Le journal d'Eye-Ollie

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Pastilles au cannabis : Vendredi 11 Août 2017.

     Tête dans le cul et banastons de bouteilles vides. Quatorze heures de "bois et fume" non-stop : je n'ai pas été ridicule. Bringue réussie, les absents ont eu franchement tort. J'y reviendrai. Une semaine sans rien pouvoir dire, à personne. Communication réduite à des hochements de têtes, et/ou des négations. Pas pratique pour dire qu'un insecte te bouffe la guibole : -Mnghhh ! -T'as soif ? Tu veux plutôt une soupe ? Du Tabasco ? Un nipopotam ? Vas-y, épelle... Le temps qu'on comprenne le mot J-A-M-B-E, le moustique et toute sa famille ont eu le temps de faire le plein... J'ai été tellement frustré le premier jour que j'ai fait la gueule à Toul monde : -OK, ben si je peux rien dire, je ne vous écoute pas non plus. Et puis on s'habitue comme tout prisonnier à sa condition. Oui, prisonnier, de mon corps. Heureusement que le vendeur (l'unique interlocuteur, y'a du taf pour qui sait et veut bosser lad dans) consulte ses courriels en vacances. Il m'a fait livrer la bonne pièce, direct des USA. Merci et bravo à Christophe Imbert de CIMIS ! Moralité : primo, je suis à la merci d'un composant à 20 centimes ; deuzio, le matériel aussi PRO/handicap soit-il est vraiment merdique. Nar-dynamo ! Un "outil" à quinze mille en vrac au bout de douze mois, Ow ! Donc, fort de mon Mac équipé de Windows 10 Pro en disque partagé, je me suis dit : -Allez, c'est l'occasion de se servir du Tobii. Un autre dispositif à poursuite oculaire génial que j'avais acheté, mais dont le fabricant ne développe pas de logiciels pour plateforme OSX (Mac). Tourne, vire, rebranche l'écran 19 pouces, et redémarre sur Win-daube. Trois quarts-d 'heure plus tard, après des remises à jour, cinq redémarrages, un logiciel semble pouvoir faire le 80/20 de mes besoins. A ceci près : il faut renseigner la bête de tous les identifiants et mots de passe, chose hyper-galère avec les yeux : le moindre faux caractère renvoie à vingt minutes plus tard. Je passe donc deux jours à paramétrer et formater mon nouvel environnement à mes besoins : les vitesses de l'œil, le contraste, les applis au démarrage, enfin la base quoi. Mais c'est long, c'est looong... et vas-y, redémarre... -Êtes-vous certain de vouloir faire ça ? -Êtes-vous certain d'être certain ? Me demande sans cesse Windows. Chier ces messages ! Du coup, je me dis : -Faisons un peu le ménage, désinstallons[1] ce qui ne me sert à rien (soit beaucoup). Win-daube propose de désinstaller des programmes, donc c'est sans risques, me dis-je. Erreur. Planté mon PC. Tout marche, sauf le principal : mon programme à œil. Bon, jexa à foot, donc je m'y colle : il manque un fichier ".dll". Télécharge un "réparateur de DLL", laisse ton mail et ta carte bleue au passage... Et le truc à chaque redémarrage il trouve des machins à réparer... Faut pas me prendre pour un con ! Saloperie de Microsoft de merde ! ! ! En désespoir de cause je trouve une option "restaurer le système comme il était à telle date...". Bingo ! Deux heures plus tard mon logiciel remarche... mais PAS le Tobii. Putain, j'en peux plus ! Et là, mon fils met fin à mon cauchemar : -Papa, y'a un colis des USA pour toi ! Retour à mon Mac, home sweet home ! J'aurai donc passé quatre jours à bricoler un logiciel bidon qui se dit Pro... Fenêtres en plastoc !  Une merde ! Un Mac fait ses mises à jours tout seul, sans te demander si t'es sûr d'être certain. Il démarre en douze secondes au lieu de 220, il ne plante pas si t'effaces un programme, il se réveille tout seul, et il MARCHE bordel !

Une autre aventure sympathique m'est arrivée. Je me suis fait enculer. Ouaip. Par une femme intentionnée en plus ! Un majeur bien au fond de mon cul, pour libérer Gbagbo. -Waa la douleur ! Après trois Normacol et deux suppos sataniques, six heures assis aux chiottes, un enfer ! Il n'y avait plus que -Tenez-vous bien "l'extraction mécanique". Il faut une prescription pour ça, et une infirmière confirmée, notez bien : pour un doigt au cul. Le pire aura été que je hurlais : -Arrête, arrête ! ce qui bien entendu avec mon élocution d'enclume n'était pas compris, et avec l'impossibilité de bouger, j'avais vraiment une sensation horrible... d'être violé. -Ouais, marre toi ! Putain, une horreur ! Je comprends ce que c'est que d'être violé : une infamie totale ! Toutefois, j'ai redécouvert les vertus anesthésiantes du THC grâce à ma sœur qui m'a ramené des bonbecs au cannabis. C'est légal chez eux, et les douanes n'y voient qu'une boîte de pastilles. Trop bon, le soir une pastilles et y'a plus dégüng ! Déchiré le Break ! Imaginez un mec qui s'en bat les couilles de tout. C'est bon ? Bon maintenant vous multipliez ce type avec un mec qui s'en bat les couilles de tout également. Voilà ma sensation : en mode Balek2 (au carré). Franchement le panard ! Plus de crampes, sommeil meilleur et une sensation de liberté, libéré des douleurs. Bon, peut-être que trois pastilles amènent au paradis artificiel, on verra. Les premiers usagers se sont fait avoir par le temps de latence (comparé au bédo qui est quasi-immédiat) et se sont retrouvés verts-fluo en train de vomir leur race aux urgences : donc, mèèèfi !

 

Et puis le neuf Août, le fameux. C'était réussi, comdab, non pas que nous ayons un melon ça-comme, mais nos ingrédients sont simplement bons. Une Nathalie, un terrain plat pour les enfants roulants (chez nous TOUT roule), des invités de qualité, une playlist infaillible, notre Tom, et à boire. C'est tout. Alors je te vois venir : -C'est quoi des invités "de qualité" ? Tié qui toi pour juger ? Kesti comprends toi en invitations ? Et bien, simplement tous les invités avaient un point commun : ils lisent tous mon blog. C'est amusant ce point commun. Les invités se connaissent à travers leur pseudonyme, et là ils mettent un visage sur la personne : -Ah, c'est donc toi le Max qui écrit en hollandais ? Putain, mais t'es un vieux, en fait  ! ou bien -Ah, enfin j'ai rencontré Olivoil ! J'adooore ce qu'il écrit ! Bon je me n'attendais pas à cette tronche où il manque une dent, mais j'adooore ce qu'il écrit ! Et du coup, aisé pour engager une conversation. TM : -Vous vivez seule ? -Non, voici mon mari, et là mes enfants. Mouap mouap mouap... Et oui, j'oubliais : dans les ingrédients il faut aussi un TM™, l'ami solitaire et voyageur qui a vu toutes les contrées où tu rêves d'aller et où tu ne peux aller que si t'es seul et sans enfants. Indispensable le Thierry. Monsieur revient de Chine avec ses récits délicieux. Monsieur s'est acheté un logement au comptant après trente ans d'économies, ce mec est sans pareil. 

A midi pile les hostilités démarrent avec les ponctuels : les vieux et celles et ceux qui ne lisent leur courriel qu'une fois par semaine. J'approuve totalement, j'ai moi-même horreur des changements de dernière minute. Ça me rappelle l'architecte Bonnier, à neuf heures sur chantier : -Les mesures du bâtiment ont changé, vous n'avez pas lu le mail que j'ai envoyé à cinq heures du mat' ? -AB, C tadire que... à cinq heures je dors, MOI. Bref, Max et Isa débarquent avec un fabuleux Nasi-goreng[2] fait maison. Les Charlet arrivent en force, avec deux Pierres. Le premier se lance comme d'accoutumée dans une prise de photos frénétique avec son dernier jouet à objectifs interchangeables étanches en Wi-Fi sur le smartphone et je ne sais plus quelles caractéristiques invraisemblables. Trois giga-octets en une heure. J'espérais qu'il m'enverrait cinq clichés réussis mais non, il va falloir trier quatre mille photos... c'est le tarif. L'autre Pierre fut annoncé comme un militaire. Je m'attendais donc à un balèze en treillis genre Schwarzenegger le nègre noir. Que nenni ! Le Pierrot est un adorable petit bonhomme amoureux de sa Maya, barbe-barbe de trois jours à la Georges Michael. Bravo Maya, vous allez très bien ensemble ! Je voulais annoncer à tout le monde qui sont Anne et Gérard, notre complicité, l'éditeur... en vain. Sacrée frustration de ne pas pouvoir présenter des amis entre eux ! J'ai essayé pourtant en montrant du regard Vincent à Alex, impossible ! -Tu veux quoi ? Fumer ? Boire ? -Quedalle ! Je voulais juste vous dire que toi et Alex avez la même passion : la peinture. Tu vois Alex ? Ce tableau c'est Vincent qui l'a fait ! Tu vois Vincent ? Ce tableau c'est Alex qui l'a fait ! Allez-je vous laisse, vous avez des trucs à vous dire... Mais je ne pipe mot, frustré comme une lime sans poignée, et de présentations il ne sera rien du tout, et je ne laisse personne car je ne vais nulle part. Je suis là, immobile et les gens gravitent autour de moi. Ce n'est pas dénué d'avantages, une belle brune à ma gauche qui me sert à boire, une belle blonde à ma droite qui me donne à manger : it's good to be the King ! Mais le vrai roi de la soirée c'est notre fils Tom : il s'est fadé toute la préparation tégnique, assure les cuissons et le feu, n'hésite pas à aller chercher des pneus en moto pour réparer le karting si prisé des enfants, et finit par emballer des minettes sur sa V-twin surbaissée. Et par-dessus le marché les invités sont unanimes sur les compliments à son sujet. Mais pas que, au sujet de Claire et Victor également : fier le papa tétra ! -Tu peux l'être... rajoutent certains. -C'est agréable des enfants bien éduqués... me disait Toma. C'est vrai. Les enfants Ruys viennent spontanément me dire bonjour et au revoir. C'est agréable et surprenant tant ces bonnes manières se sont perdues. Et je peux vous garantchir que nombre d'ados ami(e)s de nos enfants ne me calculent même plus. -Oarbof, il doit être sénile le père Break... laisse tomber les politesses. Putain, si j'étais valide je leur ferai bouffer leurs manières de merde !

Le Toma déboule avec toute sa tribu au complet, enfants et grand parents : génial de les revoir après le mariage en Martinique ! Notre complicité est intacte après vingt ans de vies séparées, on se paye des fous-rires interminables ensemble. Les frères ficelle arrivent pour notre plus grand plaisir, celui de se retrouver ensemble : les Quat'z'amis[3], sont contents cantisson réunis, il suffit, de vouloir devenir un Zamiiiiii...... Bien sûr les vieilles coutumes refont surface : Vin's me roule un bédo six-feuilles, comme au bon vieux temps. Je suis pétrifié dans mon immobilité, démonté par les rosés à répétition, les ti-punchs façon Toma, et le bédo qui me tranche le lard pour de bon. Je suis hilare, en apnée, les bras ballants, le ventre rond, la tête au carré, entouré de mes potes, et heureux. Ma playlist plaît à tout le monde. -C'est ta playlist ? J'adoore ce morceau ! Cinq minutes après : -J'aime beaucoup ce morceau ! C'est toi qui a choisi les musiques ?... Jusqu'à ce que Claire interrupte : -P'pa, je peux arrêter ta liste de vioques ? On veut danser ! Là une bande d'ados-soda se ruent sur le précieux jack 3,5MM pour y brancher chacun son smartphone : Píou, ssssss mbmmmmm !!! L'ampli pleure ses néodymes. On branche et débranche sans se soucier des ravages. Trente secondes de Boumboum, puis... rien ! -Ow, alors ça vient ? -Attends, on cherche ! C'est la génération d'après : la musique n'a aucune importance, pourvu qu'on ait le choix. -T'inquiètes, j'ai les mêmes... me lance Alex. Les belles jeunettes se lancent à danser deux ou trois chansons, et la vague est passée. Michel prend les commandes, je le reconnais sans le voir. Un bon vieux Rolling Stones et on récupère le dancefloor ! A mandoné il nous met l'album New York[4] de Lou Reed, un chef d'œuvre de chez Deuvres. D'ailleurs je vous en mets un estrait sur le lecteur du blog, écoutez tout l'album, c'est un bijou. Il ne manque que Dave, notre peintre abruzzi. Complètement abruzzi. Véro, Chris et la belle Louise seront les derniers arrivants. Alex arrive avec une série de peintures dédicacées à ma fiole, une très belle attention. Je suis son plus grand fan, depuis 1994. Maintenant j'agrandis ma collection, j'ai un Lux2017, moi ! Merci Alex, t'es super. Zoé arrive toute belle maquillée avec son incontournable reflex. Photographe pro, elle oublie sans cesse son flash. -C'est un peu sombre... qu'elle me dit sans cesse. -Non, tu crois ? J'aimerais lui dire. Après quelques bédos partagés ensemble notre flash est en mode permanent. Elle repart quelque peu défraîchie, comme la plupart des convives. Toma m'en sors une unstung by worms[5] : -C'est la première fois que je vais conduire bourré, ça s'arrose ! Il me plait cet ami, c'est bon de se retrouver !

J'avais proposé à Sarah de traduire mon bouquin, ce qui évidemment est quasi-injouable au vu de la quantité d'idiomes, dialectes et mots empruntés, joués ou non. Mais Toma aborde le sujet sérieusement, donc on en parle : -Comment tu veux traduire Lundji ? -Ébè ça donne Mondjay !  Pas garanti que j'obtienne le prix Man Booker d'emblée... Mais l'idée est lancée, d'autant plus qu'Annette veut contribuer à ce travail. Et pourquoi pas ?! Je pourrais être lu dans le mon dentier. A suivre. Je retrouve Sophie avec grand plaisir. Elle me parle de New York, ça fait du bien. On discute (surtout elle) d'écriture, de nos blogs, puis d'écriture encore. J'aime parler avec Sophie, l'écouter plutôt. Sa fille a grandi comme Victor, mêmes âges, mêmes engrais, même croissance fulgurante. Victor lui, avec sa belle chemise impeccable, promène son harem sur la remorque du kart à pédales, c'est l'âge encore tendre. Nath et moi nous amusons de cet état qui ne durera pas très longtemps. On savoure chaque instant. Ce qui nous mène à la Reine : Nathalie. Elle s'est démenée depuis trois jours, continue à chercher une fourchette pour untel, une bougie pour la dix-sept, une bouchée de tapenade pour Ollie, répond au téléphone à un con allemand qui ne trouve pas sa location, se préoccupe des enfants, de TOUS les enfants (donc Toma & moi inclus), se lève avant tout le monde, se couche après tout le monde en ayant vérifié ses quatre enfants, bourré le lave-vaisselle, répondu aux mails des cons qui arriveront et ne trouveront pas leurs locations, et qui chaque jour se fade un grincheux mou tétraplégique particulièrement déchiré ce soir. Là, chapeau bas M'sieudaaame. Respect et gloire à ma chérie !

J'oublie de citer des dizaines de participants bien sûr. Mais je veux remercier tout le monde venu ce 9 Août 2017. Particulièrement les jeunes qui ont été nombreux et supers dans leurs attitudes ouvertes et chaleureuses. Rien de tel qu'un savant mélange de vieux et de neuf. Konzle Diz.

A tantôt.



[1] Du verbe désinstaller copié de to uninstall. On ne se foule pas trop à l'Académie. Connaissez vous un verbe plus laid ? On n'efface plus, on désinstalle Messieursdames…

[2] Le nasi goreng, qui signifie littéralement « riz frit » en indonésien et en malais est, comme son nom l'indique un plat de riz frit dans de l'huile, assaisonné de ketyap manis (sauce soja sucrée), d'échalote, d'ail, de tamarin et de piment, accompagné d'autres ingrédients, comme de l'œuf, du poulet et des crevettes. Le nasi goreng est désigné comme « plat national » de l'Indonésie, mais n'est qu'une des nombreuses composantes de la cuisine indonésienne, il est aussi très populaire en Malaisie, à Singapour et aux Pays-Bas dont les descendants de colons continuent à perpétuer les recettes culinaires. C'est culturel, j'en ai mangé toute ma jeunesse.

[3] Les Quat'z'amis était une émission de télévision française pour la jeunesse diffusée sur Antenne 2 de juillet 1978 à 1984, dans les programmes de Récré A2 et était présentée par Fabrice qui, assisté des trois marionnettes Toucancan (oiseau érudit à plumes rouges), de Belle Belle (une jeune fille élégante et coquette) et de Pousse Moussu (composé de mousses et de plantes, doté d'un zézaiement et de deux dents proéminentes). Les quatre compères discutaient de sujets variés et proposaient aux jeunes téléspectateurs des jeux ludiques et éducatifs portant sur la construction des mots, la musique, ou des expériences amusantes à réaliser à la maison.

[4] À travers cet album dédié à sa ville au son brut et dépouillé, Lou Reed adopte le parlé/chanté, à travers des textes engagés traitant du sida, des ravages de la guerre du Vietnam et de l’exclusion sociale. Il y décrit les bas fonds new-yorkais, image des excès du monde moderne sur une musique incisive. Cet album est considéré comme celui du retour de Lou Reed, bien aidé en cela par son guitariste Mike Rathke. C'est un album de rock n'roll classique, guitare, basse, batterie, parlé/chanté, où Lou utilise au mieux les sons de sa guitare, de sa voix ainsi que sa science des breaks (cf Dirty Blvd).

[5] Pas piquée des vers.



11/08/2017
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