Le journal d'Eye-Ollie

Le journal d'Eye-Ollie

Le coup de grisou : Jeudi 14 Sectaambre 2017

     Aujourd'hui j'ai la Shkoo-Moon[1] ! On ne m'a pas donné à déjeuner. Pas de lait, pas bol breton décoré à la main par Nolwenn en personne, rien, nibe ! Nathalie me place dans une grosse boîte avec une grille, c'est quoi ce délire ? Comme si j'allais me barrer... LOL. A propos, savez-vous quelle est la phrase la plus pertinente qu'on m'assène régulièrement ? Et bien c'est : -Ne bouges pas ! J'adore. Bref, elle m'amène je ne sais pas où. Je n'y vois rien depuis la boîte. J'y crains une surprise du genre : -Wéeee ! Avec tous les potes en rond... Ou serait-ce pour une prise de sang ? Cela justifierait l'absence du p'tit-dèj', mais pas de la boîte... J'y comprends rien. Ma boussole interne et les soubressauts de la route m'indiquent qu'on va plutôt vers Barjols. Bingo. On ne m'a pas fait pisser non plus ce matin, je n'arrive pas à me retenir : de la pisse partout ! Chié ! Là ce n'est plus drôle du tout... On me sort de la boîte chez un médecin que ne j'ai jamais vu, plutôt une belle femme d'ailleurs, c'est toujours agréable et ça de pris. Elle me fait installer sur sa table à vérins hydrauliques (ça je kiffe, mais vous le saviez déjà) et me met à sa hauteur. Elle me regarde avec ses yeux bleus et me lance : -Alors mon beau, ça va toi ? Je regarde Nathalie restée en retrait, en fait je me chie döss[2] ! Je ne vois pas l'assistante venir, qui me pique avec une seringue dans le cou, djirect, cash moumoute ! -Ensuite, vous vous souvenez de rien ? -Non, vraiment pas... Ah si, y'avait toujours l'même air à la radio[3].

Je me réveille dans cette satanée boîte, avec un putain de mal aux couilles !!! Affreux ! Comme si on m'avait filé un coup de pied bien fort là où ça fait mal. Mon oreille aussi me fait super mal. Je cherche un lien, je ne vois pas, je me laisse repartir dans les vapes malgré les douleurs. Au point où j'en suis, autant capituler. J'ai trop mal (comme disent les djeun's[4]).

Une voix familière me réveille à nouveau, c'est Claire ! Combien de temps suis-je resté là tel une loque ? Quelle heure est-il ? J'y comprends plus rien ! Claire discute cinq minutes avec la doctoresse et m'embarque, toujours dans la bo-boîte en plastoc. J'observe comment est fabriquée la boîte, je note qu'il manque des attaches par endroit. Ce truc a manifestement déjà servi. Ils l'ont eu où bordel ? Je ne l'ai jamais vue ! J'ai été lavé et la boîte aussi, ouf ! Mais toujours ce mal aux burnes et à l'oreille. Je sens comme une espèce de vide, sous ma bite. -Putain ! Tu vas voir qu'ils m'ont tailladé les couilles ! Tu m'étonnes que j'ai mal ! Bon, après, ça serait une bonne chose, au moins je ne me les coincerais plus. -Niko ferait-il partie du plan alors ? Lui qui voulait mes couilles... Non, sans blagues, c'est quoi ce cauchemar ? Je rêve ou quoi ?

Claire me dit des mots doux pendant qu'elle conduit. Et moi de raouer[5] en retour. Claire, comme Victor comprend très bien mes sons et mes gémissements. Elle tend la main vers la grille, et là : deuxième effet Kisscool. Ma boîte fait un bond en avant, puis au moins deux saltos : je me fracasse sur les parois ! En finale je me retrouve dehors, la boîte explosée. Il me semble qu'on vient de faire un tonneau, voire plusieurs... Je me relève tant bien que mal et regarde autour de moi. A quinze mètres je vois la 205 plantée sur son derrière, le moteur vers le ciel. Yapafoto[6], on s'est fracassés. Claire est debout derrière la voiture dont une roue tourne encore. -Si elle est debout, c'est que ça va, me dis-je. Des voitures s'arrêtent aux abords pour venir en aide. Là, moi, ma coupe est pleine ! Pas envie de voir ces gens s'apitoyer sur mon sort : -Et vous allez bieng ? -Et vous avez mal ? -Et vous voulez que j'appelle de l'èèèdeuh ? J'ai juste envie de répondre : -Oui, j'ai ipermal aux couilles, et viens juste de me faire broyer tous les os ! Sinon je pète le feu, ça vous va ?  Madame, y'a Padre Zo[7] ici, inutjile de sortir votre GSM. Oh, et puis merde, je me casse ! Je me dirige vers les vignes, là au moins je serai pénard. Un bout de rétroviseur est arrivé jusqu'ici. Je vérifie : ah les salauds ! Ils m'ont vraiment supprimé les bolox ! Et... Ooaaarkong ! Ils m'ont tatoué l'oreille façon biker ! La teinte harasse™ ![8]

Il me faudra quatre jours et quatre nuits de marche pour retrouver la maison. C'est que, depuis le château Duvivier à Saint Martin ça fait un paquet de bornes ! Sa mère ! Je marche à petits pas, mes petits norteils sont usés, j'ai trop mal partout ! A 3H15 je rentre enfin au bercail. Home Sweet Home, yes ! Nuit noire et puis dégun... Je raoue un bon coup, Ollie m'entend puisqu'il s'y met aussi. Lui, c'est vraiment abominable le boucan qu'il fait ! Mais tant mieux puisque Nath descend de l'étage, puis Victor : un véritable comité d'accueil ! Lumière et pâté avec eau fraîche ! Ça, je l'ai jamais eu ! Je m'en mets plein la panse, tank à fer. Suite à ce cassage de ventre, je monte dormir, enfin ! Je suis mort ! Mais heureux, tellement heureux. Avant de m'endormir une pensée me vient : quid des zanimo de compagnie et leurs "maîtres" ? Les chats n'ont pas de maîtres, ce sont nous les maîtres ! Heureusement, dans cette maison ils l'ont compris. Allez, je vais dormir une journée entière sur le lit de Vico,  j'ai mérité grave !

 

     Cela n'aura échappé à personne : c'est la rentrée. Juste une précision avant de poursuivre : tous les faits ci-dessus sont absolument réels. Notre chat est un Schwarzenegger incassable doté de facultés mentales de cyborg[9] (il kiffe les vérins hydrauliques, a une aversion pour les accents méridionaux et il jure beaucoup). Le tonneau est authentchique également. La voiture est pliée façon accordéon et Claire s'en est miraculeusement sortie avec une égratignure de rien du tout. Ouf ! Y'a plus qu'à acheter une 205 dont le moteur est mort, et vas-y, remonte tout ! Beaucoup de peurs, peu de maux, et le chat est rentré à pinces.

Donc je disais que c'est la rentrée, PUISQUE les grèves réattaquent ! C'est quand même hallucinant, non ? Pays de merde ! Il m'aura fallu être très patient avant de pouvoir me remettre à l'écriture. La semaine dernière était une sorte d'ersatz de vacances, entre pré-rentrées et derniers anniversaires festifs ou encore retours de congés saturant les autoroutes. Là c'est bon : les touristes sont partis (ils ont emportés la canicule et la sècheresse : tant mieux !), les minots sont au bahut, les parents au boulot, donc qu'est-ce qu'on fait ? -Grève, pardi ! Putain, ils me faaatchiguent !

Ce week-end, dernière baignade en mer à La Ciotat pour les enfants, à l'occasion des 48 berges de Ma Baker. -A la Ciotaaaa, on est comme des roi-aaah[10]. Le retour se fait par la route des crêtes pour notre plus grand plaisir : c'est absolument à faire, c'est beau ! Dire qu'à une heure de chez moi, je découvre encore des paysages... J'ai honte ! Tom est au volant du combi, cumulant des kilomètres pour sa "Conduite Accompagnée". Vu la proximité du circuit Paul Ricard, des motos déboulent à toutes berzingues[11] dans les virages. De quoi bien lui montrer les dangers en deux-roues... Tom assure, à 17 ans il est pleinement mûr pour manier n'importe quel véhicule.

Il est grand temps que je mettes à jour le MERSOB[12]. Oui, quand on est aandjicapé, on devient un expert en acronymes et autres sigles. La saison change, la maladie évolue et le personnel aussi. Jujube a posé ses dates et se casse bientôt pour d'autres horizons. Draguignan, la grande ville pour qui n'est jamais sorti de Sillans-la-Pacoule[13]. Ce garçon est fascinant. Il a eu la chance de partir à Hawaï et nous sort : -J'espère que l'ouragan Irma ne fera pas trop de dégâts à Hawaï... Et il y est allé !!! -T'inquiètes pas biloute... Il m'apostrophe de bon matin avec les manifs contre la Loi Travail, comme si ça m'intéressait... je m'en cague ! Mais échanger nos points de vue politiques reste bon, et j'aime l'écouter. Jujube est de la génération écran+canapé (ne me dites pas qu'ils regardent la télé  debout...). Il connait absolument TOUTES les séries télévisées et tous les Youtubbeurs en vogue. Tout ce temps passé assis, quel dommage ! Putain : "Youtubbeur"... (SIC ! ou plutôt sick !) Un nouveau moyen de gagner du fric il paraît... les bras m'en tombent ! Qu'on ne vienne pas me parler de métier, saloperie de parasites qui se nourrissent sur le dos d'abrutis ! Bref, en connaissances cinématographiques internationales il m'enterre. Par contre en musique... Quand il reconnait une mélodie elle lui évoque soit un générique, soit une publicité... -Et non mecton, The Who c'est pas David Caruso des experts de Miami, c'est Roger Daltrey ! Et Massive Attack ce n'est pas Docteur Maison... Du coup je lui ai fait un compte Deezer Premium...en vain. Il me dit : -Tu sais, j'ai une playlist de bonnes musiques, après... Qui chante ? Je m'en fous un peu... J'aimerais lui répondre : -Tu sais, moi au cinéma j'aime bouffer et boire, après... le film tu sais, je m'en bats les couilles. Voilà mon Jujube, tel quel. Il me manquera bientôt. Il faudra tout reconstruire avec un(e) inconnu(e), le MERSOB sera utile. Je vois déjà le plan : -Ah, bé, moi il me faut un lève-personnes, sinon je risque de me faire mal au dos... Je prends les paris.

 

     Et je termine comdab avec une proposition musicale. Cette fois-ci faisons honneur aux quotas imposés par l'état : j'ai nommé la francophonie. Et allons au sud, là où je vis. J'en ai parlé plus haut et donc ça tombe à pic, je vous propose une incursion dans la culture musicale sudiste (nous aussi on a des rednecks), aux accents qui nous sont si familiers. François Ridel, alias Tatou, alias Moussu T, a fondé en 1984 le groupe Massilia Sound System. Connu pour avoir su développer dès sa création une version provençale du reggae jamaïcain à travers des thèmes typiquement marseillais, des paroles chantées en occitan et d'un son empreint de sonorités folkloriques, ce groupe s'est ouvert par la suite à de nouvelles sonorités, dont des sonorités indiennes, électroniques, drum'n'bass, et plus récemment rock. À ses débuts dans la scène underground marseillais, le groupe a fondé sa propre structure de production, Ròker Promocion. Cette structure a contribué à lancer quelques groupes désormais connus tels que Fabulous Trobadors ou encore IAM (et voui !). En parallèle de l’aventure Massilia, c’est dans un autre groupe que le chanteur  est impliqué depuis plus de 10 ans. « Moussu T e lei Jovents » de son nom, dont les sons penchent vers le blues quand Massilia tend vers le reggae. Deux styles de musiques à la fois proches et différents qui permettent à l’artiste de ne jamais s’ennuyer et qui sont représentatifs, autant l’un que l’autre, de sa personnalité. Je vous propose donc le tjitre phare de cette nouvelle mouture méditerranéenne dépouillée : A la Ciotat. Nathalie appelle ça Radio Roure :)

A tantôt.

 

 

 



[1] La scoumoune, prononcée Ch'koumoune pour faire style genre. Étymologie : Du latin excommunicare, excommunier, par l’intermédiaire de l’italien ou du corse. Argot des truands. Nom commun féminin sku.mun (Familier) : Malchance, mauvais œil.

 

[2] Döss / Deuss : Dessus. Abréviation familière.

 

[3] Pour Selz & Sö qui n'auraient pas encore trouvé, cette réplique mythique vient de la chanson "Chacun fait c'qu'il lui plaît" par le groupe Chagrin d'Amour. -Culte ! Comme dirait Jujube. Pour l'anecdote j'ai pendant des années entendu "Y'avait toujours ma mère à la radio...", chose que Pit m'a fait vérifier un jour. On a tous des formes d'hallucinations auditives. Maintenant que vous savez, vous n'entendrez plus que ça. Etonnant, nespa ?

 

[4] Djeun's : expression débile signifiant Jeune pour celle ou celui qui ne l'est plus. Etymologie : Déformation de jeune avec volonté d'une prononciation à l'anglaise. Les français aiment faire illusion, au lieu d'apprendre des langues...

 

[5] Raouer : Verbe intransitif direct du premier groupe inventé par Nathalie, exprimant le râle rauque d'un animal. Plutôt idoine pour décrire les sons que j'arrive encore à produire.

 

[6] Yapafoto : Il n'y a pas besoin de réaliser une photographie pour déterminer le vainqueur de la course. Vient du milieu équestre. Encore une expression débile fourre-tout que l'on place à tort et à travers. Mon père s'amuse à les inventorier en faisant répéter les interlocuteurs(trices). Trop bon !

 

[7] Padre Zo est un personnage imaginaire créé en 1995 lors d'un picnic avec les Tiouch. C'est un curé espagnol, chef de paroisse. Sa présence indique qu'aucun réseau de téléphonie mobile n'est disponible, tout simplement.

 

[8] La teinte harasse™ : locution familière servant d'interjection pour exprimer l'étonnement. Etymologie : L'origine est une insulte suprême devenue désuette : La putain de ta race ! Le U a disparu, puis le P, puis au fil des années on a observé la disparition de la préposition de. Invention personelle, ladite locution est aujourd'hui une marque déposée (et voui !) de mon entreprise de sites ouèbe.

 

[9] Vous pensiez trouver l'explication de cyborg ? Ebè non ! Le chat (Grisou, donc), la première chose qu'il a dit en arrivant c'est : -Sarah Connor, c'est ici ? Après il s'est marré et a ajouté : -Non, je déconne ! Ca fait du bien de retrouver mes pénates... saaalope, j'en ai chié !

 

[10] Chanson de Moussu T & lei Jovents : A la Ciotat. Un bijou ! Moussu T e lei Jovents est un groupe basé entre Marseille, La Ciotat et Recife au Brésil, composé de Tatou (chanteur du groupe Massilia Sound System), Blù (guitariste du groupe Massilia Sound System et Oai Star), Jamilson (percussionniste brésilien), Stef K (percussions) et Denis (batterie).

 

[11] Locution adverbiale signifiant à toute allure. Provenant de la forme picarde du mot brindezingue (« ivre, un peu fou »).

 

[12] MERSOB : Manuel d'Emploi et Réglages Système de l'Olivier Brenkman. Un document qui, comme son nom l'indique, regroupe toutes les choses à savoir sur moi, pour les personnes non-initiées. Je dois le mettre à jour régulièrement de par l'évolution de ma pathologie (mot savant pour dire maladie. Le kiné dit même Pato, c'est abominable !). Mais pas que : aussi pour mes habitudes qui changent (On reste des humains bordel ! Légume, oui mais humain !), ou le matériel, ou les horaires... etc. Au début, il y avait une page A4. Là, j'en suis à cinq... Bientôt il me faudra un classeur. Mais ce qui est bien, c'est que je peux l'envoyer à Kid Droa et dire "Je l'ai écrit." (sous-entendu : -Viens pas me raconter des salades...). Cela sert à ça.

 

[13] Pacoule : un terme Marseillais péjoratif pour désigner un petit village dont on a rien à faire, un trou quoi. La pacoule est en en général la montagne ou un village très reculé, loin de toutes civilisations ! Les pacoulins viennent de là. Aujourd’hui ce terme est plus usité pour quelqu’un qui est niais ou bête, qui débarque sans rien comprendre de ce qui se passe là où il se trouve : ce qui serait, je le crains,  le cas de Jujube.

 

 

Vous en avez assez de notes ?



14/09/2017
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