenu 24 heures… Ça c’est de l’employée de qualité ! Bidon, bidon, bidon ! C’est éprouvant de devoir essuyer des plâtres[13] sans cesse ! J’en ai marre et Nath aussi. Du coup on s’est adressé à l’agence d’en face. Autre discours de la chef.fe, bien plus cohérent. Mais notre chat échauffé craignant l’eau froide, je demande à voir…

 

     Je ne vous mettrai pas de nouveau skeud dans le mange-disques en l’honneur de mon ami défunt qui mérite bien qu’on laisse le tube actuel en place quelques jours de plus. Et je réïtère ma conclusion : si c’est la première fois que vous entendez ce chef-d’oeuvre, allez vous tèj’ aux Goudes !

 

     A tantôt les tantes Hottentottes.

 


 

 

[1] Macache, 1866. Mot populaire au sens de « pas du tout », venu, comme maboul de l'argot des troupes coloniales ; emprunt de l'arabe algérien mâ-kânch « il n'y a pas »  ; on emploie aussi par plaisanterie l'expression du sabir algérien macache bono « pas bon du tout » où bono vient de l'italien.

 

[2] walou : adverbe. Rien. étym. De l'arabe maghrébin walou « rien ».

 

[3] nib ib invariable (Argot) (Maghreb) Rien. Étym : Apocope de nibergue, du fourbesque niberta. Vous noterez que notre langue parlée du sud emprunte de nombreuses expressions du Maghreb, et des pays frontaliers ce qui est fort logique.

 

[4] Cac : Abbréviation de caca. Une session CAC40 signifie l’action d’exonérer un êtron d’au minimum 40mm de diamètre, ce qui est courant quand on a une SLA. Amis de la poësie : -Bonsoir !

 

[5] Lorsque les robots arriveront à faire ça, les poules auront des dents, et un seul œil, au milieu.

 

[6] AFPA : Association pour la Formation Professionnelle des Adultes : l’AFPA est un organisme français de formation professionnelle au service des Régions, de l’État, des branches professionnelles et des entreprises. Membre du Service public de l'emploi, l'Afpa propose des formations qualifiantes sanctionnées par un titre professionnel du ministère du Travail.

 

[7] Gratuiciel, ou freeware est un logiciel propriétaire distribué gratuitement sans toutefois conférer à l'utilisateur certaines libertés d'usage associées au logiciel libre.

 

[8] Moulon : encore un terme sudiste pour lequel je n’ai pas trouvé d’étymologie. Moulon signifie beaucoup, un paquet. Par extension bagarre "On était un moulon ce matin dans le bus."  "Y a eu moulon à l'école et j'ai déchiré mon pantalon."

 

[9] Capter un beignet : Locution verbale signifiant ne rien comprendre à… Cette expression je la dois à Josef Marion qui en est probablement l’auteur. Nous avions coutume de traduire tous les idiomes français en anglais ou en termes à consonnances anglo-saxonnes, ce qui dans ce cas précis devint Captain Donut. Tout mec un peu bidon devenait un Capitaine Beignet…

 

[10] Pierre de Coubertin : fondateur du CIO , le Comité International Olympique, dont il est le président de 1896 à 1925. On lui doit la célèbre phrase : « L’important c’est de participer ».

 

[11] INES SERVICES est la boîte qui emploit mes aides humaines. Cette SARL est en activité depuis 4 ans. Domiciliée à BARJOLS (83670), elle est spécialisée dans le secteur d'activité de l'aide à domicile. Son effectif est compris entre 20 et 49 salariés. Sur l'année 2014 elle réalise un chiffre d'affaires de 134 400,00 €. Frederic LOUBES, est gérant de l'entreprise INES SERVICES. Source internet.

 

[12] Ça le fait : (ici utilisé au futur immédiat sous la forme négative) Locution-phrase née dans les années 90 en banlieue parisienne. Calque de l’anglais that does it et that will do. Ça le fait (Familier) : La chose est appropriée, ça convient, ça fonctionne ; l’idée est bonne ; le projet doit aboutir. Les amateurs de l’élision prononcent ça’l fait.

 

[13] Essuyer les plâtres : cette expression française vient du XVIIIèmesiècle où les maisons inhabitables à cause des désagréments occasionnés par le plâtre humide neuf étaient louées ou prêtées aux filles de joie qui y officiaient le temps du séchage. Une fois le plâtre sec, elles étaient chassées sans préavis par les propriétaires des lieux. Par extension, l’expression fait allusion à celle ou celui qui éprouve les inconvénients d'une chose neuve ou qui vient d'être faite ou plus simplement subir les conséquences d'une nouveauté.


13/10/2017
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