Le journal d'Eye-Ollie

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Journal de bord : Dimanche 18 Juin 2017

Tougouloutougouloutougoulou... l'appel du 18 Juin.... chaque année on y a droit.

Coupure de Wi-Fi. Toute ma vie s’écroule. Il est l’heure d’écrire. Il y a trente ans, je pestais contre le Mac qui me demandait d’emblée une connexion à un réseau. -Mais j’ai pas besoin d’un réseau pour faire une facture ! disais-je. Mais quel est l’intérêt d’un ordinateur sans liaison à un réseau ? Aucun. Visionnaire Apple. De nos jours cette déconnection semble mortelle comme un retour aux bougies et au feu de bois pendant une coupure de courant. Heureusement on cuisine au gaz, on utilise encore la radio FM et la télévision par rateau. Et moi de jubiler quand nos enfants doivent redémarrer tout le schmilblick pour, péniblement au bout de dix minutes, réussir à « voir la télé ». Fuck Orange, ils m’ont totalement rendu dépendant ! Bon, il y a la SLA aussi. Et, en finale, je me serais tiré une balle sans pouvoir communiquer avec mes amis du monde entier. Un partout.

 

Ce qui me ramène au blog, et mon dernier article qui a suscité de vives réactions. Pas toujours favorables, j’en suis conscient. Je présente mes excuses à celles et ceux qui se sont senti(e)s blessé(e)s par mon humour à la con. Heureusement il y aussi des aficionados, ce qui est rassurant et me fais conclure qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, et je n’essaye pas de plaire à tout le monde. Notez cependant que personne ne s’est désinscrit du blog à ce jour. Point final, je clos le débat sur l’euthanasie et vous prie d’oublier ma blague provocatrice sur mon obsolescence programmée.

 

Mon ami Tom m’a écrit ! Il va neiger sur Cotignac, et je suis content. Un être vous manque et tout et dépeuplé. Malgré la neige des Antilles, les premières cigales chantent à Saint Martin, signe d’un dérèglement climatique en bonne et dûe forme. Trop chaud, trop tôt, quid pour l’été ? Et puis au lieu d’aller voter à onze heures (rien à voir avec la choucroute) et me fader les tapes bienveillantes, on y est allé à 17 heures. La salle polyvalente est rendue accessible aux croulants et roulants de ma sorte pour l’occasion. Accueil royal par le maire en personne et Nico et Anthony, les futurs prétendants au titre. Jean Pierre tout excité dicte le personnel que faire (comme s’il ne l’avait jamais fait avant) : -Tu cherches Brengmann, voilà… -Mets bien la règle et tu fais signer… -Ça va Olivier? La fôrme? -Allez, c’est bien Josiane  : A voté !!! -Tu tamponnes bien sa carte hè…voilà, c’est bien, bravo. Allez, tu peux te rassoir Josiane. Voilà, on a fait du bon boulot… Et puis chacun retourne à sa place, attendant inexorablement le prochain couillon. Nico lève les yeux au ciel, un sourire et on s’est compris. Il doit se fader le dépouillage. Bon, vu le taux d’abstentions, il sera revenu pour l’apéro.

Le refus de San Salvadour m’a miné le moral. C’est pas que je tienne absolument à être hospitalisé mais ça m’aurait fait un bon break dans la chaleur et la tourmente estivale qui anime Cotignac. Franchement les « animations » ça me broute : j’ai passé 40 ans de ma vie à aller, venir et travailler dans ce village, j’ai une idée de ce que ça représente l’été au bled. Je connais tous les recoins, toutes les tronches, et puis je hais les vacances à Cotignac. Je vais me faire chier grave, à coups de suppositoires et quatre mains. Je me vois déjà avec les mouches et les fourmis à chercher que faire sur l’ordi. La réponse de l'établissement hospitalier a été justifiée par une réduction (de moitié !) de la capacité d’accueil des « pathologies lourdes », ce qui signifie clairement une réduction des subventions de l’état. A force d’accueillir des tiroflans qui viennent passer un mois pour une cheville foulée (vu, véridique), et bien, -l’enveloppe se réduit… Merci.

Par contre, mon duo de choc du matin va de mieux en mieux. Bravo et merci à ce binôme improbable ! Julio et Melody s’accordent bien et on finit par faire un trio bizarre efficace. Melody s’habille en tenues légères, du coup il fait très chaud. J’ai reçu la visite d’un génie qui m’a reparamétré le fauteuil électrique Q6 en quatre clics. Maintenant je peux m’allonger et monter au plafond tout en me déplaçant : idéal pour remplacer les tubes fluos du gymnase ou élaguer les platanes du Cours Gambetta. Je pourrai monter dans le van avec le Q6 et me pointer au cinéma. Là Jean Pierre et les porteurs volontaires seront bien embêtés avec mes 200 Kilos. Mais surtout, ce génie m’a prêté (à l’essai) une commande au menton qui me rend une autonomie complète, enfin je m’entends. Disons que je peux me déplacer sur du plat, et éventuellement commander des appareils du type poste à souder, meuleuse d’angle, cintreuse hydraulique bluetooth, ou enclume en Wi-Fi. J’aime bien l’enclume en Wi-Fi, ça c’est un truc pour moi. Vous l’avez compris, je pourrai commander des objets type TV, climatiseur ou tout ce qui a un relais intermédiaire. En fait, je peux déconnecter une centrale nucléaire, ou démarrer un paquebot, rempli d’enclumes. Faut juste un relais. -Allo Daniel, dimoinpeuhla… il te resterait pas un relais de puissance ? Non… c’est pour Tricastin...

Une autre bonne nouvelle est que la MDPH du Var m’a répondu (ça déjà, ce n'est pas rien) que mon mail "va permettre à la MDPH de se saisir quant à votre besoin en aide technique. Le pôle PCH va donc instruire votre demande." En clair (il faut traduire), le délai de renouvellement tous les cinq ans PEUT être réduit ! Ouf ! Oui car le fameux Q6 est un fauteil appartenant à l’ARSLA et on me le prête aimablement. No burns et autres donuts ! Du coup j’offre mon fauteuil Kite à l’association, ça fera un(e) heureux(se). L’ergo semblait inquiétée par l’usure prématurée dudit Kite vu sa date de première mise en circulation. Tu m’étonnes ! Je nous vois encore déraper sur une seule roue avec Victor pendu façon drapeau à l’arrière, défonçant les allées gravillonnées de l’hôtel, ou les boulodromes : notre terrain favori ! -Vous savez, les accus sont neufs ! lui dis-je pour la dissuader de regarder les pneus usés par les burns[1] et le centimètre de poussière sur les moteurs. Mais celles et ceux qui m’ont connu « avant » savent bien que j’adore cette discipline, et le train arrière propulsé de mon petit fourgon était un atout considérable pour les figures de style du genre. Les enfants se souviendront de leur papa cramé qui ne ratait aucune occasion de faire fumer les roues arrières. Je kiffe  !!!

 

Pour la bringue les choses se précisent. Le Dave est coincé en Australie jusqu’à nouvel ordre. Chié. Un être vous manque… again. J’ai parlé avec Chris Martin qui s’est cassé le fémur du coxis en faisant le con, donc exit Coldplay. J’ai appellé[2] Bill Wyman et là c’est bon : on aura les Rolling Stones pour la journée. Je vous raconte pas le binz chez Terravana, tous les taxis du secteur sont bookés. Mick veut trois villas pour lui et sa famille… Foskifo. Je préfère ça aux soirées de prolos[3] qui te balancent une playlist à la con sur un Deezer en Wi-Fi. C’est trop has-been en fait, j'ai envie de te dire… Les membres de ce blog sont donc invités à célébrer mon non-départ le Mècredi 9 Août 2017. Prière de confirmer votre présence par courriel avant le début Août. Et puisqu’une bonne nouvelle ne vient jamais seule, je vous annonce officiellement qu’un éditeur veut publier mon bouquin ! Y’a rien là? Il faut juste que je débourse 4000€ pour couvrir les frais…

 

 

Et pour finir, une question de philo sur laquelle ont séché mes trois aides-soignants :

Si mes « parties intimes » sont bien lavées, pourquoi avoir une serviette séparée pour ces parties ?

Il y a une réponse, cherchez bien.

A tantôt.



[1] Terme franglais désignant la discipline suivante (et oui, c'est une discipline) : faire patiner les roues motrices d'un véhicule afin de faire chauffer les pneumatiques pour ramollir la gomme et augmenter la motricité pour le prochain départ. Pratiqué surtout dans la catégorie Top-Fuel des courses de dragsters. Mais la pratique a dérivé vers l'usure forcée des pneus afin d'emboucaner les spectateurs. Sakiébon !

 

[2] Depuis quand j’ai retrouvé ma voix ? Si tu me crois pas je t'casse la gueule à la récré.

 

[3] Le prolétaire ne possède ni capital ni moyens de production et doit donc, pour subvenir à ses besoins, avoir recours au travail salarié. Le prolétariat ne se réduit donc pas au stéréotype de l'ouvrier en blouse bleue ni du travailleur souillé des mines, mais recouvre l'ensemble des êtres humains qui doivent se soumettre à un travail salarié, quel que soit leur niveau de vie et le niveau de leur salaire.

 

 



18/06/2017
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