Le journal d'Eye-Ollie

Le journal d'Eye-Ollie

Itchycoo Park : Dimanche 27 Août 2017

       Allez, je me lance. La surprise est éventée, mais vous lirez bien quelques lignes sur ma décision d'arrêter la boxe, nespa ? Et oui, je m'étais inscrit dans un club de boxe au printemps 2017. Mais à force de revenir à la maison avec la gueule en vrac, j'ai décidé d'arrêter. C'est plus de mon âge ces conneries !  En fait, en manque d'inspiration,  je cherchais un sujet pour mon prochain narticle. Et si je me faisais tomber du lit ? Toute l'attention serait sur moi pendant quelques jours...[1] Me voilà donc allongé en attente d'un transfert au petit matin (little morning). Une crampe me saisit comme d'accoutumée à cette heure de la journée.  Au passage, je félicite Julio et Minnie-Marion d'arriver à verticaliser un corps mort avec autant de spasmes et de crampes : là y'a du métier. Je replie mes genoux dans un spasme (impossible autrement), puis la crampe ne partant pas, je tends mes jambes à nouveau. Celles-ci se retrouvent en dehors du lit, glissant doucement vers le sol. Il n'en faut pas plus pour entraîner le reste du corps, et SPLAT ! Je tombe de tout mon poids pile sur le côté face. N'ayant plus aucun réflexe, je tombe litéralement comme une merde, sur la joue droite. En une seconde : grosse flaque de sang, et un mal !!! L'arcade sourcilière saigne plein tube, mais ça ne fait pas mal. Par contre, l'épaule, le bras, le cou, et le bassin : là je douille grave ! Six mains me remettent au lit, finalement j'aurai réussi à zapper la douche et me faire recoucher, ow y'a pas vie de pacha là ? Le docteur a une haleine de fumeur, il fume donc en scooter : rock'n roll le Louis-Jacques ! C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup[2]. Il parle de Meryl Streep, mais qu'est-ce que -bon sang-  cette actrice vient faire là ? Je suis un peu sonné. En fait il disait et répétait "stéri-strip". Une sorte de Scotch prédécoupé aseptisé qui colle pas, évidemment puisqu'il y a du sang partout. Mais c'est moderne, donc préférable aux bonnes vieilles coutures. On me scotche la fiole, jusqu'à un hypothétique arrêt du flot sanguin sur ma joue augmenté par le fluidifiant anti-oeufs d'Aime. ça tient jusqu'au départ du docteur... c'est comme les plombiers. Prescription d'une montagne de produits qui ne serviront qu'une journée, et à 10% de leur volume. J'ai honte ! Il est là le trou de la Sécu, putain ! On me prescrit même une radiographie ! Si j'étais inquiet, je prendrais une ambulance pour passer à la radio[3]. Cela mobilise deux infirmiers et une ambulance presque une journée complète, le carburant, les pneus, l'assurance... puis le personnel à l'hôpital, le scanner en leasing dans sa farandole de révisions obligatoires... Je suis consterné par ce principe de "précautions" qui met à genoux notre système de santé. Et les travailleurs de cotiser outre mesure, sinon on leur prend leurs biens. Y'a rien là ? J'ai honte encore ! Si j'étais tombé sur la tronche en étant Yéménite au Yemen ou Iraquien en Irak, tu crois qu'on me payerait des sacs entiers de produits, qui plus est périssables à très court terme ? Mais comdab, je m'égare. Les pastilles au THC sont merveilleuses pour oublier toute douleur. La plaie continue à saigner jusqu'à ce qu'on laisse le corps s'en occuper tout seul le soir. Le doc repasse en fin daprem à l'heure de l'apéro. Une bande de potes gravite autour de la table, dont la petite Camille, mon amie anglaise, qui aura passé deux heures à essayer de juguler la fuite de sang : adorable attention. Elle harcèle tout le monde de questions, le doc n'en place pas une. Jusqu'à ce que Pit remette Miss Angleterre en place, à coups de testostérones : je me marre ! J'ai les bénéfices du canabix qui me montent au servo, je vois tout le monde halluciner en regardant ma tronche, c'est le monde à l'envers. Quelques jours plus tard Camille me demande : -Dis, ton Pit, il serait pas un peu macho ? -Comment te dire...? C'est Pit quoi ! Donc voilà comment j'ai arrêté la boxe. J'ai posté le pire témoignage visuel sur Fatchebok : avalanche de commentaires. Au plus c'est laid, au plus les gens pianotent. Parmi les solutions proposées il y a : la barrière anti-chute, un matelas par terre (pas con), et -tenez-vous bien-, c'est ma préférée : dormir avec un casque intégral ! J'adore ! Trop bon, je veux essayer ! Je vais aller voir chez Guignabodet à Toulon[4] : -Monsieur, c'est pour quel type d'usage que vous désirez acquérir un casque ? -Abé, caisse je heu dire... c'est pour dormir, mafoi... Voilà tout, franchement pas de quoi flipper mais impressionnant : du Ollie quoi !

 

     Le lendemain avec ma tronche de métèque, je me suis laissé embarquer pour une nouvelle virée en haut du Bessillon[5] Une sorte de picnic tardif qui se finit par une observation du ciel, déchiré à souhait avec Confortably Numb[6] bien fort. Cette fois-ci on a notre Hubert Reeves à nous, l'incollable Uncle Benz revenu de sa case aux antilles : j'ai nommé le grand Thomas Vassal. Une nuit des étoiles réussie grâce au vent totalement absent contrairement à la précédente édition où on s'était pelé un gros noeud. Les comparses habituels sont là : Niko, Pit. Alex manque à l'appel. Et deux nouveaux : Olivoil et Tom. La vigie ne semble pas s'inquiéter de notre installation au sommet, malgré l'interdiction. Vu les longue-vues qu'il doit avoir le mec, il a du voir qu'on avait amené de la crème de Roquefort et une boutanche de vin rouge Chilien, et s'est dit -Ils ont du goût, ces jeunes. Bah,  je leur fous la paix. En fait voilà ce qu'il s'est dit : -Allo, brigade de Toulong  ? Je vous communique l'immat' du véhiculah'... ouais en cohtraventiong... c'est ça, mettez le paquet. Ah, j'oubliais, y'en a un éclopé en fauteuil avec des roues énooormes, et les autres ils fument du hakik ! Bande de petits congs ! A mon avis le type il se souciait de regarder sa télé, et puis il s'en caguait bien de notre étalage de victuailles. Pit avait anticipé pour l'aandjicapé : gaspacho et Pitmix™ [7]. Niko assura les bières, Tom le staga (une fiole type poche intérieure) et la fameuse crème de bleu qui te colle la langue au palais et te sape le goût de TOUS les autres trucs ingérés par la suite (à part ce détail c'est très bon). Olive assura le rhum vieux, avec approbation du Tom : c'est dire qu'il valait le coup. En fait, il y avait à manger pour vingt-cinq. Et à boire pour cinquante, sauf le pastis. Je suis là, avec mon oeil au bérurier noir, à me laisser remplir de bonnes choses avec mes meilleurs potes, dans le meilleur spot du coin, au point culminant du département, avec vue à 360°, ciel dégagé, pas de vent, avec The Great Gig in the Sky (dont Pit nous rappelle à chaque écoute que la chanteuse a été payée 20$, et qu'elle méritait bien plus), déchiré à discrétion[8]. Le top ! Pour ne pas dire Que du Bonheur. Quelle expression de merde  ! Puis vient mon moment préféré : celui où l'on cherche le nom d'un chanteur. On se tourne vers moi, je souris : -Putin, Ollie il sait ! Connard ! En l'occurrence, il s'agissait de trouver Murray Head. Et Pit d'affirmer que c'était le même artiste qui chantait "Say it ain't so", confondant manifestement avec Cat Stevens. J'aurais voulu dire que c'était pas du tout la même période, mais passons. Je nie d'un geste pour signifier que ce n'était PAS le même chanteur. Mais entretemps Tom m'avait demandé : -Le nom il commence par un C ? Sur mon mouvement Tom surenchérit : -Alors un H ? Et les autres de s'y mettre : -Un A ? -Un B ? Comment leur dire ? Méga imbroglio... Moi j'ai l'habitude, eux non. Et une fois bien ravagés du cervelet, on éteint toutes les lumières et on fait partie intégrante du cosmos. Tom reste debout -Sauf si ça vous dérange... ajoute-t-il. En T-shirt et tongues, droit dans son short, le capitaine c'est lui. Notrrre Huberrrrt Rrrreeves à nous. Je recommande cette expérience aux locaux (notamment Julien et Souaze qui ont habité 20 ans à 5KM du Bessillon et n'y sont jamais allés, shame shame shame...shame on you[9]). Voilà, la transition est trouvée.

 

     Une fois n'étant pas coutume, je pioche dans ma playlist "Good old nuggets" et vous présente un titre (de cet article, qui n'a donc rien à voir avec la choucroute) des Small Faces, un groupe que j'ai entendu pendant toute ma petite enfance. Itchycoo Park atteint les sommets des charts en 1968 et est un des tous premiers morceaux où l'on utilise un "flanger" en effets. The Small Faces était un groupe de rock britannique des années 1960. Mené par Steve Marriott et Ronnie Lane, il est l'un des fleurons du courant mod avec les Who et les Kinks. Steve Mariott formera plus tard Humble Pie avec Peter Frampton, The Small Faces deviennent The Faces avec l'arrivée de Rod Stewart et Ronnie Wood, deux anciens du Jeff Beck Group (le monde est petit nespa ?), et Ron Wood rejoindra les Rolling Stones... mais Cointreau n'info. Evidemment, tous ces protagonistes feront également des carrières solo et je vous recommande vivement l'écoute de leurs musiques, pour peu qu'on aime le rock des seventies (je défie quiconque de trouver mieux). Pour l'anecdote : Itchycoo Park n'existe pas, c'est le nom que donnaient Steve et Ronnie à leur aire de jeux étant adolescents, dans l'East End de Londres. L'endroit était peuplé d'orties, d'où le nom : to itch = démanger, urtiquer. Voilà pour votre dimanche. Je me fade un boulot de dingue à traduire mes écrits (intraduisibles), donc m'en veuillez pas de ne pas être au rencart avec du nouveau juteux tous les trois jours. Demain, nouvelle grille sur France Inter, tout les internautes à leurs postes ! Exécution !

Love. A tantôt.

 

[1] Je l'ai entendu à travers la grappe de raisins (Marvin Gaye). Par contre la boxe c'est de moi.

[2] Ca veut dire qu'il était libre, heureux d'être là malgré tout.

[3] à Draguignan c'est Metropol Radio, la radio des artisans où Pit avait réussi à vendre un puits fonctionnel. Trop fort ce Pit !

[4] Un revendeur spécialisé en motos qui avait pignon sur rue pendant notre adolescence. On n'avait les moyens que de lécher leur vitrine énorme sur l'avenue principale de Toulon.

[5] Le Bessillon est la montagne jouxtant Cotignac, le sommet du Var (830 M), à trois minutes de chez nous.

[6] Pink Floyd, paroles idoines.

[7] Une spécialité de Pit à base de thon, mayonnaise et ketchup finement mixé. Un délice à manger. Modèle déposé.

[8] Une façon de dire "à volonté" par un resto flon-flon du coin. En réalité cela signifie "à volonté dans la mesure d'un verre et demi". C'est le même chef qui propose ses machins dans leur farandole de trucs déglacés au jus de bidule. Il faut être poëte académicien pour lire leurs menus. Et si t'as le malheur de devoir traduire pour des amis étrangers, t'es pas dans la merde. -What does it mean "Dos de loup dans sa farandole de petits légumes..." ? -Euh, it's fish. D'autres questions ?

[9] Ecrit par Shirley & Co. en 1975, mais surtout repris avec talent par feu Henri Salvador "J'aime tes g'noux" et non pas Topaloff & Sim, j'ai vérifié.

 



27/08/2017
16 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 129 autres membres