Le journal d'Eye-Ollie

Le journal d'Eye-Ollie

Préface par Anne Debray-Charlet

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En 1961, lassés des brumes du nord, mes parents décidèrent d’acheter une maison en Provence pour y partager des vacances ensoleillées avec leur quatre enfants.
Nous découvrîmes Cotignac.
Ce lieu, à faire pâlir d’envie la Ligurie et la Toscane réunies devint notre seconde patrie et notre paradis.
Nous nous y fîmes des amis pour la vie et nous y accourions dès que le travail nous laissait un peu de répit.
C’est dans les années Quatre vingt dix que mon musicien de fils me parla de son ami Olivier, dont nous fîmes rapidement la connaissance.
Certaines aubes incertaines, ils allaient ensemble jouer de la batterie en haut de la plus haute montagne de la région, le Grand Bessillon.
Avec les années nous le fréquentâmes un peu plus. Olivier était à la fois artisan plombier, musicien, mécanicien, mais aussi drôle, original, intelligent, charmant.
Sorte de Geo Trouvetout, il possédait de l’or dans les mains ; il avait entre autres inventions, fabriqué une chaise longue (un transat) en capsules de bouteilles de soda , mais jugeant l’entreprise un peu longue (1500 capsules), il avait trouvé le moyen d’imaginer au passage l’appareil à percer les capsules .
Avec lui et sa petite famille, Nathalie et leurs trois enfants, il nous arrivait de partager le pain et le sel et de refaire le monde. Bref une famille lumineuse pour une amitié heureuse.
Mais parfois le destin se trompe de chemin…. En février 2015, Olivier venu prendre le café chez nous, évoqua les troubles de la parole dont il souffrait depuis peu et la suspicion de Maladie de Charcot qui avait été émise.
Hélas des années de pratiques de neuro psychologie me donnent souvent des antennes et glacée, je songeai aussi à cette maladie là.
Olivier nous confirma le diagnostic en Mai de la même année alors que nous avions regagné Paris.
Olivier l’ingénieux, Olivier qui avait construit lui même sa propre moto, qui avait réparé tous les robinets de notre maison, qui avait recapté notre source, commença à perdre ses membres et sa motricité.
Pour compenser, pour continuer d’exister, pour retenir le temps devenu si précieux,
il se mit à écrire. Régulièrement, nous recevions les feuilles de son récit si bien nommé : « Chaque jour un peu moins ». Et jusqu’à ce jour nous avons continué à le lire avec des larmes et des rires entremêlés tant il s’en dégage d’humour, de sensibilité, de philosophie, de finesse psychologique… Il sait nous décrire l’avancée terrible de la maladie, la perte de l’autonomie et de l’intimité corporelle, la découverte de contrées lointaines visitées avec et malgré le handicap, il nous raconte la solidarité d’un village, la force des liens qui l’entoure et le corps qui devient peu à peu prison pour le cerveau.
Olivier nous avait montré sa vive intelligence praxique et manuelle dans la majeure partie de sa vie et maintenant qu’elle lui fait défaut, il nous offre un témoignage unique et un réel talent d’écrivain.
Voici une oeuvre très forte, extrêmement émouvante tout en sachant rester drôle.
Face au malheur qui le frappe, je demeure une femme en colère, mais je me sens humble devant la grandeur qu’il dégage et je suis fière qu’il m’ait demandé de préfacer ce texte.
Je souhaite qu’en s’en imprégnant, beaucoup de lecteurs dépassent les mesquineries de leur quotidien et apprennent une tonifiante et unique leçon d’humanité.
Oyez, oyez bonnes gens … puisse le message de notre admirable Ollie* éveiller nos consciences et nous aider à vivre.


*Ollie : sobriquet anglo-saxon d’Olivier.


Anne Charlet-Debray, psychologue clinicienne, est psychothérapeute pour enfants et adultes. C'est aussi une amie, à l'origine des mes projets d'édition. Je vous recommande ses lectures, sur le blog littéraire de la FNAC, et bien sûr ses propres ouvrages : Bibliographie S. Ferrière, « L'ennui à l'école primaire », Ed. L'Harmattan, 2013. A. Charlet Debray, « La Psychologie de l'enfant », Ed. Le cavalier bleu, 2008. J. Clerget, « Vivre l'ennui à l'école et ailleurs », Ed. Erès, 2006. L. Ferry et André Comte Sponville, « L'ennui à l'école », Ed. Albin Michel, 2003.
Eye-Ollie, auteur et administrateur.

7 appréciations
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Mon ami Ollie J'aimerais tant que cette préface soit enfin en tête d'un vrai livre ,ton livre accolée à celle du professeur bernard Granger .
Je recommence à harceler nos pistes d'éditeurs ..si je puis dire ..et je ne lâche pas l'affaire ..
Je t'embrasse ...ANNE

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magnifique texte qui résume bien ton état et ta façon créative et courageuse d'y faire face, mais en ce qui concerne Ollie n'oublions pas tous les jeux de mots pour lesquels tu es si doué et dont je me régale, à commencer par le titre de ce blog...

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