Le journal d'Eye-Ollie

Le journal d'Eye-Ollie

Temps X : Lundi 4 Septembre 2017

     Deux semaines déjà avec ma tronche de Bogdanoff[1]. Tout le monde me sort la même blague : -Tu me fais penser à... Bogdanoff ! C'est ça, Bogdanoff ! Wouah haha ! Je ne suis pas mort de rire moi : une fois ça va, après c'est un peu lourd. Bientôt on dira que la SLA s'est transformé en acromégalie[2], LOL. Du coup je me suis fait un portrait mi-fugue, mi-raison avec la tronche du Bogdanov et la mienne et je l'ai postée sur Fatchebok. Cliquez, cliquez braves gens.

L'aventure de la chute du lit aura servi à démontrer qu'il me faut désormais des barrières anti-chute, comme les bébés... soupir. J'imagine d'emblée un système repliable en paraléllépipède assorti au bois de notre lit. Celui-ci avait déjà été modifié, rehaussé pour faciliter les transferts. Autant dire que l'esthétique initiale ne voulait plus rien dire, ce lit que j'avais dessiné et réalisé en collaboration avec les Marions. Un lamellé-collé de hêtre et acajou, assemblé en queues d'arondes, sans piètement visible avec des tiroirs aux angles... une de mes plus belles réalisations. Je me résigne à regarder les choses en face : il est temps de rapatrier un lit médicalisé que la mère de Pauline m'avait gentiment mis de côté, suite à un renouvellement dans un hôpital. Adieu les nuits en couple. Mais bonjour les réglages motorisés. Et tu me vois venir, là où il y a un moteur, ça me plait.

Ma première pensée est de trouver le même modèle et les jumeler pour retrouver la possibilité de dormir à deux. J'y travaille. Ma deuxième pensée, puis une longue observation en regardant les potes installer le fameux lit "médicalisé", est l'automatisation, évidemment. Là où il y a un asservissement électrique (ici une télécommande) il y a possibilité d'automatiser. On peut aisément relever le buste tous les matins à telle heure, pendant que France Culture[3] diffuse sa revue de presse... Ou bien faire relever le lit à telle hauteur si la télé est allumée. Cela me plaît. J'y travaille aussi.

Mais le plus gros problème est le suivant : pour me retourner il faut désormais me faire tourner le corps sur place. C'est une galère, principalement pour Nathalie qui est ma night-nurse. Essayez de retourner un corps inerte de 80Kg, vous m'en direz des nouvelles. Mon invention à rouleaux[4] revient d'actualité. Troisième projet pour ce lit, je ne suis pas arrivé ! Voilà, c'est triste à dire, mais l'évolution de ma condition reste bien réelle, et d'actualité. Je l'ai voulu, j'ai le lit laid. L'échange aura nécessité un mini déménagement et le retour du lit en bois d'arbres à l'étage. Sachant que l'étage est littéralement saturé de meubles, je m'étonne toujours de voir des objets rentrer (et là c'est un maxi lit double), et ne rien sortir. Je me marre : ma tribu a toutes les qualités du monde sauf une, elle ne sait pas débarrasser un truc pour faire de la place, et surtout ne jette rien. Rien ! Lorsque j'étais valide, j'effectuais cette tâche régulièrement (non sans délectation) vu que j'avais de toutes manières des monstres à évacuer provenant du boulot. La remorque et les boules de traction ont disparu. Le seul truc qui sort de la maison est désormais ensaché et se limite à un volume de trente litres. Moi en mode Balek. Je n'ai plus d'incidence sur cela, donc Balek.

L'autre actualité est bien sûr le projet de Macron pour démonter le RSI. Non, je déconne. L'autre actualité est l'édition du bouquin qui avance. J'ai reçu le premier jet de corrections, prouvant par A+B à quel point je suis un piètre amateur. Toutefois l'éditeur aime mon style et trouve beaucoup d'intérêt à mes notes de bad'page. Donc, vas-y, relis pour la nième fois la même histoire, en intégrant toutes les modifs. L'exercice est plutôt agréable et me permet d'une part, de comparer l'évolution de la maladie ; d'autre part de comprendre mes erreurs et améliorer mon espressiong écrite. J'ai principalement tendance à répéter les mêmes principes, répétitivement. Voilà voilà.[5]

     Vous savez pourquoi les tétras sont poilus de la guibole ? C'est parce qu'ils ne bougent plus leurs jambes, tout simplement. Zéro abrasion du poil. Putain, j'ai une de ces toisons, mon dirait un Goisque ! Même les mouches ont du mal à se poser.

Et je terminerai par une chanson, komdab. Lorsque je me suis cassé la gueule par terre, j'ai immédiatement pensé "Wild horses couldn't drag me away". Ce n'était pas suite à une overdose mais j'avais bien l'impression d'être incrusté dans le carrelage (bruni, Carla-ge Bruni[6]). Je vous propose donc un éstré de cet album mythique des Pierres qui Roulent, dont la pochette imaginée par Andy Warhol avait une véritable fermeture éclair. Vous l'avez deviné, je l'ai écouté toute mon enfance (et ouvert la braguette de la pochette mille fois) et il s'agit du célébrissime album studio, sorti en 1971 : Sticky Fingers (référence à un film de cul). L'extrait est une des plus belles ballades écrites par Mick Jagger sur une musique de Keith Richards : Wild Horses[7]. Je vous la mets sur la platchine.

A tantôt.

 


 

[1] Igor et Grichka Bogdanoff sont des frères jumeaux français, animateurs et producteurs de télévision et essayistes, s'étant illustrés, depuis les années 1970, dans les domaines de la vulgarisation scientifique, de la cosmologie et de la science-fiction. Ils suscitent la curiosité du grand public du fait de leur personnalité, de leurs origines familiales et de leur aspect physique. En effet, depuis les années 2000, les frères Bogdanoff suscitent la curiosité du fait du changement de la physionomie de leurs visages, devenus nettement plus anguleux au fil du temps (mentons, pommettes). Eux-mêmes revendiquent le fait d'avoir une « gueule d'extraterrestre ». La cause de cette évolution physique n'est pas connue, ce qui a donné lieu à diverses rumeurs et hypothèses (le recours à la chirurgie esthétique ou la prise d'hormone de croissance pour lutter contre le vieillissement provoquant de l'acromégalie, etc.).

 

[2] L'acromégalie (du grec ?κρος (akros) « haut » ou « extrême » et de μεγ?λος megalos « grand » - agrandissement des extrémités) est un trouble hormonal qui provoque une augmentation anormale de la taille des pieds et des mains et une déformation du visage au fil des années. Il apparaît lorsque la glande hypophyse produit un excès d'hormone de croissance (growth hormone soit GH en anglais). Son évolution est très lente et le diagnostic est souvent retardé. Le visage est très atteint par le syndrome dysmorphique.

 

[3] C'est pas parce qu'on est COTOREP qu'on écoute des radios de merde genre Fun-Radio : moi c'est Culture le matin, formidable qualité !

 

[4] J'avais imaginé un jeu de rouleaux motorisés en bordure du lit, autour desquels serait enroulé le drap du bas. En actionnant les rouleaux le corps se déplace, facilitant le travail de l'aidant. -Oui, c'est également automatisable ! Tu crois pas si bien dire : toutes les deux heures un retournement, plus de crampes !

Malheureusement (évidemment) je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée, et une société danoise Vendlet l'a commercialisé, à prix fort. Voyez là, c'est assez génial : http://www.vendlet.com/products/vendlet

 

[5] Y'a pas transition de merde là ?

 

[6] Celle-là elle est de Josef Marion (toujours citer les sources, nespa Monsieur Negrin ?).

 

[7] Cette chanson était à l'origine une chanson écrite par Keith Richards en 1969. Mick Jagger a réécrit les paroles pour parler de sa relation avec Marianne Faithfull qui était en train de s'effondrer. Selon Marianne, le refrain « Wild horses couldn't drag me away » (« Des chevaux sauvages n'auraient pu m'arracher d'ici ») est la première phrase qu'elle aurait prononcée après être sortie d'un coma à la suite d'une surdose en 1969 en Australie en ayant avalé cinquante cachets dans du chocolat fondu.

C'est Dave Napp qui m'a appris ça, merci mon ami.

 



06/09/2017
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